Maximiser l’entretien pour optimiser les profits

En optimisant les opérations et en maximisant l’entretien des machines, Forestiers Bérubé est en mesure voir l’avenir avec un œil optimiste.
Guillaume Roy
Avril 23, 2019
Écrit par
Depuis qu’ils ont racheté l’entreprise forestière à leur oncle Fernand en juillet 2017, Mathieu et Francis Bérubé ont fait de nombreux apprentissages pour mettre en place un mode de gestion à leur image, dans le but de dégager les meilleurs revenus possible.

« Il n’y a rien de négligeable », lance Mathieu, 33 ans, qui a décidé d’utiliser seulement trois pick-up pour gérer l’équipe de 12 travailleurs, au lieu de quatre. « Ça nous permet de sauver presque 60 000 dollars par année, si on calcule tous les frais », soutient l’entrepreneur natif du Lac-Saint-Jean, comme toute son équipe de travail.

Et chaque dollar compte quand on veut se lancer en affaire avec un kit de bois long, car il faut deux fois plus d’équipements et deux fois plus d’employés que les entrepreneurs qui travaillent en bois court.

« On a un chiffre d’affaires de 2 à 3 millions de dollars par année, mais on a plus d’un million de dollars de masse salariale, on fait pour 800 000 dollars de réparation par année, on doit faire les paiements sur les machines… en plus des mauvaises surprises, dit-il. À la fin de l’année, il n’en reste plus tant que ça. Tous les dimanches, je vérifie toutes les factures pour faire une gestion serrée, ce qui permet de sauver des milliers de dollars à la fin de l’année », ajoute le copropriétaire de Forestiers Bérubé. L’aide de la mère des deux entrepreneurs pour faire la comptabilité de l’entreprise contribue également à cette réussite, car elle permet de sauver des sommes importantes.

Même si ça ne fait pas partie de leur politique d’entreprise, Barrette-Chapais a donné un coup de main financier aux jeunes entrepreneurs pour faire le rachat de la machinerie.

À la fin du mois de novembre, Forestiers Bérubé se trouvait donc à une quarantaine de kilomètres de Chapais, pour récolter un secteur de « contraintes », explique Denis Chiasson, responsable de la  planification forestière. « Près de 30% du bois que l’on récolte provient de secteurs de contraintes, qui ont été laissés de côté dans les années 1980. Il faut rouvrir de vieux chemins pour aller chercher du bois qui est souvent plus petit et de moindre qualité. C’est un peu comme ramasse le tour du pot de beurre de peanuts », dit-il en riant.

En arrivant sur le parterre de coupe, deux ébrancheuse, une Hyundai 220LC9 et une Kobelco SK250, sont à l’œuvre, pilant rapidement de grandes quantités d’épinette noire, qui représente 80% du bois trouvé dans ce secteur, alors que le pin gris représente la balance.

Accompagné de Mathieu Bérubé, nous allons voir son abatteuse, John Deere 903J. Équipée d’une tête d’abattage GN Roy, la machine travaille rapidement, abattant de grands arbres couverts de neige.

C’est un transporteur Trangesco TG88D, qui amène ensuite le bois récolté jusqu’au bord du chemin où se trouvent les ébrancheuses. Pour améliorer le rendement du travail, les Forestiers Bérubé ont d’ailleurs fait l’achat d’une nouvelle ébrancheuse, une Kobelco SK260 LC10, qui a été livrée au début du mois de février 2019 par Guydrolic. « C’est une machine performante, stable, fiable, avec un dessous renforci et qui consomme peu de carburant », a commenté, Yves Lalancette, représentant de Guydrolic.



« L’abatteuse travaille sur trois chiffres, alors que les autres machines ne travaillent que deux chiffres, pour être sur qu’on ne manque jamais de bois, soutient Mathieu Bérubé, qui récolte près de 160 000 mètres cubes par année. En optant pour des chiffres de 8 heures sur l’abatteuse, on a moins de pertes et on a un meilleur rendement. »

Comme presque tous les entrepreneurs qui travaillent pour Barrette-Chapais, les Forestiers Bérubé possèdent leur propre fardier. « Ça nous permet d’éviter les pertes de temps et de changer de chantier dès qu’on finit le travail, même si c’est en plein milieu de la nuit », ajoute ce dernier.

« C’est une belle relève dynamique qui entretient très bien leurs machines, souligne pour sa part Denis Chiasson. C’est toujours le fun de travailler avec eux autres. »

Malgré tout le travail d’optimisation, gérer une équipe de travail de 12 personnes n’est pas de tout repos. Et avec une moyenne d’âge de près de 57 ans, les entrepreneurs pensent déjà à former la relève. « Il y a beaucoup de jeunes qui veulent venir, mais ils veulent avoir le salaire du gars qui est là depuis 30 ans, remarque Mathieu. On est prêt à former les gars en commençant par la base, mais il y a un coût à faire ça, et quand tu investis, tu espères que le gars va rester. »

Plus de bois court en vue ?
Avec la pénurie de main-d’œuvre qui sévit en forêt, Barrette-Chapais embauche désormais trois équipes qui font la récolte de bois court. Mais au lieu de couper des longueurs de 8 pieds, ils font des longueurs de 25 pieds, car l’entrée de l’usine a été conçue pour le bois long.

Et ce nombre pourrait croitre au cours des prochaines années. « On pense que les opérations sont aussi rentables sinon plus en bois court, remarque Denis Chiasson. Une équipe de bois court récolte moins de bois, mais ça demande la moitié moins de personnel et de dépenses pour se lancer en affaire. »

« Je dois t’avouer que je préfère travailler avec des abatteuses multifonctionnelles, parce que tu as moins d’hommes », remarque pour sa part Mathieu Bérubé, qui a travaillé pendant plusieurs années sur ce type de machine, avant de venir travailler pour son oncle, il y a sept ans. « Tu peux travailler avec 5 ou 6 hommes et tu as seulement deux machines à entretenir. Si tu fais la moitié des mètres cubes, mais que tu as seulement le tiers des dépenses, tu es gagnant au bout de la ligne ».

Dans le futur, des modifications devraient être faites à l’entrée de l’usine si l’entreprise opère une transition pour le bois court. Des évaluations des couts sont d’ailleurs faites en ce sens.

Reste à voir si le scieur de Chapais continuera à transformer son mode de récolte en forêt.

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