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Un travailleur de Bernier Bois Franc perd la vie au travail

Entre 2010 et 2014, au Québec, 32 travailleurs sont décédés après avoir été coincés ou frappés par de l'équipement ou des objets


1 octobre 2015
Par Gouvernement du Québec

Le 20 avril 2015, M. Stéphane Brousseau, un travailleur de l’entreprise Bernier Bois Franc inc., est mortellement entraîné et coincé sous un billot de bois alors qu’il procède au déblocage dudit billot sur le convoyeur d’alimentation de l’écorceur. Parmi les causes à l’origine de l’accident, la CSST identifie un libre accès à une zone dangereuse devant l’entrée de l’écorceur lors de son fonctionnement.

La CSST rend aujourd’hui publiques les conclusions de son enquête et rappelle à tous les employeurs leur obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. Rappelons qu’entre 2010 et 2014, au Québec, 32 travailleurs sont décédés après avoir été coincés ou frappés par de l’équipement ou des objets.

Le travailleur est entraîné et coincé sous le billot de bois

Advertisment

Le jour de l’accident, le travailleur occupe son poste d’opérateur de l’écorceur lorsque le blocage d’un billot de souche sur le convoyeur se produit. Afin de débloquer le billot, d’une masse d’environ 852 kg, l’opérateur monte sur la structure du convoyeur en marche. Il insère la pointe d’un tourne-bille entre l’extrémité du billot bloqué et une composante de la chaîne du convoyeur. La chaîne en mouvement fait pivoter le tourne-bille, provoquant une perte d’équilibre de l’opérateur. Ce dernier se retrouve sur le dos entre la chaîne du convoyeur alimentant l’écorceur et le tourne-bille, pour ensuite être entraîné sous le billot. Un mécanicien trouve l’opérateur coincé sous le billot, alors que le convoyeur est toujours en marche.

Mieux identifier les dangers

L’enquête de la CSST a permis de retenir deux causes pour expliquer l’accident. D’abord, le travailleur a libre accès à une zone dangereuse devant l’entrée de l’écorceur lors de son fonctionnement. Puis, la méthode de déblocage utilisée, à l’aide d’un tourne-bille et sans arrêter le convoyeur, est dangereuse, car elle expose le travailleur à un risque d’entraînement et de coincement.

La CSST exige des méthodes de travail sécuritaires

À la suite de l’accident, la CSST a interdit à l’employeur l’utilisation de l’écorceur et de ses composants jusqu’à ce que l’installation d’un dispositif de protection permette le contrôle des accès à la zone dangereuse et qu’une méthode de travail sécuritaire soit mise en place. L’employeur s’est conformé aux exigences de la CSST.

La CSST considère que l’entreprise Bernier Bois Franc inc. a compromis directement et sérieusement la santé, la sécurité et l’intégrité physique d’un travailleur. En conséquence, un constat d’infraction lui a été délivré. Pour ce type d’infractions, le montant de l’amende varie de 16 124 $ à 64 495 $ pour une première offense et de 32 248 $ à 161 240 $ en cas de récidive.

Mesures de prévention

La CSST informera l’Association de la santé et de la sécurité des pâtes et papiers et des industries de la forêt du Québec des conclusions de son enquête, afin qu’elle sensibilise ses membres à l’égard des dangers liés aux opérations de déblocage dans les écorceurs ou les convoyeurs d’alimentation.

Dans le cadre de son partenariat visant l’intégration de la santé et de la sécurité au travail dans la formation professionnelle et technique, le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche diffusera, à titre informatif et à des fins pédagogiques, le rapport d’enquête dans les établissements de formation qui offrent le programme d’études en sciage.

Les accidents du travail, ça blesse plus de monde qu’on pense!

Chaque jour au Québec, 225 personnes se blessent en travaillant… et c’est sans compter tous les autres qui sont aussi blessés par ces accidents. Conjoints, enfants, parents, amis, collègues, patrons : tout le monde en souffre! Les accidents du travail et les maladies professionnelles peuvent être évités par une gestion permanente de la santé et de la sécurité.

L’employeur et les travailleurs doivent faire équipe et participer à l’identification des dangers, à leur élimination et à leur contrôle. Parce que le Québec a besoin de tous ses travailleurs.