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Prix des matériaux de construction : les conditions sont réunies pour que la situation persiste


11 février 2021
Par Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ)

L’Association de la construction du Québec (ACQ), l‘Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) et la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) dévoilent aujourd’hui les résultats d’une enquête effectuée auprès des propriétaires sur la rénovation résidentielle. L’enquête Web, qui a été réalisée par la firme Léger en décembre dernier auprès d’un échantillon de quelque 1 000 répondants, porte sur les travaux réalisés depuis le début de la pandémie ainsi que sur les intentions de rénovation au cours des prochains mois.

La pandémie a dopé les dépenses en rénovation des propriétaires-occupants en 2020

De mars à décembre 2020, les deux tiers (65 %) des propriétaires ont fait des travaux de rénovation (modifications, améliorations, réparations ou entretien) à leur domicile. Ceux-ci ont dépensé en moyenne 8 700 $ pour l’ensemble des travaux effectués à leur résidence principale. La majorité des répondants (53 %) ont déclaré avoir effectué eux-mêmes les travaux, tandis que 47 % ont confié leurs rénovations, en tout ou en partie, à des entrepreneurs professionnels. Les répondants ayant déclaré avoir réalisé les travaux eux-mêmes ont dépensé en moyenne 6 360 $, comparativement à 12 900 $ pour ceux ayant eu recours aux services de professionnels. Hormis les travaux de peinture (36 %), les rénovations les plus populaires ont été, de loin, les travaux relatifs au patio, à la terrasse ou au balcon (24 %) et les travaux d’aménagement paysager (23 %). Bon nombre de répondants avaient aussi mené à bien des travaux de plomberie (14 %), d’électricité (12 %), de recouvrement de la toiture (12 %) et d’isolation (10 %).

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Bien que, dans un peu plus de la moitié des cas (57 %), rénover était jugé nécessaire, l’enquête démontre que bon nombre de répondants l’ont fait purement par choix (43 %). Aussi, conséquence directe de la crise sanitaire, 18 % des propriétaires ont mentionné avoir rénové afin d’améliorer leur espace de vie en raison de la pandémie, et 7 % ont mentionné l’avoir fait afin d’adapter leur résidence pour le télétravail.

Le marché de la rénovation n’est pas prêt de dérougir en 2021  

À l’instar de 2020, deux propriétaires sur trois envisagent de faire des travaux de rénovation (modifications, améliorations, réparations ou entretien) à leur domicile d’ici septembre 2021. On note que les montants que ceux-ci prévoient dépenser sont plus élevés et atteignent en moyenne 11 300 $. Ceci pourrait aller de pair avec le fait que davantage de propriétaires, soit 60 %, envisagent de confier leurs rénovations, en tout ou en partie, à des entrepreneurs professionnels. C’est en moyenne 14 000 $ que prévoient dépenser les propriétaires qui feront affaire entièrement avec des professionnels.

Les rénovations les plus populaires au cours des prochains mois seront encore les travaux de peinture (38 %), d’aménagement paysager (22 %) et ceux touchant les patios, les terrasses ou les balcons (21 %). On note toutefois que les travaux relatifs aux portes et fenêtres (19 %) et les travaux structurels dans la cuisine (11 %) devraient être plus populaires cette année qu’en 2020.

Le principal motif pour rénover (58 %) demeure bien sûr la nécessité résultant de l’usure ou de la désuétude de l’habitation. Par ailleurs, 13 % des propriétaires ayant l’intention de rénover sont motivés par des raisons d’améliorations écoénergétiques, et 11 % par la mise en vente prochaine de leur propriété.

« Loin de s’estomper, la demande pour des matériaux de construction ainsi que pour les services d’entrepreneurs en construction risque d’être encore plus vigoureuse au cours des prochains mois, alors que les carnets de commandes des entrepreneurs sont déjà bien remplis », affirme François Bernier, vice-président principal Affaires publiques à l’APCHQ.

« Une différence de taille, toutefois, entre ce printemps et celui de 2020, c’est la préparation des quincailleries et centres de rénovation qui savent que les consommateurs et leurs entrepreneurs voudront faire des travaux. Ils auront, cette fois, plus d’inventaire, de main-d’œuvre, d’expérience avec les règles sanitaires et de talents Web pour faire face à la musique », soutient Richard Darveau, président et chef de la direction de l’AQMAT.

