Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
Une belle démonstration


22 août 2019
Par Le Quotidien

Les temps changent. Pour quelqu’un qui étudie les questions environnementales depuis plus de 40 ans, c’est l’évidence. Dans les années 1970, l’environnement était loin des préoccupations des citoyens et encore plus de celles de l’industrie. Il a fallu attendre 1980 pour que le Québec se dote d’un vrai ministère de l’Environnement. À l’époque, la majorité des entreprises rejetaient leurs déchets dans l’air et dans l’eau sans traitement et on trouve encore des sols contaminés par des années d’occupation industrielle. Bref, comme l’avait écrit Jean-Pierre Rogel, dans un livre publié chez Québec Science, éditeur en 1981, le Québec était un véritable paradis de la pollution.

À l’époque, l’industrie forestière ne laissait pas sa place. Au palmarès des pratiques courantes, on comptait le flottage du bois, le creusage des rivières, les rejets toxiques et les dépotoirs à écorces. La ressource était considérée comme infinie et l’efficacité était une vertu ignorée. Telle était la situation il y a quarante ans. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Au début d’août, j’ai eu l’occasion de participer à une visite de terrain avec des acheteurs américains de produits forestiers québécois. Ils souhaitaient obtenir des réponses devant les affirmations de groupes écologistes qui accusent les forestiers québécois de gaspiller les ressources et de pratiquer la déforestation. Bien que je sois un observateur critique, j’ai eu de belles surprises.

La première partie de la journée nous a amenés sur le terrain pour observer, en raccourci, le cycle de vie d’une forêt boréale. Débutant par une forêt de première venue, issue d’un feu au début du siècle dernier, nous avons pu voir en succession le territoire résultant d’une coupe de l’année, des plantations de différents âges et des forêts régénérées après des coupes de 15 à 70 ans. Les visiteurs américains étaient médusés. Ni destruction biologique ni perte de biodiversité, des lacs et ruisseaux protégés adéquatement, des zones de refuge pour les animaux. Bref, aujourd’hui, on sait prélever la biomasse ligneuse en forêt boréale sans remettre en cause sa pérennité. Hormis la présence de souches et l’absence de bois mort, la forêt de seconde venue était comparable à la forêt ancienne.

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