Opérations Forestières

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Le Conseil de l’industrie forestière du Québec rectifie les faits à la suite de la diffusion du reportage d’Enquête

L'industrie supporte seule les risques financiers des fluctuations du marché


8 octobre 2021
Par CIFQ

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) tient à rectifier les faits à la suite de la diffusion d’un reportage de l’émission Enquête ce soir à Radio-Canada. Contrairement au portrait présenté à partir de quelques cas spécifiques, les chiffres démontrent clairement que les propriétaires de forêts privées bénéficient d’une stabilité dans le prix reçu pour leur bois alors que l’industrie a subi de fortes variations et même des pertes pendant de longues périodes.

« C’est l’industrie qui a supporté et supporte la plus grande proportion des risques financiers des bas marchés et de leurs fluctuations. Ce sont eux qui ont assumé le risque et qui ont dû continuer à opérer, peu importe le prix, afin de ne pas perdre leurs employés et leurs clients », explique monsieur Jean-François Samray, président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

En effet, de 2002 à 2017, le prix de vente obtenu par les scieries a été constamment inférieur à la valeur qui prévalait au début des années 2000. De 2007 à 2013, ce prix a atteint des creux historiques de -40 % alors que le prix payé aux producteurs fléchissait d’à peine 10%. Contrairement aux autres cultures ou élevages où le producteur n’a pas d’autre choix que de vendre s’il n’obtient pas le prix recherché, le producteur de bois peut attendre une hausse des prix avant de mettre son bois en marché.

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Oui à une discussion
Sur la question de la révision des mécanismes de mise en marché, le CIFQ est ouvert à la discussion et considère qu’il est essentiel que ce dialogue se fasse sur la base d’un partage de risque entre les propriétaires et les industriels, ainsi que sur la création d’une plus grande valeur pour les consommateurs. Par ailleurs, la dernière année est une exception historique qui ne se reproduira probablement jamais. De revoir un système sur la base d’une exception peut être risqué.

« Nous sommes ouverts à discuter si les propriétaires de forêts privées qui souhaitent profiter de hausses supplémentaires s’engagent également à assumer les risques et acceptent de subir les pertes. Il existe d’ailleurs une Table réunissant le gouvernement, l’industrie et les propriétaires privés où un tel dialogue pourrait avoir lieu. Il faudra aussi tenir compte du fait que les réalités des scieries et des régions sont toutes différentes », a affirmé Jean-François Samray.

Distinction nécessaire
Le CIFQ regrette qu’Enquête parle d’une hausse de 300% des bénéfices sur les produits finis sans faire de distinction entre le marché du bois d’œuvre et celui du bois rond. Il s’agit de deux marchés complètement différents. En moyenne, chaque tronc génère 40 % de bois d’oeuvre et 60 % de coproduits qui serviront à la production de panneaux, de pâtes, de papier ou de carton ou encore d’énergie verte.

Rappelons en terminant que l’industrie forestière génère des retombées économiques de 19 milliards de dollars et offre des emplois bien rémunérés à plus 140 000 Québécoises et Québécois.  C’est une industrie verte qui génère des retombées dans plus de 900 municipalités, soit 70 % de toutes les municipalités du Québec. Et, l’embellie de la dernière année commence d’ailleurs déjà à se traduire par des réinvestissements. Les investissements des scieries du Québec ont augmenté d’environ 80 % par rapport à une année normale.