Opérations Forestières

En vedette Bio-produits Biomasse
Nouveaux marchés?

Du colombage au raffinage


10 avril 2013
Par Guy Fortin

Sujets

Les expressions « bois d’œuvre, colombage ou 2 x 4 » bientôt des archaïsmes? Les projections de demande en bois solide pour les 20 prochaines années sont bien trop élevées pour que l’industrie disparaisse. Mais pour l’instant, il y a beaucoup trop de maisons abandonnées aux États-Unis et beaucoup trop d’Américains devenus nomades dans leurs roulottes. À plus tard la construction résidentielle! L’industrie du sciage est sur les lignes de côté et s’interroge.

Les forestiers portent leur attention ailleurs. Les mots « biomasse et bioraffinage » occupent toute la place pour ne pas dire toute la forêt. Les choses bougent si rapidement qu’on a l’impression de lire un livre en sautant des chapitres, ou peut-être que certains lisent plus rapidement que d’autres! Par exemple, alors que le marché n’était encore qu’européen, quelques usines de fabrication de granules ont vu le jour au Québec au cours des dernières décennies (lire l’article sur l’usine Lauzon à Papineauville, l’une des plus anciennes). Et on le sait, les normes ont changé si bien que le chauffage aux granules de bois prend de l’importance ici même.

Si on porte notre regard du côté du Bas-St-Laurent par exemple, il y a déjà longtemps qu’on travaille sur des projets de cogénération à grande échelle à partir des résidus de bois pouvant alimenter des villes entières. On ne faisait pas qu’y scier du bois. En fait, on s’étonne un peu que la filière énergétique n’ait pas pris d’importance un peu plus tôt pour les scieurs.

Advertisment

À une échelle plus poussée, celle du bioraffinage, que dire de l’entreprise Enerkem dans les Cantons de l’Est, premier grand centre industriel de production de biocarburant de deuxième génération qui franchira sous peu, après bientôt 10 ans de recherche, le stade expérimental. En effet, l’usine de Westbury sera la première usine d’éthanol dans le monde à transformer des poteaux électriques usagés! L’îlot de gaz de synthèse conditionné est terminé et est près du démarrage. Il s’agit de la plate-forme de production chimique à laquelle les modules de production de méthanol et d’éthanol seront ajoutés progressivement. Une fois que ces modules de conversion de gaz en liquide seront raccordés à l’îlot de gaz de synthèse, l’usine produira à terme cinq millions de litres d’éthanol par année. Le procédé thermochimique d’Enerkem utilise une tonne de déchets pour produire 360 litres d’éthanol, suffisamment de carburant pour parcourir 2500 kilomètres en voiture. Contrairement aux biocarburants de première génération produits à partir de cultures riches en sucre (maïs, canne à sucre), les biocarburants d’Enerkem sont produits à partir de biomasse forestière principalement.

L’implantation du bioraffinage forestier, il faut le dire, est beaucoup plus l’affaire des papetières. En effet, l’intégration des procédés dans cette industrie est la solution pour la rendre plus concurrentielle et plus verte, comme le rappelait en février dernier, à la veille du Congrès annuel de l’Association techniques des pâtes et papiers (ATPPC), l’école Polytechnique de Montréal avec le renouvellement de sa Chaire CRNSG en génie de conception environnementale.
Il n’en demeure pas moins que malgré tout cet enthousiasme et cette effervescence d’idées, la transformation de l’arbre sous quelle que forme énergétique que ce soit, est directement tributaire d’une industrie du bois et des pâtes et papiers fonctionnant à plein régime. Ce qui n’est véritablement pas le cas à l’heure actuelle. Il faudra, dès la reprise, que cette réalité vienne se greffer aux opérations traditionnelles.

Guy Fortin, éditeur


Imprimer cette page

À propos



Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*