Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie
Forum Innovation Bois

Se démarquer en luttant contre les changements climatiques


24 novembre 2016
Par Guillaume Roy

D’ici 2030, Québec veut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 37,5%, dont le tiers proviendra de projets effectués par l’industrie forestière. Un effort colossal pour un secteur qui représente à peine 3% des émissions au Québec, mais aussi la planche de salut pour diversifier les marchés et redynamiser l’industrie. Reportage sur le Forum Innovation Bois.

Octobre 2022 – Fini l’utilisation du mazout lourd dans les communautés isolées dans le nord du Québec, car l’électricité est désormais produite avec des granules de bois. Sur les routes, les voitures ont aussi intégré la nanocellulose cristalline, une composante du bois, dans leur fabrication pour réduire leur poids et leur consommation en énergie. Quand vient le temps de faire le plein, 10% du carburant provient désormais de sources forestières. Le gouvernement a aussi intégré la performance environnementale  dans la prévision de projets de construction. Résultat : plusieurs nouvelles écoles sont désormais construites en bois.

Utopique ce scénario? C’est du moins le plan de match que ce sont fait les 300 leaders de l’industrie forestière lors du Forum innovation bois, le 31 octobre 2016, alors que les résultats des chantiers de travail menés dans les secteurs du sciage, de la bioénergie, des pâtes et papiers, de la construction bois et des panneaux ont été présentés. Chaque secteur devait dresser six enjeux majeurs en apportant des pistes de solutions. Si chaque secteur a ses particularités, des constats similaires ont été faits concernant les besoins d’accompagner financièrement les entreprises pour favoriser la transition vers une foresterie innovante. Le manque de main-d’œuvre et la mauvaise image de l’industrie étaient aussi deux sujets récurrents.

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Et c’est sous le signe de la lutte aux changements climatiques que l’industrie s’apprête à se réinventer, estime Stéphane Langevin, architecte et président du chantier sur la construction bois, qui parlait au nom des cinq présidents des chantiers lancés il y a six mois pour moderniser l’industrie forestière. « La forêt est un outil incontournable pour atteindre les objectifs (de réduction de GES) fixés par le gouvernement », a-t-il mentionné.

Un plan de travail modeste pour commencer
Pour soutenir l’industrie dans ses démarches, le gouvernement a investi 38 millions de dollars, répartis dans 40 actions différentes. « Le plan de travail innovation bois est la première phase des différentes interventions que l’on fera pour mener à l’adoption d’une stratégie de développement des produits forestiers en mars 2017 », a souligné Luc Blanchette, ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP).

Parmi les mesures les plus importantes, Québec lance donc le programme Innovation Bois, qui permettra de favoriser les démonstrations de produits innovants. Le gouvernement assouplit aussi les règles de fonctionnement du Fonds Valorisation Bois, pour augmenter les prêts octroyés pour moderniser les usines de sciage. Le ministre Blanchette a également annoncé des sommes supplémentaires pour la formation dans la construction bois, la promotion du secteur forestier, tout en s’engageant à adopter une politique québécoise pour favoriser l’utilisation de biocombustibles dans les bâtiments publics.

Québec a aussi confirmé une promesse électorale en investissant 450 millions de dollars sur deux ans pour les travaux sylvicoles. Finalement, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a mentionné que le gouvernement organisera un grand forum sur la main d’œuvre en février 2017.

Ces mesures sont bien accueillies par les intervenants du secteur forestier, mais plusieurs d’entre eux s’attendaient à plus. Le ministre assure toutefois que d’autres annonces suivront.

Tous les rapports sont disponibles sur le site du MFFP : http://mffp.gouv.qc.ca/les-forets/forum-innovation-bois/documentation.