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Surveillez votre vitesse

Au Québec et en Ontario, la vitesse des camions doit maintenant être limitée mécaniquement.


9 avril 2013
Par James Menzies

Sujets
Il est maintenant illégal pour tout camion poids lourd construit depuis 1995 (lorsque les régulateurs de vitesse électroniques sont devenus un équipement standard) de ne pas avoir réglé ce limiteur à une vitesse maximale de 105 km/h.

Avec la nouvelle année sont apparus de nouveaux règlements affectant l’industrie du camionnage. En 2009, il devient obligatoire en Ontario et au Québec, d’installer des limiteurs de vitesse. Depuis le premier janvier, il est illégal pour tout camion poids lourd construit depuis 1995 (lorsque les régulateurs de vitesse électroniques sont devenus un équipement standard) de ne pas avoir réglé ce limiteur à une vitesse maximale de 105 km/h.

Peu importe l’origine de la plaque du camion, si vous voulez faire des affaires au Québec ou en Ontario, vous devez avoir le limiteur de vitesse ajusté à 105, sans quoi vous risquez une amende. C’est un règlement controversé, spécialement par les camionneurs / propriétaires indépendants qui, à juste titre, croient pouvoir gérer leur vitesse convenablement.

Peu importe, les lois sont en vigueur et les ministres des Transports des deux provinces appliquent maintenant ce qu’ils appellent une période « d’éducation coercitive » qui se terminera à la fin du mois de juin. Après cela, des amendes de 250 $ en Ontario et de 350 $ au Québec seront imposées aux conducteurs qui seront pris sans les ajustements appropriés au limiteur de vitesse.

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Apparemment, les agents en charge du contrôle sont équipés d’outils leur permettant de déterminer si un véhicule est en règle ou non en s’infiltrant dans le module de contrôle électronique du moteur. Mais cela soulève bien des questions concernant la protection de la vie privée et la propriété des données électroniques captées dans l’ordinateur du moteur.

Joanne Ritchie directrice exécutive du regroupement Owner-Operators’ Business Association of Canada (OBAC), a mis en doute la légalité de s’infiltrer dans cette banque d’information. « Nous sommes particulièrement préoccupés par l’accès aux données historiques de propriété et aux données de voyage emmagasinées dans une section non protégée de la mémoire du module de contrôle électronique du moteur.

« Ces informations additionnelles à celles de l’ajustement du limiteur de vitesse deviendront accessibles aux agents au cours des vérifications, a affirmé Joanne Ritchie dans une lettre adressée aux ministres des Transports de l’Ontario et du Québec. Nous nous opposons vigoureusement à ce que les inspecteurs du ministère aient accès à ces informations et, possiblement, la téléchargent à leur propre fin. Nous affirmons que les données contenues dans le module de contrôle du moteur sont en fait la propriété du propriétaire du véhicule, et ne devraient être disponibles à personne d’autre, incluant les ministères, sans permission ou sans justification. »

Il s’agit là d’un argument intéressant qui semble avoir été rejeté par les ministères concernés. Joanne Ritchie va plus loin en disant qu’il est possible, bien que peu probable, que le module de contrôle électronique puisse être endommagé si un inspecteur maladroit essayait de se brancher au mauvais endroit et s’il commettait une erreur en essayant de télécharger les données. Elle suggère aux camionneurs indépendants de ne pas fournir d’aide aux inspecteurs lorsqu’ils tentent de se brancher à leur moteur. Elle affirme même que les ministères des Transports devraient être tenus respons-ables pour tout dommage encouru lors de l’opération.

Ailleurs
Les choses peuvent encore s’envenimer. La façon la plus facile de se faire arrêter pour non-conformité, est de conduire à une vitesse supérieure à 105 km/h, dans quel cas, vous pourriez vous retrouver avec une contravention pour excès de vitesse et une contravention supplémentaire pour ne pas avoir réglé votre limiteur de vitesse. Si vous êtes un opposant à cette loi, madame Ritchie peut être une alliée. Vous pouvez la joindre via le site web de son association au www.obac.ca.

En Nouvelle-Écosse, à la grande joie des camionneurs, il ne semble pas y avoir d’intérêt pour une législation similaire. Dans une entrevue au Halifax Chronicle Herald, un porte-parole du ministère des Transports a affirmé que la province n’avait pas l’intention de limiter mécaniquement la vitesse des camions. On observe une position similaire en Alberta.

« Je sais qu’il y a des raisons économiques et environnementales portant à considérer comme obligatoires les limiteurs de vitesse, mais je sais également que ce serait très difficile à mettre en application. », a expliqué le printemps dernier Luke Ouellette, le ministre des Transports de l’Alberta, au cours de la réunion annuelle de l’ Alberta Motor Transport Association.

Pour leur part, les transporteurs forestiers de l’intérieur de la Colombie-Britannique ont été surpris d’apprendre que des agents forestiers provinciaux étaient maintenant équipés de pistolets radars et avaient l’autorité pour émettre des contraventions. Le ministre des Forêts Pat Bell annonçait en janvier dernier que la province avait fait l’acquisition de six nouveaux pistolets radars et qu’il les mettait entre bonnes mains.

« Au départ, le but premier (du programme) est d’améliorer les pratiques de conformité et de conduite sécuritaire par la voie de l’éducation et de la sensibilisation, a affirmé M. Bell. Mais ne vous méprenez pas, les officiers ont pleins pouvoirs pour donner des contraventions et les récidivistes chroniques pourraient être sujets à des amendes atteignant un million de dollars pour excès de vitesse et conduite dangereuse sur une route forestière de service. »

Les derniers camions Sterling
Au chapitre des équipementiers, une autre marque bien connue a été victime de ces temps difficiles. La compagnie Daimler Trucks North America (DTNA) a annoncé qu’elle retirait du marché la marque Sterling Trucks. Cette annonce a eu l’effet d’un choc puisque Sterling offrait la gamme de camions la plus vaste de l’industrie, desservant tous les segments avec des formats de véhicules commerciaux de la classe 3 à 8.

Les camions Sterling n’étaient pas aussi tape-à-l’œil que ceux produits par la compagnie-sœur Western Star, mais il s’agissait de camions fonctionnels qui avaient leur place dans le marché. Malheureusement, Daimler a cru qu’elle pouvait abandonner la marque Sterling, en la remplaçant par les modèles existants de Freightliner et Western Star. Les concessionnaires Sterling écouleront l’inventaire existant et assureront le service pour la durée de vie des camions, a promis la compagnie Daimler.

Avec le retrait de Caterpillar du marché des moteurs « sur-routes » et maintenant celui de Sterling, il devient évident que le déclin économique va changer à tout jamais le monde du camionnage en Amérique du Nord.    


James Menzies est rédacteur pour la revue Truck West.