Opérations Forestières

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Vers une première usine de biocharbon à Saint-Félicien


27 janvier 2022
Par Guillaume Roy. Initiative de journalisme local

Sujets

CharTech Solutions souhaite investir dans la construction d’une usine de biocharbon d’une valeur de 14 millions de dollars à Saint-Félicien. L’entreprise ontarienne deviendrait ainsi un partenaire d’affaires du Centre de valorisation de la biomasse (CVB) forestière et un bénéficiaire du réseau de chaleur qui sera mis en place par la ville de Saint-Félicien. La réalisation du projet est désormais tributaire du financement.

L’arrivée d’un partenaire d’affaires supplémentaire fait en sorte que tous les éléments sont désormais en place pour lancer le projet de Centre de valorisation de la biomasse, si le financement des différents projets est ficelé, explique Jean Simard, conseiller sectoriel, foresterie, industrie et bioéconomie, à la MRC du Domaine-du-Roy.

«C’est un nouveau modèle d’affaires qui mise sur l’économie circulaire», soutient pour sa part Dino Mili, gestionnaire à la Société de cogénération de Saint-Félicien, détenue par Greenleaf Power. «On souhaite créer des alternatives de diversification pour créer des revenus avec les copeaux, alors que l’industrie du papier décline.»

Le centre de valorisation de la biomasse est un projet piloté par l’usine de cogénération de Saint-Félicien, qui vise à valoriser 45 000 tonnes de résidus forestiers, dont des cimes d’arbres résineux et les feuillus mal-aimés, qui ne sont pas valorisés au sciage.

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Près du quart du volume représente des écorces qui seraient valorisées sous forme d’électricité. La balance, la fibre blanche, doit créer plus de valeur pour rendre les opérations rentables.

L’autre partie sera utilisée par CharTech Solutions pour produire du biocharbon et du gaz naturel renouvelable (GNR), explique Dino Mili. «CharTech Solutions souhaite produire 5000 tonnes de biocharbon et 200 000 gigajoules de GNR», dit-il, en ajoutant que cette usine représente un projet de démonstration de nouvelles technologies. C’est ainsi un premier projet qui découle des démarches effectuées par Biochar Boréalis, une vitrine technologique pilotée par la MRC du Domaine-du-Roy et Mashteuiatsh.

L’approvisionnement proviendra de biomasse forestière résiduelle, soit des cimes d’arbres résineux et des feuillus mal-aimés.

L’entreprise ontarienne sera aussi bénéficiaire du réseau de chaleur et de l’énergie à faible coût, qui sera développé par la ville de Saint-Félicien, qui a hérité de la chaleur résiduelle produite par l’usine de cogénération lors de sa construction, en 2000. Avec l’arrivée de ce nouveau client, la Ville dispose désormais d’un volume suffisant pour lancer le projet, lequel pourrait être financé par un programme de Transition énergétique Québec, à la hauteur de 73,3%.

Le CVB sera l’autre client du réseau de chaleur, qui lui permettra notamment de sécher la fibre. Le projet de CVB sera réalisé grâce à un partenariat entre la ville de Saint-Félicien, la MRC du Domaine-du-Roy et Greenleaf Power.

L’approvisionnement du CVB proviendra du permis de récolte aux fins d’approvisionner une usine de transformation de bois (PRAU) de la société de cogénération, sous forme de biomasse forestière résiduelle.

Tout est désormais en place pour que le projet se réalise 2022, si le financement des projets est bouclé. Selon Jean Simard, il faut compter sur un montant de 3,9 millions de dollars pour le réseau de chaleur, de 6 millions de dollars pour le CVB et de 14 millions de dollars pour l’usine de CharTech Solutions.

«On pédale très fort pour lancer la construction cette année», assure Dino Mili.

En route vers une vallée de la bioéconomie?
Dès que les projets prendront leur envol, ça ne sera que la première étape d’un vaste plan de développement en vue de la création d’un parc industriel misant sur la bioéconomie à Saint-Félicien. «Ça va être une base économique sur laquelle d’autres projets pourront se développer», souligne Dino Mili. D’une part, de la chaleur est toujours disponible pour des besoins industriels et davantage de biomasse pourrait être transformée au besoin.

«D’autres clients ont déjà démontré leur intérêt, notamment avec les extractibles forestiers, pour faire des produits pharmaceutiques ou des nettoyants industriels», ajoute pour sa part Jean Simard.