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Une nouvelle ligne de sciage plus performante

L’ajout d’une ligne de sciage vient compléter la ronde d’investissement de 10 millions de dollars de la scierie Martel entamée il y a quelques années.

16 mai, 2024  par Guillaume Roy


La scierie Martel transforme plus de 80 000 mètres cubes de bois par année, avec une garantie d’approvisionnement de 60 600 mètres cubes et l’achat de lots aux enchères.

La touche finale est mise pour la modernisation de la scierie Martel, alors qu’une nouvelle ligne de sciage Inotech est en place depuis l’été 2023. « On voulait aller plus vite tout en maximisant le rendement matière », soutient Raynald Martel, le président du Groupe Martel. « Avec la nouvelle ligne, on fait moins de copeaux et plus de produits finis ».

Après quelques mois en fonction, les chiffres continuent de s’améliorer. « On atteint les résultats espérés, tel que budgété », ajoute ce dernier. Avec un mètre cube de bois, la scierie produit maintenant 260 pieds de bois comparativement à 200 pieds auparavant.

La scierie Martel a investi plus de cinq millions de dollars dans cette nouvelle ligne de sciage, conçue par Inotech, qui a travaillé avec Autolog (Carbotech) pour le système d’optimisation.

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« C’est une ligne avec quatre têtes de canter avec un système de centrage de la bille qui permet d’offrir un fini inégalé », commente Michael Dufour, directeur des ventes pour Inotech. Peu importe les demandes du client, Inotech est en mesure de créer des solutions sur mesure pour répondre aux différents besoins, dit-il. « Si ça n’existe pas, on est prêt à l’inventer », ajoute Michael Dufour.

Rembourser les investissements
Avec les prix du bois d’œuvre au plancher, il est difficile de rembourser les investissements faits comme prévu initialement. « Le prix est tellement à terre, que l’on garde beaucoup d’inventaires de bois, pour le vendre plus tard, quand les prix seront meilleurs », lance Raynald Martel. Pour certaines dimensions de bois, le prix est moins pire, mais pour le 2 x 3 et le 2 x 4, ça ne vaut pas la peine de le vendre à perte, dit-il.

Le scieur d’expérience ne s’en fait pas outre mesure, car avec l’expérience acquise au fil des décennies, il sait que les prix se raffermiront. « Le prix du bois a toujours été en montagnes russes », lance le directeur de la scierie, avec sagesse. « Je ne sais pas quand ça va arriver, mais les prix vont remonter ». 

Développer des créneaux pour créer de la valeur
La scierie Martel a été créée en 1954 et au fil du temps, l’entreprise familiale a évolué pour développer différents créneaux. 

« La création de valeur ajoutée, ça ne date pas d’hier au Groupe Martel, parce que ça fait partie de notre ADN», souligne Raynald Martel. C’est dans les années 1980 que la scierie Martel a commencé à miser sur la valeur ajoutée en faisant l’acquisition d’une usine de poutrelles de plancher et de fermes de toit à Saint-Cœur-de-Marie. «Ça nous a permis de créer de la valeur avec notre bois», précise-t-il, en ajoutant que la production de Structures Martel a été déménagée à Alma dix ans plus tard.

Au fil du temps, le Groupe Martel s’est aussi diversifié dans la vente au détail en faisant l’acquisition d’un magasin BMR et d’un Potvin et Bouchard à Alma. «Ça nous a permis de vendre nos propres produits», ajoute Raynald Martel.

«On prend la bille de bois en forêt, on la transforme à l’usine de sciage, puis en structure de bois jusqu’à la vente au détail, résume Pierre-Luc Martel, directeur général du Groupe. C’est un bel exemple d’intégration.» 

La diversification ne veut pas dire que la scierie est plus rentable en soit. « Je fournis mes filiales, mais elles doivent payer le prix marché, parce que je ne peux pas les pénaliser », remarque Raynald Martel. Toutefois, quand la scierie fait moins de bénéfices, les filiales en font parfois plus. La diversification aide ainsi le groupe à rester plus solide financièrement.

La demande des produits de Structures Martel est d’ailleurs en forte croissance. Au cours des deux dernières années, Structure Martel a connu une croissance de plus de 30% dans les ventes de murs préfabriqués et l’entreprise mise sur la croissance pour continuer à donner plus de valeur ajoutée à chaque pièce de bois qu’elle produit.

« On livre des kits de maisons qui s’assemblent comme des LEGOS, note Raynald Martel. Pour répondre à la pénurie de logements, on est en mesure de produire encore plus ».

À son rythme

La nouvelle ligne de sciage a permis d’améliorer grandement la performance de l’usine, estime Raynald Martel, président du Groupe Martel.

La structure économique de l’entreprise faite en sorte que la scierie produit à son rythme. « On arrête tous les hivers pour au moins deux mois », note Raynald Martel. Malgré cet arrêt, la scierie est en mesure de scier bien plus que sa garantie d’approvisionnement de 60 600 mètres cubes, car elle achète aussi des lots mis aux enchères par le Bureau de mise en marché des bois pour un total de plus de 80 000 mètres cubes. « On pourrait transformer plus en lançant un chiffre de nuit », évoque le président, qui a décidé d’investir dans le sciage. Le séchage et le rabotage sont effectués par des sous-traitants et des partenaires d’affaires, soit la scierie Lac-Saint-Jean, la scierie Girard, BDF Industriel et Boismax.

Depuis 2018, ce sont plus de 10 millions de dollars qui ont été investis dans la scierie. En tout et partout, Investissement Québec a accordé des prêts de 5,8 millions de dollars pour ces projets. 

En 2020, un optimiseur au sciage, d’un classeur et d’une empileuse automatisée. Avec l’ajout d’une nouvelle ligne de sciage à l’été 2023, la scierie est maintenant bien positionnée pour plusieurs années, note Raynald Martel, conscient que des baisses de possibilité forestière sont à prévoir avec la protection du caribou forestier et l’ajout d’aires protégées.

« Il y a toujours eu des défis, mais j’entrevois un bel avenir pour la scierie et tout le groupe », conclut-il.  


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