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Une première abatteuse Landrich au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les entrepreneurs sont impressionnés par ses performances


22 mars 2013
Par Myriam Gauthier

Sujets
L’abatteuse acquise par la famille Dionne, la Landrich LR-HV avec tête multifonctionnelle Ponsse H7 opérée par l’interface Ponsse Opti 4G, a été adaptée pour fonctionner avec un mât télescopique de Flèche d’abattage D.T. Courtoisie Abattage B.C.D.

L’entreprise familiale Abattage B.C.D du Saguenay-Lac-Saint-Jean économise temps et argent, en plus de gagner en efficacité. La raison de son enthousiasme : elle vient d’acquérir une nouvelle abatteuse forestière Landrich LR-HV avec tête multifonctionnelle Ponsse H7. L’entreprise économise 25 % des coûts de carburant hebdomadaires depuis son achat.

Les Dionne ont choisi en 2010 de remplacer leur abatteuse forestière vieille d’une dizaine d’années. « L’appareil fonctionnait encore bien, mais l’entretien et la réparation auraient coûté plus cher à long terme qu’acheter une nouvelle abatteuse », explique le président d’Abattage B.C.D., Éric Dionne.

Les dirigeants de l’entreprise souhaitaient ainsi réaliser des économies à long terme tout en baissant leurs coûts de production à court terme. L’économie de carburant demeure toutefois le nerf de la guerre, ajoute le vice-président de l’entreprise, Stéphane Dionne. « On tente de faire baisser le prix du bois au mètre cube de toutes les manières possibles », précise celui qui gère l’entreprise avec son cousin, tous deux rencontrés dans leurs bureaux administratifs de Saint-Honoré, près de Chicoutimi.

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L’équipe de huit personnes d’Abattage B.C.D. travaille dans le nord du Lac-Saint-Jean, à 170 kilomètres de Dolbeau-Mistassini, où elle coupe, ébranche et tronçonne le bois. Depuis sa création en 1991, l’entreprise approvisionne en billot d’épinette noire la papetière d’AbitibiBowater de Girardville, située à une trentaine de minutes en voiture de Dolbeau-Mistassini.

Un choix réfléchi
L’équipe d’Abattage B.C.D. réfléchissait depuis un moment à remplacer son abatteuse et avait commencé à s’intéresser aux différents produits offerts sur le marché. Éric Dionne s’est rendu en 2010 au Atlantic Heavy Equipment Show à Moncton, pendant lequel l’abatteuse Landrich, en démonstration pour la première fois, a attiré son attention.

Il a apprécié les performances de la machine de la compagnie néo-brunswickoise AL Fabrication, qui procédait au lancement de son produit.

« Pendant les deux jours d’exposition, j’ai parlé avec l’ingénieur en chef de la compagnie pour en savoir plus sur les fonctions de l’appareil, explique Éric Dionne. Il était aussi important pour nous de prendre connaissance de la vision de AL Fabrication et de sa santé financière. »

L’entrepreneur a été séduit par la conception d’ensemble de l’abatteuse sur chenilles. La conception des pièces, du système hydraulique et de l’interface électronique a été faite par l’ingénieur en chef de AL Fabrication, Yves-Michel Thibeault, pour optimiser le travail forestier avec une tête de mât multifonctionnelle. « La Landrich n’est pas le résultat d’un collage de pièces disparate de différentes compagnies, détaille-t-il. Chaque pièce est unique et a été fabriquée dans une vision d’ensemble qui vise à maximiser la productivité de l’abatteuse. »

Éric Dionne a aussi été surpris de constater que la Landrich présentait les améliorations mécaniques et conceptuelles qu’il recherchait pour sa prochaine abatteuse. « Plusieurs abatteuses répondaient à nos critères, mais la Landrich, qui est à la fine pointe de la technologie, nous offrait plus que ce que nous recherchions », commente-t-il.

Lors de la conception de l’appareil, AL Fabrication a mené plusieurs consultations pour répondre directement aux besoins des travailleurs forestiers. Ceci explique, selon M. Thibeault, l’accueil positif que connaît la Landrich dans le milieu jusqu’à maintenant.

Adaptation du mât
Abattage B.C.D. acquiert ainsi la quatrième abatteuse Landrich construite par AL Fabrication à l’hiver 2011. Il s’agit de la troisième machine achetée au Québec, la première ayant été vendue en Gaspésie. Avant la livraison de l’engin, la compagnie d’abattage a cependant conclu une entente de modification du mât de la machine pour mieux répondre à ses besoins.

