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Les changements climatiques et la forêt boréale canadienne


14 novembre 2018
Par Le Blogue Résolu

Nous avons tous un rôle à jouer dans la lutte contre les changements climatiques. À prime abord, des mesures de conservation rigoureuses dans la forêt boréale canadienne semblent une solution évidente! Toutefois, se limiter à la conservation représente une vue exagérément simplifiée du problème, qui est beaucoup plus complexe qu’il n’en a l’air à première vue. Les faits pourraient vous surprendre agréablement!

1. Croyez-le ou non, faire de la récolte permet de stocker PLUS de carbone que de ne pas en faire! 

Dans la forêt boréale, les perturbations naturelles comme le feu et les insectes surpassent largement les effets de la récolte – parfois DIX fois plus. Nous risquons de voir encore plus de ces perturbations en raison des changements climatiques que nous subissons déjà. Quand les forêts vieillissent, elles deviennent plus vulnérables aux incendies ou aux infestations parce que les arbres plus vieux sont moins résistants aux insectes et parce que les débris ligneux secs sont hautement inflammables. Ces facteurs rendent les effets de perturbations encore plus catastrophiques (comme nous l’avons constaté l’été dernier en Colombie-Britannique et en Californie). En plus, il n’est pas toujours possible de récupérer le bois, ce qui entraîne une perte nette sur le plan du stockage du carbone.

La bonne nouvelle, c’est que le fait de récolter ces arbres à maturité limite l’impact du feu et des maladies, comme le fait la régénération rapide qui suit dans un contexte d’aménagement forestier durable. Ceci signifie que les forêts aménagées du Canada sont un puits de carbone net à long terme – sans compter que les produits du bois stockent aussi du carbone à long terme!

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Des scientifiques de renom ont confirmé que l’aménagement forestier durable peut aider à atténuer les effets des changements climatiques – et non, nous ne parlons pas des 3 % de scientifiques climato-sceptiques! Nous vous invitons à consulter ces références qui proviennent de trois sources réputées :

  • DrWerner A. Kurz – Chercheur scientifique principal, Service canadien des forêts. Expert sur la dynamique du carbone forestier. Auteur de plusieurs publications pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
  • Ressources naturelles Canada – Ministère fédéral canadien qui se spécialise dans le développement durable et l’utilisation des ressources naturelles.
  • World Resources Institute – Organisme de recherche d’envergure mondiale qui se penche sur six objectifs critiques que le monde doit atteindre avant la fin de la présente décennie afin de garantir un avenir durable.

2. Éviter d’utiliser des produits forestiers provenant de forêts canadiennes aménagées de façon responsable augmente les torts causés par les matières moins durables. 

Les arbres sont une ressource naturelle abondante et renouvelable et le simple bon sens veut que nous nous en servions pour fabriquer les produits que nous utilisons tous – pour des motifs environnementaux et pour des raisons économiques.

Premièrement, le bois a une empreinte carbone beaucoup plus faible que les matériaux de construction comme le béton ou l’acier. Quand il s’agit du papier, l’incidence environnementale de l’utilisation de fibre non ligneuse, dit « sans bois », peut être similaire ou même supérieure à celle de la pâte de bois.

Éviter les produits forestiers du Canada augmente le risque de récolte illégale et de déforestation, parce que le demande de produits forestiers serait comblée par d’autres pays où les normes d’aménagement forestier sont beaucoup moins sévères.

3. La superficie de forêt qui est exploitée est très restreinte et les travaux de récolte sont gérés avec soin. 

Une très petite portion de la forêt boréale est soumise à des travaux de récolte chaque année – moins d’un demi de un pour cent! Au Québec et en Ontario, où Résolu exerce ses activités, 85 % des territoires qui n’ont jamais été exploités sont inaccessibles à l’industrie des produits forestiers.

Au Canada, la récolte se fait conformément aux meilleures connaissances scientifiques disponibles et certaines des normes d’aménagement forestier les plus sévères au monde. La gestion écosystémique, qui tend à réduire l’écart entre les processus naturels et la gestion active, est l’approche utilisée dans la plupart des provinces de la région boréale. De plus, le Canada est le premier pays du monde en matière de certification de l’aménagement forestier durable – environ 10 % des forêts du monde sont certifiées et plus de 40 % de ces 10 % se trouvent ici au Canada. La totalité des territoires forestiers gérés par Résolu sont certifiés.

Par ailleurs, les secteurs exploités sont reboisés rapidement et efficacement conformément à la réglementation fédérale et provinciale. Nous privilégions la régénération naturelle et n’avons recours à des stratégies de reboisement comme la plantation et l’ensemencement que lorsque le processus de régénération a besoin d’aide. Dans les secteurs où nous faisons de la plantation, nous utilisons des essences indigènes provenant de la même écozone, et d’autres essences indigènes s’établissent elles-mêmes et poussent autour des arbres plantés. Et ces efforts donnent quoi? Plus d’arbres par hectare, ce qui augmente l’abondance du carbone.

4. Résolu et d’autres entreprises canadiennes de produits forestiers sont des chefs de file en matière de réduction des combustibles fossiles. 

Bien que la séquestration de carbone soit un facteur important dans la lutte contre les changements climatiques, il y a beaucoup de travail à faire quand il s’agit de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les efforts de Résolu dans ce domaine ont été reconnus à l’échelle mondiale.

  • Nous aidons à lutter contre les incendies et à contrôler les infestations d’insectes. De concert avec les gouvernements provinciaux, l’industrie des produits forestiers prend des mesures pour combattre les incendies et les insectes, de manière à réduire les émissions causées par ces perturbations.
  • Nous réduisons de façon très importante l’empreinte carbone de nos activités. En améliorant l’efficacité et en remplaçant les combustibles très polluants comme le charbon par des combustibles à teneur plus faible en carbone, Résolu a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 76 % depuis l’année 2000, et nous poursuivons nos efforts.
  • Nous produisons de l’énergie renouvelable. Résolu comble 74 % de ses besoins énergétiques à partir de sources renouvelables et l’entreprise a complètement cessé d’utiliser du charbon dans ses installations*.
  • Nous surveillons notre empreinte de près et produisons des rapports. En plus de nous conformer à la réglementation, nous surveillons notre performance environnementale conformément aux normes de la Global Reporting Initiative et nous présentons des rapports au CDP depuis 2006.
  • Nous sommes en faveur de la tarification du carbone. Résolu a été un des premiers membres canadiens de la Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone (CPLC).

Les Canadiens peuvent être fiers de notre vaste et vigoureuse forêt boréale. Ce milieu naturel abondant abrite de précieux écosystèmes, d’innombrables espèces et des collectivités dynamiques. Il ne fait aucun doute que la forêt boréale joue un rôle important dans la lutte contre les changements climatiques. Cependant, l’atténuation du carbone est un domaine très complexe et nous devons nous méfier des mesures simplistes qui font plus de mal que de bien.

Pour en savoir plus, veuillez lire ce billet de blogue de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC), qui traite d’allégations trompeuses publiées récemment au sujet du lien entre la foresterie canadienne et les changements climatiques.