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Biomasse et énergie : l’heure de fixer des priorités


14 juillet 2016
Par Amélie St-Laurent-Samuel chargée de projet Biomasse pour Nature Québec

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Amélie St-Laurent-Samuel, chargée de projet Biomasse pour Nature Québec

En avril dernier, le gouvernement du Québec lançait sa nouvelle Politique énergétique 2030. Il s’est fixé des cibles afin de réduire de 16 Mt d’équivalent CO2 les émissions de GES du Québec. L’une d’entre elles, l’augmentation de 50% de la production de bioénergie, n’est pas passée inaperçue dans le secteur forestier. En effet, cette dernière passera de 37,9 térawattheures (TWh) en 2013, à 52,3 TWh en 2030.

Cette cible signifie que la proportion de biomasse dans la consommation totale d’énergie au Québec passera de 7,3% à 10,95% sur la même période. Cette augmentation de l’énergie produite avec de la biomasse (14,4 TWh) permettrait de remplacer plus de 8 millions de barils de pétrole par année.

À ce stade, les tenants et les aboutissants de cette cible n’ont toutefois pas été précisés, le plan d’action pour la mise en œuvre de la Politique étant en préparation. Toutefois, une chose est sûre, la filière de la production de chaleur pour le chauffage et les procédés industriels est en mesure de répondre dès maintenant à cette orientation, en générant des bénéfices économiques et environnementaux, ainsi que des investissements de grande ampleur.

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En effet, cette filière bioénergétique, puisqu’elle repose sur l’utilisation de biomasse forestière peu transformée, offre des coûts très avantageux aux utilisateurs, en plus d’être celle qui permet la plus grande réduction des émissions de GES pour la quantité de biomasse utilisée.

De surcroit, comme elle est basée sur une technologie mature et une chaîne d’approvisionnement économiquement viable, elle est actuellement la seule, parmi les filières bioénergétiques potentielles, qui peut permettre de mobiliser à court terme des volumes intéressants de biomasse pour la production d’énergie. D’ailleurs, Vision Biomasse Québec a proposé en 2014 une cible de production d’énergie de 4 TWh à l’horizon 2025, associé à des investissements d’une valeur de 1,6 milliard de dollars. À l’horizon 2030, il serait évidemment possible de participer de manière encore plus considérable à la cible du gouvernement.

À partir de ces chiffres, un constat peut être fait : la filière de la production de chaleur doit être au centre du plan d’action de la nouvelle Politique énergétique du Québec en ce qui concerne les bioénergies.

Budget fédéral 2016  
Certains éléments du Budget fédéral 2016 renforcent ce constat. Il est prévu que 2 milliards de dollars soient consacrés sur 2 ans à la création d’un fonds soutenant, par l’entremise de mesures provinciales, des projets qui permettront les réductions des émissions de GES les plus grandes, au plus bas coût par tonne. Pour les bioénergies, la filière de la production de chaleur s’inscrit tout à fait dans cette perspective. Il serait donc envisageable d’avoir accès, à compter de 2017-2018, à des aides financières du fédéral, en plus de celles disponibles au provincial, comme le programme Biomasse forestière résiduelle (actuellement en révision) et d’avoir accès au Fonds Biomasse Énergie.

Forum Innovation Bois
Le Forum Innovation Bois, qui se tiendra en octobre 2016, sera une occasion supplémentaire de réaffirmer l’importance de la filière de la production de chaleur pour la consolidation de l’industrie forestière. Plus particulièrement, dans le cadre du chantier bioénergie, cette filière devrait être priorisée comme solution innovante à mettre en œuvre immédiatement pour favoriser une utilisation optimale de la ressource et une réduction des émissions de GES, notamment pour les secteurs industriel et institutionnel.

Ville de Québec
D’ailleurs, Régis Labeaume a annoncé récemment qu’un bâtiment municipal de la Ville de Québec serait bientôt chauffé en utilisant des granules provenant de la région de la Capitale-Nationale. Il souhaite ainsi stimuler, par l’exemplarité, le développement de la filière sur ce territoire.


Amélie St-laurent Samuel
Coordonnatrice de Vision Biomasse Québec et chargée de projet Biomasse pour Nature Québe