L’abatteuse Landrich est conçue à la base avec un mât articulé à deux cylindres au bout duquel est fixée la tête multifonctionnelle. Abattage B.C.D. préfère toutefois travailler avec un mât télescopique. « Toutes nos machines fonctionnent avec un mât télescopique de Flèche d’abattage D.T depuis 1994, explique le vice-président Stéphane Dionne. Ce genre de mât coûte plus cher, mais est plus facile à manœuvrer et est plus économe en carburant, parce qu’un seul ajustement doit être effectué au lieu de deux. »

Ce genre de mât est habituellement posé sur de la machinerie forestière sur roues, alors que la Landrich est une abatteuse sur chenille. AL Landry a d’abord réalisé une étude d’ingénierie pour adapter la force structurelle et la flexibilité du mât à la Landrich et ainsi permettre une absorption des chocs moins domma-geable sur la machinerie.

Les deux entrepreneurs ont ensuite travaillé avec le distributeur québécois de la marque Ponsse, Hydromec, localisé à Dolbeau-Mistassini, aussi spécialisé en conception et adaptation d’équipement. Hydromec a fabriqué la colonne dessinée par AL Fabrication permettant de supporter le mât télescopique sur la Landrich.

« Yves-Michel Thibeault est venu à plusieurs reprises dans la région pour travailler avec nous à l’adaptation du mât, en plus de se déplacer lors de la livraison de l’abatteuse, souligne le superviseur du service à la clientèle d’Hydromec, David Couture. C’est très rare de voir un ingénieur en chef être aussi proche de l’utilisateur. »

Sauver temps et argent
Une fois la Landrich livrée et montée sur le site de coupe d’Abattage B.C.D., elle a pu être mise à l’épreuve sur le terrain en février. « On voulait la voir travailler dans les conditions les plus difficiles pour être sûrs qu’elle répondait à nos besoins, précise le président Éric Dionne. Les performances de la Landrich et sa technologie ont été au-delà de nos espérances. On avait un certain stress, puisqu’on n’avait pas pu l’essayer en forêt avant l’achat, mais tout s’est bien passé. »

Éric et Stéphane Dionne ont été étonnés par la rapidité de travail de la tête multifonctionnelle qui abat les arbres, les façonne et les coupe selon la longueur voulue. Une pompe hydraulique uniquement dédiée au fonctionnement de la tête multifonctionnelle Ponsse H7 favorise la fluidité des mouvements de la Landrich. L’interface informatique Ponsse Opti 4G, la « plus avancée au monde », affirme l’ingénieur Yves-Michel Thibeault, exploite au maximum les caractéristiques de la tête multifonctionnelle.

Les travailleurs apprécient aussi l’ergonomie et la grande visibilité périphérique de la cabine de l’abatteuse. « Ça nous permet de mieux planifier notre travail en forêt, explique Stéphane Dionne. Je vois à l’avance les arbres devant l’abatteuse, et je peux alors cibler les essences et la grosseur des arbres à couper. On perd moins de temps, car on n’a pas à faire pivoter constamment la machine, ce qui sauve aussi du carburant. »

En terme de carburant, l’abatteuse Landrich consomme entre 18 et 21 litres de carburant par heure d’exploitation, selon l’expérience terrain des Dionne. Leur ancienne abatteuse forestière consommait près de 27 litres d’essence à l’heure. L’entreprise économise près de 25 pour cent par semaine en carburant depuis l’acquisition de la Landrich.

La Landrich est ainsi l’abatteuse avec tête multifonctionnelle la plus économe d’essence et la plus productive sur le marché, selon l’ingénieur Yves-Michel Thibeault. « Les autres abatteuses qui sont les plus proches de la consommation de diesel de la Landrich consomment environ 25 litres par heure », précise-t-il.

La famille Dionne se dit assurée de faire des économies à long terme.

« Nous savons que nous économisons sur les dépenses en carburant et nous sommes assez sûrs que nous économiserons sur les coûts d’entretien », estime Éric Dionne. Les composantes surdimensionnées de la Landrich offrent une plus grande durabilité des pièces, en répartissant l’absorption des chocs.

Selon les informations du fabricant, les premiers modèles de l’abatteuse qui ont été vendus au pays n’ont pas nécessité de réparations majeures depuis leur vente. AL Fabrication, qui en est à la construction de la dixième Landrich, a pour objectif d’en vendre une douzaine en 2012, sept de plus qu’en 2010. L’entreprise dit aussi se pencher sur un éventuel projet de conception d’une autre machine forestière.

Une autre abatteuse Landrich se trouvera bientôt au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La compagnie Entr. For. Lemieux et Girard, de Labrecque, au nord-est d’Alma, a récemment signé un contrat d’achat.

Jusqu’à maintenant, la famille Dionne est satisfaite de son investissement. « On veut garder la même philosophie que nos pères ont eue quand ils ont démarré l’entreprise », souligne Éric Dionne. L’entreprise a été une des premières à acquérir un combiné abatteuse-transporteuse en 1991. « Ils avaient vu que cette nouvelle technologie à l’époque se répandrait et ils tenaient à être tenir l’entreprise à l’avant-garde », conclut-il.