Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
Les étoiles de la relève forestière

Pour célébrer les leader de l’industrie de demain.


16 décembre 2015
Par Guillaume Roy

La foresterie motive encore les jeunes à se dépasser. Pour célébrer la réussite de la relève forestière, les magazines Opérations forestières et Canadian Forest Industries ont dressé un palmarès de dix étoiles de moins de 40 ans qui performent dans le secteur forestier au Canada.

Éric Lapointe, Coordonnateur des opérations forestières, Domtar
Sur les bancs d’école, tous les étudiants rêvent de changer le monde, de faire une révolution dans son industrie. Et c’est exactement ce qu’Éric Lapointe a accompli avec son équipe en développant des peupliers hybrides qui atteignent la maturité en seulement 15 ans au Québec ! Et d’ici 2020, ces peupliers seront plantés sur 8000 hectares de terres privées appartenant à Domtar dans le sud du Québec.  

Pour le petit gars de Montréal, rien ne laissait présager qu’il ferait carrière en foresterie. C’est son oncle, Jean-Claude Lapointe, un forestier de longue date, qui l’a convaincu de venir planter des arbres en Abitibi lorsqu’il avait 16 ans. « Une excellente façon de faire de bons salaires (plus de 250 $ par jour) et de découvrir la foresterie », lance Éric Lapointe, qui a déjà planté 9300 arbres en une seule journée.

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Charmé par cette expérience de vie, il décide d’aller étudier en génie forestier à l’Université Laval en 1998, soit l’année de diffusion de l’Erreur boréale. « C’était une très belle période pour apprendre, car tous les enjeux étaient bousculés », dit-il. Il profite de ses études pour aller étudier une année dans l’Ouest canadien à UBC. Et c’est en 2001, lors de son dernier stage universitaire, qu’il rejoint l’équipe de Domtar dans le cadre du programme de plantation de peupliers hybrides.

En 2002, il est embauché par le géant papetier pour tester les sols, mesurer les taux de croissance, améliorer les techniques culturales et récolter des tonnes d’information pour améliorer la croissance des peupliers hybrides. Éric et son équipe ont même développé une
méthode innovante : planter des arbres sur des monticules pour que les arbres poussent plus vite tout en freinant la compétition. Mais l’équipe est par la suite freinée par une contrainte majeure : les sols forestiers sont trop acides. Pour régler le problème, les sols sont fertilisés avec des biosolides papetiers, soit les résidus de l’usine de Windsor. Les résultats sont si concluants que les plantations reçoivent aujourd’hui 40 000 tonnes de biosolides par an, ce qui se traduit par un rendement de
200 m3/ha après 15 ans.

Après 10 ans chez Domtar, Éric est devenu le coordonnateur des opérations forestières en 2012, supervisant les opérations de 450 000 m3 de bois par an. Âgé de 38 ans, il fait aussi partie de l’équipe de certification forestière de Domtar (ISO 14 001, FCS et SFI). Il a aussi participé à l’initiative La main-d’œuvre la plus verte de l’Association des produits forestiers du Canada.

Benjamin Dufour, Directeur des opérations forestières, Boisaco
Natif de la petite communauté de Sacré-Coeur sur la Côte-Nord, Benjamin Dufour a été élevé comme un forestier. Dans sa tendre enfance, il suivait son père, un entrepreneur forestier, dès qu’il le pouvait en forêt lorsqu’il allait faire de la maintenance sur la machinerie. En fait, toutes les conversations tournaient autour de la foresterie dans la communauté, car Boisaco était déjà le plus gros employeur du village, comptant plus de 700 salariés sur les 2000 âmes du village.

C’est tout naturellement que Benjamin a décidé d’étudier en foresterie au Cégep de Chicoutimi après le secondaire. Et chaque été, il revenait dans son village natal pour travailler pour Boisaco. D’abord responsable des inventaires, il devient assistant à la supervision des équipes de récolte dès son deuxième été. Après le Cégep, il est rapidement embauché par la coopérative.

« Son dynamisme est contagieux. Son engagement de tous les instants, sa rigueur, son sens du travail bien fait et son souci de performance transparaît dans son travail de tous les jours », mentionne André Gilbert, directeur général de Boisaco.

Avec une main-d’œuvre vieillissante, les jeunes dynamiques gravissent rapidement les échelons et Benjamin est rapidement devenu superviseur après son embauche. « Les jeunes avec un bon potentiel ont de très belles opportunités à Boisaco », note Benjamin.

Depuis 2013, il est même devenu le directeur des opérations forestières, supervisant plus de 300 travailleurs qui récoltent 550 000 m3 par an. Il est aussi le directeur général de la coopérative forestière de Sainte-Marguerite, qui regroupe plus de 60 membres et administrateur de quelques filiales de Boisaco.

Âgé de seulement 37 ans, il est fier d’être un acteur clé au sein d’une entreprise qui contribue à l’essor de la communauté, en optimisant la valeur des produits du bois. « On scie du bois, mais on fait aussi des panneaux, des granules et de la litière à cheval avec le bois que l’on récolte », ajoute ce dernier, stimulé par les projets de développement de Boisaco. Selon Benjamin, la diversification est tout simplement le futur de l’industrie.

Stéphane Desjardins, Vice-président optimisation, Comact
Dans sa jeunesse, Stéphane Desjardins a toujours cru qu’il travaillerait un jour dans l’aéronautique. Mais un stage chez Comact, un manufacturier d’équipement de transformation du bois, en 1998, alors qu’il était à sa deuxième année d’étude à la Polytechnique de Montréal, lui a fait changer d’idée. « Quand j’ai gouté au côté informatique et d’optimisation des scieries, j’ai décidé de faire une carrière dans cette industrie », dit-il.

Les systèmes aéronautiques sont si complexes qu’il n’aurait jamais pu concevoir des systèmes complets comme il peut le faire aujourd’hui chez Comact. De plus, Stéphane a contribué à amener les technologies à un niveau plus professionnel.

Passionné de programmation de logiciel, Stéphane a eu l’opportunité de laisser sa trace dans l’élaboration des systèmes d’optimisation de sciage. Au tournant des années 2000, Stéphane a aussi facilité la standardisation des programmes chez Comact, assurant ainsi la flexibilité du logiciel d’optimisation pour qu’il puisse être utilisé avec des équipements variés.

Selon ses collègues, Stéphane a joué un rôle de leader lors du développement du GradExpert, un classificateur automatisé qui a créé une nouvelle tendance sur le marché des usines de rabotage. « C’est l’équipe d’optimisation qui permet à nos clients d’améliorer leur performance et leur profitabilité. Stéphane est à la fois un leader et un visionnaire qui garde toujours en tête qu’une amélioration doit se traduire en bénéfices pour le client », note Simon Potvin, vice-président de BID Group of companies. « Le coût de la fibre est toujours plus élevé et les systèmes doivent toujours être plus performants », ajoute Stéphane.

Même s’il n’avait jamais pensé faire carrière dans l’industrie du sciage, Stéphane Desjardins ne regrette rien, car son parcours lui a permis de se dépasser et d’accomplir de grandes choses. Et c’est le message qu’il veut lancer aux jeunes de la relève. « L’industrie de la transformation du bois est remplie de défis intéressants pour la relève,
particulièrement en génie. On doit montrer aux jeunes les aspects technologiques et informatiques de l’industrie », croit l’ingénieur qui vient tout juste d’avoir 40 ans.