Opérations Forestières

En vedette Aménagement forestier Récolte
Plus riche et plus vert

Pour créer plus de richesse, l’industrie forestière québécoise doit intensifier la production, diversifier les marchés et donner le maximum de valeur au bois, tout en continuant d’assurer son rôle de leader de l’économie verte.


Telle est la conclusion du rapport du Chantier sur la production de bois présenté en février 2015 par Robert Beauregard (p.38), doyen de la faculté de foresterie de l’Université Laval. Selon ce dernier, l’industrie doit accroitre la valeur ajoutée de 15 % au cours des trois prochaines années pour faire passer la valeur de la production de 6,6 à 7,7 milliards de dollars, tout en créant 10 000 emplois supplémentaires.

 

Comment y parvenir? Québec doit rapidement mettre à la disposition de l’industrie les volumes de bois non récoltés au cours des dernières années, soit près de 36 millions de mètres cubes entre 2008 et 2013. De plus, des volumes supplémentaires pourraient être alloués pour récupérer des volumes affectés par l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Advertisment

Des entreprises québécoises, comme Forestiers Ushkai (p. 12), tirent déjà profit de la situation. Au cours des dernières années, ils ont investi pour mettre en copeaux les arbres affectés en forêt, afin de réduire les manipulations et augmenter l’efficacité des opérations.  

Des investissements du genre permettront dans le futur de mieux transformer la ressource première directement en forêt pour la production de copeaux ou de biomasse, pour en faire de la pâte, de la chaleur ou pour la transformer en biodiesel.

Cascades a récemment annoncé le premier projet de bioraffinerie au Québec. Ce projet pavera en quelque sorte la voie du futur, au fur et à mesure ou la demande en papier continuera de chuter. On entendra parler de plus en plus souvent de bioraffinage, mais aussi de chimie verte, de biomatériaux et de bioénergie. Selon Robert Beauregard, l’émergence de ces nouveaux marchés proviendra d’une meilleure intégration des activités des industriels forestiers. D’ici 2100, la croissance pourrait atteindre 170 % et générer une économie de 18 milliards de dollars.

Plusieurs nouveaux modèles innovants seront nécessaires pour créer plus de valeur. La venue de la robotique en forêt et dans les scieries (p. 8) laisse aussi présager des gains en efficacité.

Ces robots seront certainement de la partie lorsque Québec prendra (enfin !) la décision d’intensifier la production de bois. Pour créer plus de richesse tout en protégeant mieux l’environnement, c’est une évidence même qu’il faudra produire plus de bois. C’est exactement ce qu’on fait l’Allemagne ou les pays scandinaves pas le passé. Mais nous avons un avantage de taille : un territoire immense et d’immenses forêts naturelles.

Mais encore faut-il bien calculer la possibilité totale actuelle que nous offre le territoire québécois. Des spécialistes en foresterie remettent en doute le logiciel de calcul du forestier en chef (p. 20). Sommes-nous en mesure de bien calculer notre plein potentiel forestier? Récoltons-nous assez de bois? Est-ce que le nombre de paramètres inclus dans le logiciel fausse les données de calcul? Sans être une fin en soi, ces questions ont le mérite d’être posées.

Dans une perspective de développement durable, nous sommes condamnés à produire plus de richesse pour soutenir le développement des communautés forestières, mais aussi à mieux protéger nos forêts, pour assurer le maintien de la biodiversité tout en favorisant une meilleure acceptabilité sociale des activités forestières. Le Canada est déjà un leader de l’économie verte (p. 30). Il faut miser sur cet avantage pour se démarquer sur la scène internationale, mais aussi pour convaincre la population que nos forêts

Nous ne devons pas choisir entre l’un ou l’autre. Des solutions gagnant-gagnant existent. Il ne reste qu’à les mettre en action.


Les pages font références l’édition de juin du magazine Opérations forestières

Guillaume Roy
Rédacteur en chef
groy@annexweb.com

 

 


Imprimer cette page

À propos



Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*