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La plus grande forêt de recherche au monde : la forêt Montmorency

La forêt Montmorency voit sa superficie passer de 66 km2 à 412 km2.


17 septembre 2014
Par Natahlie Kinnard Le fil

Sujets

L’agrandissement majeur de la forêt Montmorency permet à l’Université Laval de devenir un leader mondial en enseignement et en recherche sur la gestion du patrimoine forestier.

Les étudiants et chercheurs travaillant sur diverses problématiques du territoire forestier et provenant de nombreuses facultés de l’Université ont maintenant un terrain de jeux six fois plus grand pour perfectionner l’art d’aménager et de cultiver les multiples ressources des forêts du Québec. En effet, la forêt Montmorency voit sa superficie passer de 66 km2 à 412 km2. «Avec cet ajout de 346 km2, l’Université possède maintenant la plus grande forêt d’enseignement et de recherche universitaire au monde!», souligne Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement et responsable du dossier. Ainsi, l’Université Laval devient un des leaders mondiaux en enseignement et en recherche sur la gestion des multiples ressources du territoire forestier.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, a officialisé le jeudi 11 septembre l’élargissement de ce laboratoire naturel, qui inclut dorénavant le secteur du Camp Mercier, le secteur du bassin versant de la rivière Noire et de la rivière des Roches ainsi que le secteur du lac des Neiges. L’annonce a eu lieu au pavillon Gene-H.-Kruger. De nombreux partenaires régionaux ont contribué à l’aboutissement de ce projet, dont les communautés autochtones de la région de Québec, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), la Conférence régionale des élus de la Capitale-Nationale, la MRC de La Côte-de-Beaupré, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), Papiers White Birch et le Séminaire de Québec.

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«Avec la mécanisation forestière et l’émergence de nouvelles tendances en matière d’aménagement, la superficie actuelle de la forêt Montmorency devenait une limite aux projets de recherche en sylviculture et en opérations forestières», explique le ministre Lessard. Depuis 1966, les frontières de ce lieu d’enseignement et de recherche n’avaient pas bougé. «Actuellement, la taille de la forêt Montmorency permet uniquement l’expérimentation du modèle d’aménagement de la forêt en mosaïque, soutient Robert Beauregard, doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique. Pourtant, le plus récent régime forestier exige qu’on applique et enseigne l’aménagement écosystémique, intégré et régionalisé pour permettre la conservation et la mise en valeur des différentes ressources.»

Le territoire actuel de la forêt Montmorency est également criblé de sites d’expérimentation dont plusieurs sont permanents. Les scientifiques ont besoin de plus d’espace pour établir de nouveaux sites de recherche, notamment pour étudier l’impact des changements climatiques. «On sait que l’aménagement des forêts et l’utilisation du bois dans la construction constituent des outils importants dans la lutte contre les changements climatiques, précise Éric Bauce. L’agrandissement va permettre de mener davantage de recherche sur cet aspect de même que sur d’autres problématiques d’intérêt pour des étudiants et chercheurs de divers départements et facultés de notre université.»

Selon Robert Beauregard, le terrain de jeux agrandi fera aussi émerger une nouvelle pratique collaborative. L’Université a toujours agi comme mandataire unique pour la gestion de l’ensemble des ressources de la forêt Montmorency. Toutefois, ce ne sera pas le cas pour l’agrandissement où seule la ressource ligneuse sera administrée par l’Université. Ainsi, le statut de réserve faunique du Camp Mercier ne sera pas modifié et la Sépaq demeure gestionnaire de la faune et de la récréation. «Par contre, forte de plus de 45 années d’expérience en gestion du patrimoine forestier, l’Université va aider la Sépaq à faire cohabiter les activités récréotouristiques avec les nouvelles exigences ministérielles pour la récolte du bois, explique le doyen. À la forêt Montmorency, nous avons prouvé qu’il est possible d’exploiter la ressource sans nuire au paysage.»

«L’agrandissement de la forêt Montmorency donne à l’Université Laval la marge de manoeuvre nécessaire pour renforcer sa formation portant sur les compétences de l’ingénieur forestier, tout en augmentant sa capacité à collaborer avec ses nombreux partenaires, dont les trois communautés autochtones de la région de Québec», avance le recteur Denis Brière. Au coeur de la nouvelle forêt, ingénieurs, industriels, gestionnaires, scientifiques, professeurs et étudiants auront tout l’espace pour démontrer la viabilité économique d’un aménagement forestier durable dans une perspective de gestion intégrée des ressources.