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Une motivation pour la relève familiale

Pour certains entrepreneurs, le système d’enchères apparu avec le nouveau régime forestier a créé d’excellentes opportunités de développement.


11 juin 2014
Par Guillaume Roy


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Réjean Girard et ses fils ont la chance d’admirer leur nouveau Elephant King lors d’une cérémonie à l’usine de Ponsse en Finlande.

Pour certains entrepreneurs, le système d’enchères apparu avec le nouveau régime forestier a créé d’excellentes opportunités de développement. En plus d’aider Réjean Girard à revenir bûcher dans sa région natale, les enchères lui ont permis de sécuriser son approvisionnement de bois, ce qui a justifié l’achat de nouvelles machines plus performantes.

« Le système de mise aux enchères nous a forcés à devenir plus efficaces. La gestion doit être plus serrée et le bois ne reste pas au sol longtemps », explique Réjean Girard, copropriétaire de l’Entreprise Forestière Lemieux et Girard. Sur le terrain, une gestion plus rigoureuse fait en sorte que chaque mètre cube est comptabilisé. Ainsi, plus d’argent arrive dans les poches des entrepreneurs.

Plus d’argent c’est bien, mais travailler près de la maison, ça n’a pas de prix! Réjean Girard a travaillé 16 ans pour Boisaco sur la Côte-Nord avant d’avoir l’opportunité de revenir bûcher au Lac-Saint-Jean. À l’été 2012, il a amené une première machine au Lac pour faire un essai avec Le Groupe Val. « J’aime bûcher pour cette compagnie. Nous travaillons à une échelle plus humaine sur de plus petites superficies. Avant, je pouvais couper 150 000 m3 dans un même secteur, et aujourd’hui, on coupe entre 25 000 et 40 000 m3 dans un seul secteur », lance Girard qui a finalement transféré ses quatre machines pour travailler avec Le Groupe Val en 2013.

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Natif de Saint-Nazaire, M. Girard estime que la vie est plus facile quand on travaille près de la maison. « C’est bon pour la famille et c’est aussi plus facile pour travailler avec nos mécaniciens », dit-il. C’est aussi une façon de motiver ses trois fils à prendre la relève de l’entreprise familiale. Christopher, 24 ans, et Andy, 23 ans, travaillent déjà pour l’entreprise depuis quelques années, alors que Brian, 17 ans, a commencé à travailler sur le porteur l’été dernier. « On ne trouve plus d’opérateurs ces dernières années. C’est notre plus grand défi en tant qu’entrepreneur », estime M. Girard. Pour remédier à la situation, il forme sa propre relève.

Équipé de deux porteurs Ponsse, un Elephant et un Buffalo King, Réjean Girard visait à remplacer le Buffalo King au printemps 2014, un porteur de 18 tonnes, qui avait plus de 20 000 heures d’opération. C’était avant que Jean Trottier, président d’Hydromec, l’appelle le 14 avril 2013. « Ponsse m’avait contacté pour organiser un événement conjoint. L’entreprise voulait annoncer sa 9000e vente et lancer l’abatteuse Scorpion au même moment », rappelle Trottier, qui avait jusqu’à la fin de la journée pour vendre une machine!

Jean Trottier connaissait le meilleur client pour profiter de cette visibilité. « Professionnel et compétent, Réjean Girard était définitivement le meilleur ambassadeur pour ce type d’événement », ajoute-t-il. Ça lui a pris cinq minutes pour convaincre M. Girard et Jean Trottier a réalisé sa vente la plus rapide en carrière. Dix minutes après l’appel de Ponsse, il les a rappelés pour leur faire savoir que l’événement aurait lieu!

Le 10 octobre, Réjean Girard et deux de ses fils ont mis le cap vers la Finlande, pays où sont fabriquées les machines Ponsse. C’est lors de la cérémonie organisée pour la 9000e vente de l’entreprise qu’on lui a remis les clés de sa nouvelle acquisition : le porteur Ponsse Elephant King. « Les machines Ponsse sont durables et faciles à opérer », note M. Girard qui voulait améliorer sa capacité de production. Comme il travaille généralement dans des forêts mixtes, où il récolte du bouleau, du peuplier faux tremble, du pin gris, de l’épinette noire et un peu d’érable, il désirait un porteur plus gros et plus puissant, efficace dans des conditions de terrain difficile.

