Chargeuse productive, consommation minimale

Guillaume Roy
Vendredi, 10 Avril 2015
Écrit par
Quatre jeunes dans la trentaine opèrent Les Entreprises Alain Maltais. De gauche à droite, Dave Jobin, Martin Tremblay, Julie Laberge, Sylvain Maltais et le fondateur de l’entreprise en 1986, Alain Maltais.
Quatre jeunes dans la trentaine opèrent Les Entreprises Alain Maltais. De gauche à droite, Dave Jobin, Martin Tremblay, Julie Laberge, Sylvain Maltais et le fondateur de l’entreprise en 1986, Alain Maltais.

En faisant l’achat d’une nouvelle chargeuse forestière, Les Entreprises Alain Maltais ont réalisé des économies de 10 litres à l’heure, ce qui représente près de 30 000 $ annuellement. L’achat a été si concluant, qu’ils en ont acheté une deuxième 18 mois plus tard.

En cette fin de novembre, à près de 150 km au nord de Chibougamau, le travail vient de reprendre pour l’équipe d’Alain Maltais après trois semaines d’arrêt forcé, en attendant que les chemins d’hiver soient praticables. D’énormes piles de bois long, principalement de l’épinette noire, entassées sur le bord du chemin, sont en train d’être chargées dans les camions qui les amèneront jusqu’à l’usine de Barrette-Chapais, à près de 210 km.

Même si les opérations forestières ont diminué au cours des dernières années, Sylvain Maltais, copropriétaire de l’entreprise Alain Maltais avec trois autres entrepreneurs dans la trentaine, estime avoir trouver une solution pour augmenter son rendement, en choisissant la machine Tigercat 880, une chargeuse particulièrement efficace avec le bois long récolté dans le nord du Québec. Avec une moyenne de consommation de 18 litres par heure, cette chargeuse consomme près de 10 litres par heure de moins que des chargeuses comparables.

« On recherchait une machine productive et qui consomme peu de carburant », explique ce dernier. « Ça représente des économies d’environ 30 000 $ par an. C’est toute une différence pour nous. C’est pourquoi on a décidé de devancer l’achat de la 2e machine », ajoute celui qui a pris possession de sa deuxième 880 en juin 2014, un an et demi après l’achat de la première.

 « Lorsque le système de rotation décélère, l’entraînement du système hydraulique en circuit fermé redonne de l’énergie au moteur, ce qui réduit la consommation de carburant et permet de récupérer de l’énergie pour les autres fonctions », explique Yannick Lapointe, représentant de Tigercat pour le Québec et l’Ontario. Il mentionne aussi qu’un système hydraulique est réservé uniquement pour la rotation de la flèche, ce qui augmente la performance de la machine.

Avant cet achat, les chargeuses de l’entreprise consommaient près de 30 l/hr, et aucun autre fournisseur ne pouvait garantir une meilleure consommation.

Pourtant, l’entreprise familiale n’avait pas envisagé d’acheter une machine Tigercat avant de voir cette chargeuse sur chenille lors du Démo Forêt 2012 à Saint-Raymond. « Quand on a vu cette machine-là, on trouvait qu’elle était bien construite. On a été impressionné par sa robustesse », explique M. Maltais, qui était toutefois sceptique qu’une telle machine consomme si peu de carburant. C’est allant voir des Tigercat 880 à l’œuvre, à Prince Georges, qu’il a pu constater son efficacité énergétique. De plus, l’entreprise de Chibougamau avait besoin d’une chargeuse sur chenille, compte tenu des conditions de terrain trop difficiles dans le nord.

Avant de passer la commande, l’équipe de Sylvain Maltais voulait toutefois modifier la portée de la flèche pour adapter la chargeuse à la réalité du Nord québécois et Tigercat a su livrer la marchandise en faisant passer la portée de 37 à 41,5 pieds en moins de deux mois ! . « On s’est senti écouté », note M. Maltais. L’entrepreneur aurait aussi aimé surélever la cabine, mais les normes de certification empêchaient de telles modifications

Aujourd’hui, les opérateurs apprécient énormément la machine, car la cabine est confortable et les composantes sont facilement accessibles pour les réparations. Le rendement est aussi au rendez-vous. En moyenne, un chargement d’un camion prend 25 minutes.

Tigercat souhaite maintenant percer le marché du bois court avec la chargeuse 880, sur le marché depuis quatre ans, en faisant des tests avec des dessous sur roues, mentionne Yannick Lapointe.

Les avantages des produits canadiens
« On ne peut pas se leurrer que la machine ne brisera pas. Quand on aura besoin de pièce, il ne faut pas qu’elle soit arrêtée longtemps, soutient Sylvain Maltais. En 24 heures, je suis capable d’avoir une livraison de l’usine. Et si je suis mal pris, je peux envoyer un pick-up. » L’usine de Tigercat est située à Brandtford, à 12h de route de Chibougamau.

Sylvain Maltais apprécie beaucoup la proximité et le service offert par Tigercat. « Quand on a commencé avec la chargeuse, Yannick a mis son couvretout et il est venu nous aider. Je sais que si j’ai un problème, je vais pouvoir parler à quelqu’un qui peut m’aider », dit-il.

