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Lancement de l’industrie de la bioénergie

La flamme de la bioénergie


16 avril 2013
Par Guy Fortin

Sujets

Sur la place publique, tous et chacun déplorent la flambée des coûts du pétrole, en même temps elle marque le lancement de l’industrie de la bioénergie et de la biomasse forestière. Il n’y a plus à en douter, on commence à évaluer les hectares forestiers non plus seulement en mètre cube mais en mégawatt/heure par hectare.  Est-ce que cette industrie forestière qu’on connaît peut maintenir le cap sur le développement durable tout en ajoutant la dimension de production d’énergie à celle de transformation­ du bois et de fabrication de papier?

Chose certaine, l’industrie est aux premières loges d’une source alternative privilégiée et elle est exposée au remodelage politique des marchés et des réglementations. Elle ne peut se défiler, elle doit être un acteur important de cette nouvelle filière. Et nous le croyons en lançant une nouvelle revue intitulée Canadian BIOMASS .

La course est lancée avec des pays comme la Finlande qui annonce que d’ici 2010, 20 % des revenus de son industrie forestière proviendront de la biomasse. Il y a également la Suède qui vise son indépendance face aux produits pétroliers à partir de 2020. En fait, tous les gouvernements se tournent vers les énergies renouvelables. Le Canada et le Québec ne font pas exception en se tournant vers l’énergie « verte » tirée de la forêt.

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Avec le pétrole à 1,50 $ le baril, des décisions politiques claires comme celles du gouvernement du Québec visant un contenu de 5 % d’éthanol à partir de résidus forestiers dans l’essence (400 millions de litres) d’ici 2012 de même que l’achat par Hydro-Québec d’électricité à partir de biomasse, en plus des programmes incitatifs pour l’installation de systèmes de chauffage à la biomasse dans les édifices publics, ne peuvent que nous aligner sur la ligne de départ. Il ne s’agit pas d’un feu de paille.

Il est clair cependant que les seuls résidus de sciage et de transformation (écorce, sciure raboture) ne suffiront pas à la demande de tous les utilisateurs. Surtout pas en cette période de fermeture d’usines. Il faut considérer en sus les stocks rémanents en forêt (tiges non commerciales, ébranchage, écorçage, cimes, souches) et les plantations d’essences à rotation rapide tel le saule. Mais bien sûr, comme l’industrie en est à ses premiers pas, les coûts de manutention, de broyage et de transport pour ce type de matériau sont mal connus. Sans parler de l’impact de ce type de récolte sur les nutriments nécessaires au reboisement. Cependant l’expérience des forestiers dans la manutention et le transport de grumes devrait vite pallier à cette lacune.

Selon le ministère des Ressources naturelles, c’est tout près de 10 millions de mètres cubes (ou 4 millions de tonnes métriques anhydres) de biomasse forestière qui est disponible en forêt publique et privée à partir de bois non attribué, de résidus d’ébranchage, d’empilage et de tronçonnage, de cimes et de tiges impropres au façonnage. Déjà, les 6 millions de tonnes (chiffre de 2005) provenant des résidus de scieries sont utilisées à 100 % par le secteur des panneaux, les producteurs de granules et l’industrie de la cogénération. Et leurs besoins vont croissants. La demande supplémentaire pour 400 millions de litres d’éthanol nécessitera par exemple, à elle seule, un million de tonnes métriques anhydres par an.

La forêt devra donc desservir un nouveau secteur : l’énergie renouvelable. Ces nouvelles opportunités se doivent d’enflammer l’enthousiasme des forestiers, même si l’étape de transition apparaît encore un peu nébuleuse et que ces nouveaux modèles d’affaires n’utilisent pas les mêmes unités de mesure.    

Guy Fortin, éditeur

Pour obtenir plus d’information sur la nouvelle revue
Canadian BIOMASS, contactez-moi (gfortin@forestcommunications.com) ou Scott Jamieson (sjamieson@forestcommunications.com)


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