Une pénurie de matériaux de construction étendue et bien ancrée  

En complément, un deuxième sondage Léger a été effectué en janvier, par téléphone, auprès de quelque 750 entrepreneurs et dirigeants d’entreprises en construction et en rénovation. Celui-ci visait à mesurer l’ampleur des problèmes d’approvisionnement et de hausses des coûts des matériaux de construction.

Les résultats témoignent que, depuis mars 2020, un peu plus de quatre entrepreneurs sur cinq ont fait face à des problèmes d’approvisionnement tels que des délais de livraison, des délais de transport sur les chantiers, des ruptures de stock chez le fournisseur ou un faible niveau d’inventaire local.

Les matériaux les plus touchés par les problèmes d’approvisionnement sont : les portes et fenêtres (46 %), le bois d’œuvre (38 %), le contreplaqué et OSB (35 %), les fermes de toit (33 %), les poutrelles (28 %), les produits d’ingénierie en bois (24 %) et les articles de plomberie (22 %). Mais la liste est loin de s’arrêter là. L’aluminium (18 %), le béton (16 %), l’acier (14 %), les panneaux de gypse (11 %) et le bardeau d’asphalte (10 %) sont aussi parmi les matériaux dont l’approvisionnement est le plus susceptible d’être problématique pour les entrepreneurs en construction.

De solides hausses de prix

Cette situation de rareté des matériaux se traduit par des hausses de prix parfois considérables. Les entrepreneurs ont été appelés à se prononcer sur l’augmentation globale de leurs coûts en matériaux. Pour 22 % d’entre eux, la hausse est de l’ordre de 10 à 20 %, alors que pour 42 % d’entre eux, l’augmentation estimée est supérieure à 20 %. « La hausse du coût des matériaux est donc très significative et cela va inévitablement se refléter de plus en plus dans le prix des propriétés et des contrats publics », mentionne Guillaume Houle, responsable des affaires publiques de l’ACQ.

Conséquence de la pénurie de matériaux, 80 % des entrepreneurs ont mentionné avoir subi des délais supplémentaires dans la livraison de leurs chantiers. Plusieurs d’entre eux ont pris certaines actions en vue de tenter de pallier la pénurie de matériaux, notamment en changeant de fournisseurs, en substituant des matériaux lorsque cela était possible ou en renégociant leurs contrats d’approvisionnement. « En plus des hausses de coûts, les consommateurs et les donneurs d’ouvrage doivent néanmoins s’attendre inévitablement à des impacts lors de la livraison de leurs chantiers en raison de la pénurie de matériaux.  Les clients et donneurs d’ouvrage doivent réaliser que la situation est rendue hors de notre contrôle », remarque Éric Côté, président-directeur général de la CEGQ.

Pour l’industrie du bois, la solution passe notamment par des actions gouvernementales. « Les résultats de ces sondages et les conséquences envisagées de la hausse de la demande pour le bois d’œuvre démontrent l’urgence de compléter la révision du régime forestier, et ce, afin de répondre aux besoins prévisibles des entrepreneurs et des consommateurs pour les années à venir. D’ailleurs, la valorisation de la forêt privée représente une solution à court terme pour combler une partie de l’augmentation de la demande, souligne le président-directeur général du CIFQ, Jean-François Samray.

En ce sens, les partenaires de cette enquête invitent le gouvernement à travailler à la mise en place des conditions qui permettront à tous de participer pleinement à la relance économique du Québec.

Ils encouragent également consommateurs, entrepreneurs et donneurs d’ouvrage à faire preuve de transparence et de clarté relativement aux termes des soumissions, notamment les délais, et à prévoir des clauses d’ajustement de prix pour s’assurer d’une transaction à la satisfaction de tous.

Finalement, ce deuxième sondage confirme que le marché de la rénovation résidentielle sera en pleine ébullition en 2021. En effet, les entrepreneurs prévoient que d’ici septembre, ils seront aussi (51 %), voire plus occupés (29 %), qu’ils ne l’ont été jusqu’ici depuis le début de la pandémie.