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Béarn reprend du service

De nouvelles chaudières à la biomasse installées, la scierie de Tembec, reprend du service après plusieurs années entrecoupées d’interruptions de production.


20 février 2013
Par Mariève Paradis

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L’abri à écorce dans la cours de Béarn

Depuis avril dernier, la nouvelle bouilloire à biomasse FEI Wellons a complètement éliminé l’huile des carburants utilisés dans la scierie. Désormais, on chauffe à l’écorce, un résidu valorisé. Le projet de 6M$ a eu l’aide des gouvernements grâce aux programmes de réduction des gaz à effet de serre, une subvention de la moitié du coût total. « C’est un beau projet environnemental qui va nous permettre de diminuer 8200 tonnes de gaz à effet de serre par année. C’est comme retirer 2412 voitures de la circulation. Mais le projet réduit aussi nos coûts de production, une baisse de 80% des coûts de séchage », lance fièrement Marc Paré, directeur général des services techniques chez Tembec.

Seulement le tiers des écorces de la scierie seront ainsi brûlées pour alimenter les séchoirs. Le reste est envoyé par Transport Bergeron à Témiscaming où Tembec possède une usine de pâte, dont des celluloses de spécialité.

L’investissement à Béarn est d’ailleurs un message clair que la scierie fait partie des atouts importants pour Tembec, selon Mario Tremblay, directeur général de la scierie. « On veut positionner Béarn dans les meilleurs. En 2011, Béarn a été en opération 15 semaines au total. Avec cet investissement, précise-t-il, confiant. D’ailleurs, d’autres investissements à Béarn seraient prévus dans les prochaines années. « C’est le début. Nous voulons atteindre une meilleure rentabilité. Le pire est derrière nous. On ne parle plus de fermeture à court terme à Béarn. »

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Changement pour la biomasse
Pour s’assurer d’obtenir une écorce de bonne qualité pour alimenter la bouilloire, on a installé un broyeur à écorce Rawlings de 48 x 60 avec 500 chevaux-vapeur. Du broyeur, un convoyeur de GAL Industriel amène les écorces dans un abri construit par Finar Bâtiments d’acier. D’ailleurs, tous les bâtiments de ce projet ont été construits par cette entreprise de Saint-Nicolas, sur la rive-sud de Québec. Une fois broyée, l’écorce a une meilleure valeur, notamment pour le site de Témiscaming. « Nous devons offrir un matériel le plus uniforme possible pour la qualité de combustion et de manutention », explique Marc Paré.

La réserve à écorce est munie de raclettes pour alimenter un autre convoyeur FEI Wellons qui dirige l’écorce vers la chambre de combustion. La réserve peut contenir jusqu’à trois jours d’opérations d’écorces, ce qui permet d’économiser les coûts d’un opérateur de chargeur la fin de semaine. La bouilloire hybride de 700 chevaux-vapeur, avec des tubes à l’eau et des tubes à feu, produit une chaleur qui fait bouillir l’eau. La vapeur est alors transportée par une ligne aérienne de FABMEC vers les séchoirs existants. À la sortie de la chambre de combustion, un précipitateur électrostatique de PPC Industries du Texas permet d’aller encore plus loin dans la captation des particules, au-delà des normes environnementales. « Si les normes changent, nous serons tout de même conformes », mentionne Mario Tremblay.

La gestion du projet a été réalisée conjointement par les services techniques de Tembec à LaSarre et l’équipe de Béarn.

« Habituellement, on sous-traite ce genre de projet clé en main. Mais cette fois-ci, on l’a fait à l’interne. Nous avons respecté les échéanciers et le budget », précise Jean-François Lessard, gestionnaire du projet.

Une scierie tournée vers l’avenir
Avec 80% de son approvisionnement en bois long et 20% en tiges tronçonnées, la scierie a une capacité de sortir 110 millions de pmp par année sur deux quarts de travail. « Présentement, nous sommes à environ 450 000 m3 de bois sur deux quarts de travail. Nous aimerions arriver à une productivité de 650 000 m3 sur trois quarts de travail », estime le directeur général de l’usine de Béarn.

L’usine possède deux lignes de sciage, une aléatoire de 16 pieds avec un écarisseur à scies jumelle Swecan, mis à jour à l’interne alignée avec une débiteuse à scies multiples avec sciage en courbe Comact. La deuxième est pour le bois de colombage de huit pieds avec une débiteuse à quatre faces d’Équipement Hydraulique Boréal (DMC Soudure maintenant), pourvues d’une déligneuse surfaceuse optimisée de PHL et d’un ébouteur à scies multiples Carbotech. À la sortie, le classement et l’empilement des planches se font sur 64 cases. Il n’y a pas eu d’investissements depuis les dernières années dans la scierie, compte tenu du contexte économique. Mais la conversion à la biomasse laisse planer d’autres investissements dans les prochaines années. « La priorité, c’est de mettre à jour l’usine, l’amener à 95% de sa production. Ensuite, on pourra aller vers l’optimisation, même l’augmentation de la production », espère le directeur de l’usine. Par contre, pour arriver à faire de nouveaux investissements, il rappelle que toutes les conditions doivent être rassemblées : les marchés, l’économie et la main-d’œuvre.

Les deux séchoirs de l’usine, un Bachrich modifié avec déhumidification à vapeur de 140 000 pieds par charge et un Salton 260 000 pieds par charge avec radiateur à vapeur, peuvent sécher 90 millions de pmp par année. « Avec la nouvelle bouilloire, on a la possibilité d’ajouter un troisième séchoir. On a l’énergie nécessaire pour augmenter notre capacité de séchage », explique fièrement le directeur de l’usine.

Lors du passage d’Opérations forestières et de scierie, l’usine de rabotage n’était pas en fonction. Les installations de rabotage assez conventionnelles comprennent une désempileuse à l’entrée, une raboteuse Yates modifié par DK Spec. À la sortie, un optimiseur linéaire Autolog, un métrigarde MSR qui certifie mécaniquement la résistance du bois ainsi que deux postes de classification. Pour finaliser la classification, il y un ébouteur et un classement de planches Carbotech. 

Dans la cour, plusieurs chariots et deux chargeuses se séparent le travail. Ces tâches, ainsi que l’entretien sont données à contrat à l’entreprise Équipement Dechatem de Béarn.

En tout, c’est 99.3% de la ressource qui est valorisée. La moitié est transformée en planches et le reste en sous-produits. Les copeaux sont majoritairement envoyés au site de Tembec à Témiscaming. Même les cendres de la nouvelle bouilloire seront valorisées. « Des agriculteurs cultivent sur des terres qui appartiennent à Tembec autour de l’usine. Les cendres seront utilisées comme fertilisants sur ces terres », explique le directeur de l’usine.