Un grappin Rotobec B650B est installé sur la chargeuse Tigercat. « On trouvait intéressant les modifications faites par Rotobec sur le système de rotation du grappin pour les camions planétaires », souligne M. Maltais, qui apprécie également la robustesse de l’équipement. La proximité du fournisseur permet également d’avoir rapidement des pièces de rechange. Seul bémol : les entrepreneurs auraient aimé que le fournisseur Rotobec  vienne voir les adaptations du grappin effectuées sur le terrain.

Une entreprise performante
Spécialisée dans le chargement et le transport de bois en longueur, l’entreprise transporte près de 20 000 m3 par semaine en été et entre 25 000 et 30 000 m3 par semaine cet hiver. Avec moins de bois disponible, deux chargeuses suffisent aujourd’hui à la tâche la majorité du temps.

L’entreprise gravelle aussi environ 50 km de chemins forestiers par année en plus de faire une quarantaine de kilomètres de mise en forme pour Barrette-Chapais et Chantiers Chibougamau.

Pour faire tout ce travail, les Entreprises Alain Maltais opèrent une flotte impressionnante : 5 niveleuses, 4 tracteurs, 4 chargeuses à bois, 2 fardiers, 7 excavatrices, 3 chargeurs sur roues, 2 camions planétaires de 85 000 livres,  6 camions, 3 sableurs, 4 camions articulés et 25 pickups !

Les entreprises Alain Maltais, une histoire de famille depuis 1986
En 1986, Alain Maltais, alors était mécanicien pour Barrette-Chapais, décide de laisser sa sécurité d’emploi pour se lancer en affaires. Il ne se doutait pas de l’ampleur qu’allait prendre l’entreprise près de 30 ans plus tard. « Ça n’a pas toujours été facile. J’ai dû hypothéquer ma maison pour passer à travers les années difficiles », lance l’homme de 58 ans, fier du chemin parcouru.

Au départ, il a commencé ses opérations en achetant un camion, puis une pelle, avant d’acheter les chargeuses de Barrette-Chapais, qui souhaitait s’en départir. Depuis ce temps, son entreprise opère presque 100% du volume de chargement de la scierie de Chapais.

Sylvain, le fils d’Alain, a donc grandi dans cette atmosphère entrepreneuriale, où il a rapidement été piqué par la fièvre de la machinerie. « Je suis né là-dedans. J’étais fâché quand mon père partait et qu’il ne m’amenait pas », se souvient-il en riant.

Dès 2006, Sylvain Maltais devient propriétaire de l’entreprise. Pour diversifier les activités pendant la crise forestière, il trouve des partenaires d’affaires, des amis, jeunes et dynamiques, pour l’épauler.

C’est ainsi que Martin Tremblay a amené son expérience en forêt, Dave Jobin son expertise en mécanique, et Julie Laberge a ajouté des compétences de gestion et de direction à l’entreprise. « On se complète. On est une équipe multidisciplinaire. On se fait confiance à 100% dans nos domaines », souligne cette dernière.  

Ainsi solidifiée, l’équipe a été en mesure de diversifier ses activités, mentionne Alain Maltais. « C’est le fun d’avoir du monde qui prend la relève de l’entreprise que j’ai montée. En trouvant de nouveaux associés, la structure est plus forte et l’équipe plus dynamique », dit l’homme de 58 ans, qui pense de plus en plus à la retraite, tout en restant bien actif au sein de l’entreprise.

Pour pallier la diminution du travail en forêt, l’entreprise a connu une grosse expansion depuis 2010, en diversifiant ses activités pour l’industrie minière et pour le ministère du Transport du Québec, explique Sylvain. « Les industries forestières et minières sont cycliques. C’est pourquoi on a décidé de se diversifier », dit-il. De plus, l’éloignement des chantiers de travail oblige la répartition des tâches, ajoute Martin Tremblay.

Une coentreprise, Washeyaabin Construction, a aussi été créée avec un partenaire autochtone l’an dernier. « C’est un partenariat gagnant gagnant. Ça aidera la communauté de Mistissini à se développer en créant des emplois et ça nous donnera accès à de nouveaux contrats », ajoute cette dernière.

Aujourd’hui, l’entreprise emploie une cinquantaine de personnes majoritairement en forêt. « Nous voulons être la référence quand quelqu’un a projet dans le nord du Québec », estime Julie Laberge. « On a atteint une belle maturité, ajoute Sylvain Maltais. On aime la taille de l’entreprise, car c’est nous qui gérons tout et cela permet une bonne communication avec tous les employés ».

Le plus grand défi au cours des prochaines années sera de renouveler le personnel qui part à la retraite. Pour y parvenir, des projets de formation en voirie forestière et en chargement de bois en longueur ont été lancés avec le Centre de formation professionnelle de la Baie-James. « On doit former les gens localement, sinon ils ne restent pas », mentionne Sylvain Maltais, qui souligne que 95% de ses employés sont de Chibougamau.

L’entreprise met également beaucoup d’énergie sur la formation continue pour que les employés soient polyvalents. « Les compétences sont reconnues lors de la réalisation des projets sur le territoire. Ils font partie intégrante du succès de l’entreprise », conclu Mme Laberge.


 

Pour voir la chargeuse 880 de Tigercat en action, cliquez ici: https://www.youtube.com/watch?v=aCSqwGy1r24

 

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