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La robotique à la rescousse du manque de main-d’œuvre

Il devient de plus en plus difficile de recruter de la main-d’œuvre, notamment dans les scieries. Et si la robotique pouvait remplacer certains postes difficiles à combler?


22 février 2013
Par Mariève Paradis

Sujets

Lors du Salon Technibois en octobre dernier à Québec, une visite a été organisée dans les locaux de Ro-Bois-tic, une nouvelle entreprise qui se spécialise dans l’usinage d’armoires de cuisine en sous-traitance. Un robot soulève, coupe et classe les panneaux sans qu’un humain n’ait à les manipuler. Ce robot, développé par Machineries AutomaTech, produit huit armoires par heures, 24 heures par jour, sept jours sur sept en plus de posséder une autonomie de quatre à huit heures. Un seul opérateur peut donc être responsable du quart de travail de nuit, par exemple.

À partir de 1,2 million de dollars pour une ligne de production de 5100 pieds carrés, Machineries AutomaTech estime que les avantages s’additionnent pour offrir une solution de rechange abordable pour une charge de travail similaire et efficace. La robotique permet aussi aux entreprises de fournir plus facilement des systèmes de personnalisation des commandes de produits à l’aide de nouvelles gammes de produits qui sont entièrement automatisées.

Avec un investissement de départ relativement élevé, la rentabilité est l’un des principaux enjeux de l’introduction de la robotique dans l’industrie. Cependant, l’utilisation de la robotique dans la filière bois peut fournir aux entreprises des solutions à des problèmes qui sont actuellement des obstacles à la croissance, ou qui causent des maux de tête au sein de leur propre main-d’œuvre. La robotique peut être utilisée pour effectuer tâches de bas niveaux nécessaires dans le processus de production, permettant aux entreprises d’arrêter les enchères sur le salaire avec d’autres sociétés et d’autres industries.

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 « En Amérique du Nord, il n’y a pas beaucoup de robotique dans les scieries », constate Tommy Gagnon, directeur général chez Machineries AutomaTech. Or, le classement pourrait se faire dans un système robotisé. « Dès qu’on parle de manutention et d’intelligence de classement, on peut penser à intégrer la robotique dans les opérations », mentionne le directeur général. Un seul robot peut remplacer jusqu’à trois personnes par quart de travail. Dans un contexte où le recrutement de la main-d’œuvre rencontre des difficultés importantes, la robotique peut ainsi devenir une avenue intéressante pour les scieries.

M. Gagnon mentionne également que les besoins arrivent au-devant de la conception. « Nous travaillons avec la problématique de nos clients souhaitent robotiser, en tenant compte du retour sur l’investissement. Nous arrivons avec une analyse de rentabilisation pour évaluer le financement possible. Ensuite, nous suivons le projet en développement, en intégration pour finalement arriver à la mise en route. On est là tout au long du projet, jusqu’au rodage », explique-t-il.

Depuis quelques années, Tommy Gagnon constate un intérêt de certains dirigeants de scierie pour la robotique. « On a constaté un intérêt qui vient par la bande. Mais beaucoup de robots ne sont pas faits pour le travail à l’extérieur », précise le directeur général. Certains projets sont présentement à l’étude dans quelques scieries, notamment en manutention.

Bastien Larouche, président directeur général de Ro-Bois-Tic, parle non seulement de robotique dans les termes de rentabilité, de main-d’œuvre mais aussi de compétitivité. « 80% des robots prennent le chemin de l’Asie. Il faut être capable de compétitionner dans les marchés extérieurs », lance-t-il d’un ton déterminé.

Un avantage stratégique pour l’introduction de la robotique et de l’automatisation dans l’introduction du bois était de l’intérêt que la technologie pourrait fournir aux futurs étudiants. Avec tant de jeunes gens fortement impliqués et intéressés par la technologie moderne, l’utilisation de la robotique dans les scieries pourrait fournir le crochet pour exciter la main-d’œuvre prochaine génération. Selon certains experts de l’industrie la robotique pourrait permettre à l’industrie du bois d’être moins touchése par la pénurie de main-d’œuvre à venir.