La forêt : un outil de lutte aux changements climatiques

Guillaume Roy
Février 28, 2019
Écrit par
La forêt : un outil de lutte aux changements climatiques
Xavier Dachez, FQM
Le 2Forum des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités a attiré plus d’une centaine de participants, hier, au Centre des congrès de Québec, sous le thème « La forêt à l’heure des changements climatiques ». En plus du dossier caribou, de l’intensification forestière et des besoins de main-d’œuvre, voici quelques dossiers clés qui ont retenu notre attention. 

Une calculatrice carbone pour les bâtiments

D’ici la fin du mois de mars, les ingénieurs et architectes auront accès à un nouvel outil qui permet d’estimer et comparer les émissions de GES liées à la fabrication des matériaux de structure pour différents scénarios de construction de bâtiments qui ont la même fonction. Cet outil, dénommé GEStimat, a été développé par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), pour favoriser la construction à faible empreinte carbone, a mentionné, Caroline Frenette, conseillère technique chez Cecobois.

L’outil permet de comparer 6 scénarios à la fois tout en utilisant des bâtiments types pour faciliter le calcul si tous les détails du projet ne sont pas connus. Comparer 6 scénarios. De plus, il permet de savoir exactement d’où proviennent les émissions.

Cette initiative est née à la suite de la signature de la Charte du bois, en 2015, qui visait à faire la promotion de la construction non résidentielle en bois, en visant notamment l’exemplarité de l’état. L’outil permettra ainsi l’évaluation systématique du bois à l’étape d’avant-projet pour tous les projets financés en tout ou en partie par des fonds publics.

Deux guides, sur les bâtiments municipaux en bois et sur l’utilisation de la forêt à l’intention des municipalités, ont aussi été présentés lors de l’événement.

GES et Changements climatiques

Pour limiter la hausse du climat, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), estime qu’il faudra reboiser 5 millions de km2 par an en 2050 pour absorber 11 milliards de tonnes de GES, a souligné Claude Villeneuve, biologiste et titulaire de la Chaire en écoconseil de l'Université du Québec à Chicoutimi. «Ça représente trois fois la superficie du Québec», a-t-il ajouté, en soulignant que chaque arbre compte et que la foresterie est un des seuls moyens de générer des émissions négatives, car les arbres captent du carbone. 

Luc Bouthillier, professeur au département des sciences du bois et de la forêt à l’université Laval, a pour sa part souligné que le Québec doit rapidement se doter d’objectifs de lutte aux changements climatiques avec les produits forestiers. « La Suède s’est donné comme objectif de remplacer 40% des produits pétroliers dans le transport par des biocarburants d’ici 2040 », a-t-il cité en exemple. « On ne fabrique pas de produit pétrolier au Québec, dit-il. En substituant les produits pétroliers par des produits forestiers, on a l’opportunité de créer 7 fois plus d’emplois localement tout en réduisant notre dépendance au pétrole. » Et pas besoin de mettre en péril la fertilité des sols forestiers, car le Québec peut atteindre ces objectifs en récoltant seulement 30% des résidus forestiers, conclut-il. 

Un événement carboneutre avec Carbone boréal

Pour être conséquent avec le thème de l’événement qui porte sur les changements climatiques, la FQM a décidé de compenser pour les gaz à effet de serre de tous les participants à l’événement avec le programme Carbone boréal de l’UQAC, qui réalise de projet de reboisement en forêt boréale. Chaque participant devait donc informer l’organisation du nombre de kilomètres parcourus pour compenser les émissions.

Une déclaration verte pour souligner le rôle des forêts

Au terme de la journée de conférence, les participants ont signé une déclaration publique pour souligner l’importance de la foresterie pour lutter contre les changements climatiques. Les signataires demandent que l’État reconnaisse les forêts comme un outil de lutte aux changements climatiques et qu’il pilote une stratégie de séquestration de carbone par l’intensification forestière soit mise en œuvre. De plus, ils souhaitent que Québec assure un financement adéquat des initiatives durables, notamment avec le Fonds vert, tout en accentuant les efforts pour accroitre l’utilisation du bois dans la construction ainsi que l’utilisation de la biomasse à des fins énergétiques. Finalement, ils demandent que l’on intensifie la recherche pour comprendre les effets des changements climatiques sur les forêts québécoises.

Une première étude économique sur la forêt depuis 2006

Au cours des derniers mois, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs a produit une étude sur l’importance économique du secteur forestier, une première depuis 2006. Voici les données qui ressortent du rapport. Ces données représentent des retombées directes de la foresterie et n’incluent pas les retombées indirectes et induites.

  • 152 municipalités, ou la forêt représente 10% des emplois ou plus d’emplois
  • 902 municipalités sur 1087, ou l’on retrouve des emplois forestiers, soit 80% des municipalités du Québec
  • PIB forestier : 6,5 G$, soit 2 % de l’économie du Québec – en croissance de 2% par an au cours 5 dernières années.
  • 60 000 emplois directs (1,4% des emplois)
    • deux fois plus que l’aérospatiale (0,73%), trois fois plus que les mines (0,50%) et six fois plus que l’industrie de l’aluminium (0,24%)
Distribution des retombées dans l’industrie forestière
  • En forêt : 18%
  • Pâte et papier : 32%
  • Transformation du bois : 50%

Québec forestier
  • 45% du territoire
  • Possibilité forestière en forêt publique: 34,3 M m3
  • Possibilité forestière en forêt privée : 16,7 M m3
  • Récolte en forêt publique : 21,4 Mm3
  • Récolte en forêt privée : 6,2 Mm3

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