Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
« On peut protéger le caribou sans nuire à l’emploi »


26 novembre 2015
Par Nature Québec

Le Forestier en chef dévoilait hier le bilan de l’état de la forêt publique du Québec et de son aménagement durable pour la période 2008-2015. « On constate que ce rapport identifie une marge de manœuvre importante au niveau de la possibilité forestière. On pourrait l’utiliser pour la conservation du caribou forestier. Il est clair qu’on peut protéger le caribou sans que l’emploi soit menacé,  contrairement à ce que prétend une partie de l’industrie », remarque Christian Simard, directeur général de Nature Québec.


Certains joueurs dénoncent les mesures proposées pour le rétablissement du caribou forestier et demandent de ne pas sacrifier un seul mètre cube de bois pour sa conservation. Pourtant le Forestier en chef, l’autorité en la matière, met en évidence que le calcul des possibilités forestières n’est pas un facteur déterminant pour limiter les actions de conservation. Il révèle qu’entre 2008 et 2013, seulement 55 % des possibilités forestières ont été récoltées. La possibilité forestière correspond au volume maximum des récoltes annuelles que l’on peut prélever à perpétuité sans nuire à la capacité de régénération de la forêt.

Quantité ou qualité ?
La crise qu’a subi le secteur forestier québécois durant cette période explique en partie la diminution du taux de récolte. Même si le secteur forestier semble connaître une certaine reprise d’activité récente, il n’en reste pas moins que cette logique de réclamer toujours plus de volumes de bois ne coïncide pas avec le portrait présenté par le Forestier en chef dans lequel le problème de la qualité semble plus important que celui de la quantité disponible.

« Nature Québec est particulièrement préoccupé par les constats concernant l’appauvrissement de la qualité de la forêt publique du Québec. Alors qu’un peu plus de la moitié du volume attribué a été récolté, il est choquant de voir que la qualité de la forêt s’est dégradée. L’industrie mange la mie du pain mais semble laisser la croûte pour les générations futures », poursuit Christian Simard.

« On entend souvent des plaintes concernant les coûts d’approvisionnement mais l’industrie est en partie responsable de l’augmentation des coûts. En cherchant à éviter les peuplements présentant des contraintes (pentes, lisières boisées, etc.) et en allant chercher les tiges les plus accessibles, de meilleure qualité, l’industrie mène à une forme d’écrémage de notre forêt et à une dégradation de la qualité de nos peuplements. Quelle sera la forêt de demain si nous poursuivons ces pratiques aujourd’hui encore ? », mentionne Louis Bélanger, responsable de la commission forêt de Nature Québec.

Mettre fin à la dramatisation et passer en mode solution
« Soyons pragmatiques et travaillons maintenant à la recherche de solutions pour un réel aménagement durable de nos forêts. Nous avons la responsabilité légale et morale de protéger le caribou forestier et nous avons la capacité de le faire. Nous devons par contre effectuer le virage nécessaire pour passer d’une logique d’augmentation de volume de bois à une logique d’augmentation de valeurs.  Trop de bois ne trouve actuellement pas preneur dans notre forêt, il faut travailler sur de nouveaux débouchés, de nouveaux marchés. Il est également important de redonner une place à la sylviculture pour retrouver une forêt de qualité. En ce sens, la Stratégie de production de bois est très attendue et nous espérons qu’elle permettra de contribuer à une foresterie durable et créatrice de valeurs », conclut Louis Bélanger.

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