Opérations Forestières

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Éditorial: Créer plus de valeur malgré les taxes américaines

L’imposition de taxes définitives sur le bois d’œuvre de 20,8 % est injuste, mais il ne faut pas se laisser abattre.


29 janvier 2018
Par Guillaume Roy

Les producteurs canadiens devront donc être plus performants et plus compétitifs que jamais pour demeurer rentables en attendant de conclure une entente ou de régler le litige devant les tribunaux.

Bien sûr, l’imposition des droits compensatoires et des droits antidumping américains font mal, car ils réduisent les revenus disponibles pour investir dans la modernisation des scieries canadiennes. Malgré ces nuages sombres qui planent sur le secteur forestier, les scieries québécoises ont investi massivement au cours des dernières années et elles continuent à le faire.

Pour l’instant, le prix du bois est si bon que les producteurs québécois n’ont même pas encore eu besoin du fonds d’aide de 300 millions de dollars offert par le gouvernement canadien. À peine une vingtaine d’entreprises auraient déposé une demande jusqu’à maintenant taxes américaines.

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Bien sûr, la situation pourrait empirer, mais rien n’indique que la demande américaine pour le bois d’œuvre ralentisse au cours des prochaines années, car l’industrie de la construction roule à plein régime. Ce sont donc les consommateurs américains qui devront payer le prix de cette augmentation. Sauront-ils reconnaître ce qui cause la hausse du prix du bois en blâmant l’administration Trump ? Le temps nous le dira.

En attendant de régler cet autre conflit commercial sur le bois d’œuvre, l’innovation fait partie de la solution de se côté ci de la frontière pour créer davantage de valeur avec les produits forestiers. En plus des taxes américaines, les producteurs doivent aussi composer avec la crise des copeaux qui sévit. Difficile de maintenir le bateau à flot avec des taxes de 20,8 % sur le bois et des copeaux, qui comptent pour 15 % des revenus des scieries, qui demeurent dans la cour à bois.

Comment régler la situation ? Une piste de solution vient avec l’émergence de la bioéconomie.

Pour stimuler la production de biocarburants dans la province, le gouvernement québécois doit d’abord créer le marché en imposant rapidement un contenu minimal de biocarburant dans l’essence. Ce taux devrait atteindre au moins 10 % selon les experts pour créer un marché intéressant pour les investisseurs. C’est d’ailleurs le taux exigé par le plus grand producteur de biocarburant au monde, Nesté, une entreprise finlandaise qui évalue sa participation dans le projet de bioraffinerie d’un milliard de dollars à La Tuque.

C’est l’imposition d’un seuil minimal de 20 % de biocarburant par le gouvernement finlandais qui a permis à Nesté de devenir un géant mondial. Et ce taux atteindra 40 % d’ici 2030 !

Sans mandat minimal sur le biocarburant, pas de marché, a lancé Patrice Mangin, lors du Symposium forestier de La Tuque au début décembre. La preuve : la première bioraffinerie au Québec, Bioénergie AE, qui commencera à produire de la biohuile en février 2018, exportera sa production aux États-Unis, où la réglementation fédérale a créé une prime pour les biocarburants.

Une telle décision politique est indispensable si le Québec souhaite devenir un leader dans le domaine de la production de biocarburant. Une décision qui permettra de réduire notre dépendance aux carburants fossiles et la production de GES, de créer des emplois localement et d’améliorer notre balance commerciale.

Il est aussi possible de créer plus de valeur en forêt en faisant de l’aménagement intensif, comme le démontre les efforts de Domtar, qui sont en mesure de faire pousser du peuplier hybride mature en 15 ans, ce qui leur permet, au passage, de faire plus d’efforts de conservation.

On serait fou de s’en passer !


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