Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
La vision Beauregard

Avant de lancer les discussions publiques lors du Rendez-vous sur la forêt québécoise, le doyen de la faculté de foresterie de l'Université Laval, Robert Beauregard, a fait une présentation de l'état du secteur forestier, tout en se permettant de rêver à ce que pourrait être l'industrie forestière en 2021.


28 novembre 2013
Par Guillaume Roy
« Nous devons maintenant poser des gestes pour produire plus de bois tout en protégeant la nature », estime M. Beauregard. Guillaume Roy

Selon ce dernier, l’industrie du sciage ne peut être viable si on ne trouve pas de débouchés viables pour les copeaux, qui, avec le papier journal, subit une décroissance constante. Pour remédier à la situation, il propose de miser davantage sur la chimie verte et sur l’énergie pour assurer un équilibre qui permettra de trouver des débouchés pour les résidus du bois. Dans sa vision 2021, grâce à de nouvelles opportunités de marchés, on récolterait 35 millions de m3 en plus en récoltant simplement plus de la possibilité forestière disponible (40 millions de m3 actuellement sur la forêt privée et publique), créant près de 30 000 emplois et 6,6 milliards de $. Par contre, le statu quo, feraient perdre plus de 20 000 emplois et perdre près de 4 milliards de $.

Les nouveaux marchés à développer se trouvent entre autres du côté de la chimie verte et de la construction verte, car les consommateurs sont de plus en plus à la recherche de produits durables. « Ça ne sera pas facile, mais c’est un défi à surmonter collectivement », dit-il. Pour y arriver, il propose de créer deux ou trois centres intégrés de mise en valeur des produits de la pâte. Dans le futur, il croit que ce sera des centres de bioraffinage qui produiront du papier, des molécules et autres à partir de la fibre. Les investissements nécessaires, qui se chiffrent alors en milliards de dollars, pourraient compter en partie sur la politique industrielle pour soutenir les investissements. « Dans sa politique, Québec a dit vouloir accompagner les gazelles économiques. Voilà une belle opportunité qui a le potentiel de créer beaucoup d’emplois », a-t-il ajouté.

Intensification de la production de bois
De 1996 à 2013, Québec a réduit la possibilité forestière de 35 %. « Nous devons maintenant poser des gestes pour produire plus de bois tout en protégeant la nature », estime M. Beauregard. La solution : Intensifier de la production de bois. Il souligne également que le Québec est un leader mondial en génomique, ce qui nous permettra de créer plus de bois et de meilleure qualité.

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Se donner des objectifs économiques

Selon M. Beauregard, l’industrie et les groupes environnementaux ont suffisamment d’intérêts communs pour être condamnés à travailler ensemble. Mais c’est sur le plan économique que devra se faire la prochaine réflexion. Québec a bien fait son travail en se donnant des objectifs sociaux et environnementaux (Plan d’aménagement forestier durable), mais le travail n’a pas encore été faut d’un point de vue économique. « La réaction de Mme Ouellet pour moi, ça ne fait pas la job quand elle dit que notre devis économique est de maintenir la possibilité forestière. Pour moi, ça n’est pas un objectif économique, c’est un objectif technique. Un objectif économique, c’est dire qu’on veut maintenir la valeur du bois et le nombre d’emplois », explique-t-il. Il illustre son propos ainsi : des mètres cubes n’ont pas la même valeur s’ils sont récoltés ou pas. M. Beauregard estime qu’on devrait se donner comme objectif de revenir au nombre d’emplois et des valeurs de livraison que l’on avait en 2004. « Ça, c’est un objectif plancher pour moi. Maintenir simplement la situation actuelle n’est pas une bonne cible selon moi, car ça signifie une baisse de 40 % par rapport à notre situation il y a 10 ans », conclut-il.


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