Première grande aire protégée pour le caribou forestier

Nature Québec
Novembre 28, 2017
Écrit par Nature Québec
Nature Québec salue la création prochaine d’une première grande aire protégée pour le caribou forestier dans le secteur de Manouane, des Montagnes Blanches et de Manicouagan annoncée aujourd’hui par la ministre de l’Environnement, du Développement durable, et de la Lutte contre les changements climatiques Mme Isabelle Melançon, à Baie-Comeau.

« C’est une très bonne nouvelle!  Depuis longtemps, nous demandions qu’une grande aire protégée voie le jour dans ce secteur névralgique pour le caribou forestier. Déjà il y a 10 ans, près de 200 000 personnes avaient appuyé la protection de ce territoire. Nous sommes très heureux que cela se concrétise aujourd’hui »,  mentionne Mélanie Desrochers, co-responsable de la commission Aires protégées de Nature Québec.

Environ 7 000 km2 de nouvelle superficie s’ajoutera aux aires protégées déjà existantes pour constituer une grande aire protégée de 10 200 km2 dans le secteur de Manouane, des Montagnes Blanches (au nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean) et de Manicouagan (sur la Côte-Nord).

Une collaboration à poursuivre
Les enjeux énergétiques, miniers et forestiers sont souvent au cœur des décisions entourant la création d’aires protégées. La collaboration entre les ministères de l’Énergie et des Ressources naturelles, des Forêts de la Faune et des Parcs et du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques est donc essentielle pour constituer un réseau d’aires protégées efficace qui assure le maintien de la biodiversité. L’annonce d’aujourd’hui nous encourage et nous espérons que cette collaboration va se poursuivre dans le futur pour atteindre les objectifs internationaux d’Aichi, soit la protection de 17 % du territoire d’ici 2020.

Il en est de même pour la collaboration avec les communautés autochtones, un incontournable.  « La protection de ce territoire doit impliquer les communautés autochtones concernées. En ce sens, nous souhaitons que le gouvernement du Québec ne manque pas à ses devoirs et poursuive la collaboration pour la création de cette nouvelle aire protégée. Le caribou forestier est une espèce importante pour les Innus, il ne faut pas l’oublier »,  indique Louis Bélanger, responsable de la commission Forêt de Nature Québec.

Une grande aire protégée à surveiller de près
Malgré ses impacts positifs attendus sur le caribou forestier, l’annonce de la future aire protégée s'accompagne toutefois d’une particularité qui fait sourciller Nature Québec : un secteur d’environ 2 300 km2 sera ouvert à l’exploration minière sous certaines conditions et pendant une durée déterminée.

«  Nous serons vigilants sur cette approche qui ouvre la porte au claim dans une zone protégée. L’objectif premier de l’aire protégée est la conservation de la biodiversité et particulièrement d’une espèce vulnérable, le caribou forestier. Il doit primer sur les autres usages du territoire et nous y veillerons », ajoute Mélanie Desrochers.

Un premier geste posé : un signal encourageant pour le futur
Les actions en faveur du rétablissement du caribou forestier sont attendues depuis plusieurs années.  Un récent rapport du fédéral témoigne d’ailleurs des faibles progrès réalisés depuis 5 ans dans les différentes provinces pour la mise en œuvre du programme de rétablissement du caribou forestier.

Au Québec, le gouvernement du Québec a dévoilé son plan d’action pour l’aménagement de l’habitat du caribou forestier en avril 2016. Des gestes concrets à poser dans l’immédiat étaient prévus dans ce plan d’action, notamment la création d’une grande aire protégée dans le secteur des Montagnes Blanches et de l’Île René-Levasseur.  Plus d’un an et demi après avoir rendu public ce plan d’action, le gouvernement agit finalement dans ce dossier très sensible.

« Des enjeux socio-économiques importants entourent la protection du caribou forestier. Il est légitime d’en tenir compte mais nous avons l’obligation d’agir pour préserver cette espèce emblématique de la forêt boréale. Le geste important qui vient d’être posé aujourd’hui est donc encourageant pour le futur. Nous espérons qu’il sera suivi d’autres actions, notamment afin de revoir les pratiques d’aménagement forestier dans l’habitat du caribou. Il y a toujours moyen de trouver des solutions durables qui permettent le  maintien de la biodiversité », termine Louis Bélanger.


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