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Une usine pour optimiser ses sous-produits

Au lieu d’exporter ses sous-produits, le Groupe de scierie GDS sera en mesure de transformer elle-même ses résidus avec l’usine de granules de Lac-au-Saumon.


7 avril 2022
Par Guillaume Roy


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GDS a installé des cubeuses Andritz dans son usine de Lac-au-Saumon. toutes les photos: Groupe de scieries GDS

Jusqu’à tout récemment, le Groupe de scieries GDS devait parfois exporter ses copeaux de bois jusqu’en Turquie et en Chine, faute de preneur en sol québécois. « On n’était pas capable d’écouler nos copeaux et même si le marché n’était pas si intéressant que ça, ça nous permettait de continuer les opérations », remarque Sylvain Deschênes, le président du Groupe de scierie GDS, qui opère trois usines de sciage en Gaspésie et une usine de rabotage à Matane. 

Lors des périodes les plus creuses, GDS a exporté jusqu’à cinq bateaux de copeaux de 35 000 tonnes, un volume qui a diminué l’an dernier pour atteindre deux bateaux. Les opérations se faisaient en transigeant avec un grossiste. 

Sur le marché local, GDS écoule ses copeaux, lorsque possible auprès de White Birch à Rivière-du-Loup, de Twin Rivers au Nouveau-Brunswick, ou encore à Produits forestiers Résolu, à Baie-Comeau. 

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Mais c’est maintenant chose du passé, car l’usine de granules de Lac-au-Saumon est entrée en opération. « Cette usine va nous permettre de sécuriser notre groupe si une autre machine à papier ferme », ajoute ce dernier. 

Cette usine aura une capacité de production de 100 000 tonnes de granules par année et ce volume sera destiné à l’exportation, à partir du port de Belledune, au Nouvea-Brunswick, à des fins industrielles en Europe. 

Au départ, GDS ne pensait pas investir dans une usine de granules, car c’est un autre groupe d’entrepreneurs, derrière Pure Pellets, qui avaient initié un projet à Lac-au-Saumon. Cette dernière avait cessé ces activités notamment, car elle devait répondre à certaines exigences de la CNESST et obtenir une autorisation du ministère de l’Environnement.

GDS analyse différents scénarios en lien avec le marché des granules depuis plusieurs années, mais à la sortie de la crise, l’entreprise n’avait pas les reins assez solides pour faire un tel investissement. Avec le manque d’acheteur et la difficulté des entrepreneurs à concrétiser le projet de granules à Lac-au-Saumon, GDS a décidé de saisir l’occasion pour gérer elle-même ses sous-produits. 

« Ce n’était pas dans nos plans au départ de se lancer dans la production de granules, mais le timing était bon », note Sylvain Lefebvre. « Si on était parti de zéro, ce projet nous aurait coûté 35 à 40 millions de dollars, mais avec les équipements existants, on a pu faire le projet en investissant 18 millions de dollars », ajoute-t-il. Par exemple, la présence d’un bâtiment et de l’entrée électrique a grandement facilité la réalisation du projet. 

Pour concrétiser les opérations, GDS a investi dans les équipements de manutention et de stockage, de dépoussiérage et de soufflerie de Concept-Air, misant au passage sur leur expertise dans la construction d’usine de granule. Pour les cubeuses, GDS a misé sur des équipements fournis Andritz et elle a fait l’acquisition d’une chaudière à la biomasse de Wellons, pour sécher les écorces. Cette chaudière à écorce permet aussi de valoriser ce sous-produit qui s’accumulait par moment. 

De plus, c’est Automation d’Amour qui a réalisé la programmation et le contrôle, André Roy Électrique pour l’électricité et TR3E pour l’ingénierie. La construction a été faite par les entrepreneurs JMR, Construction Audace et Entreprise Lucien Michaud. 

« Au lieu d’envoyer nos copeaux en Turquie, on est maintenant en mesure de créer de la valeur chez nous », se réjouit Georges Deschênes, le vice-président, opérations et développement corporatif. Cet investissement permet aussi à GDS de sécuriser un prix stable pour ses sous-produits au lieu de devoir subir les aléas du marché, conclut ce dernier.