« Pour chaque mètre cube de bois, on a moins d’argent qu’il y a 20 ans. Avec le prix de l’essence qui augmente, on n’a pas d’autres choix que d’être plus efficace et productif », commente Réjean Girard. Une des clés pour rester compétitif est de faire en sorte que les machines fonctionnent en tout temps. L’entretien fait partie de l’équation, mais parfois, l’achat d’une nouvelle machine est plus rentable, même s’il faut contracter un prêt.

Habitué à travailler dans les conditions montagneuses de la Côte-Nord, Réjean Girard est content de bûcher sur des terrains plus plats. « Pour le même argent, c’est plus facile pour la machinerie », commente-t-il. De plus, travailler pour Le Groupe Val est un charme. « Ils nous font amplement de chemins pour nous faciliter le travail. On n’est jamais à plus de 1500 pieds d’un chemin ».

Le Groupe Val a remporté sept enchères lancées par le Bureau de mise en marché des bois en 2013, pour un total de 187 940 m3. Au total, l’entreprise, qui récolte aussi du bois pour d’autres entreprises, embauche quatre équipes travaillant avec une abatteuse multifonctionnelle et une équipe de bois long.

L’équipe de dix employés de Réjean Girard récoltera près de 130 000 m3 en cette année.

La récolte quotidienne de l’Entreprise forestière Lemieux et Girard varie entre 1600 et 2000 m3 dans les forêts de résineux.

Selon les espèces et le diamètre des arbres, le bois prend la direction d’Arbec, de la Scierie Thomas Louis Tremblay, Produits forestiers Résolu ou la Scierie Lac-Saint-Jean. Comme chaque usine a des besoins spécifiques, le bois doit être coupé à des longueurs spécifiques pour faciliter son traitement. Par exemple, le peuplier faux tremble doit être coupé en longueur de 15,5 pieds, le bouleau blanc à 16 pieds et le pin gris en longueur de 9 ou 16 pieds. « Avec autant d’espèces et de longueurs diffé-rentes, certains porteurs ne travaillent pas assez vite. Comme je ne veux pas arrêter de bûcher parce qu’il y a trop de bois au sol, j’ai acheté un nouveau porteur qui a une plus grande capacité », note M. Girard, qui a remplacé un porteur de 18 tonnes pour un porteur de 20 tonnes.

Le business va bien pour cet entrepreneur enthousiaste, qui croit que de belles années s’en viennent pour l’industrie fo-restière. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Il y a quatre ans, à l’époque où il ne possédait qu’une abatteuse, l’entrepreneur avec qui il travaillait, qui possédait le porteur, a fait faillite.

« Tout à coup, je ne pouvais plus bûcher », dit M. Girard. Il a fait le tour des fournisseurs pour voir ce qu’il pouvait se permettre d’acheter pour terminer la saison. Et c’est avec Hydromec qu’il a trouvé une solution. « Hydromec est spécialisé dans les équipements forestiers. Ils gagnent leur vie avec les entrepreneurs forestiers. Ce qui fait qu’ils nous traitent bien », « Pour nous, une vente, ce n’est pas une finalité. C’est le début d’une longue aventure. Si notre client ne fait pas d’argent, on n’aura jamais de succès », souligne pour sa part Jean Trottier, d’Hydromec.

Réjean Girard abonde dans le même sens. « Je n’ai jamais eu un aussi bon service. Si j’ai du succès aujourd’hui, c’est en partie grâce à eux ».

Premier Scorpion vendu au Canada
La nouvelle abatteuse Scorpion de Ponsse, présentée à Elmia Wood en Suède, dépasse toutes les attentes, selon Jean Trottier. « Avec une meilleure performance et un plus grand confort, cette abatteuse à huit roues est plus stable et elle est adaptée pour les terrains difficiles que l’on retrouve au Québec », dit-il. Bertrand Tremblay, propriétaire de Forestier Marcel Trembaly et fils, basé à St-Eugène-d’Argentenay, a fait l’achat du premier Scorpion au Canada. Il recevra sa machine à l’automne 2014.

Hydromec est une entreprise familiale spécialisée en équipement forestier qui a vu le jour en 1975 à Dolbeau-Mistassini. Avec une succursale à Chicoutimi, l’entreprise, qui emploie aujourd’hui 40 personnes, est le détaillant exclusif au Québec de Landrish, Sennebogen et Ponsse.

 


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