Leader de la relève : Jimmy Roy

Copropriétaire et opérateur, Foresterie DP et Fils. L’entrepreneuriat forestier comme mode de vie.
Guillaume Roy
Décembre 20, 2019
Écrit par
À peine deux jours après avoir fini son secondaire 5, Jimmy Roy partait travailler dans le bois pour faire son chiffre sur l’ébrancheuse. L’homme qui a aujourd’hui 25 ans a en fait commencé son apprentissage d’opérateur forestier beaucoup plus tôt, dès l’âge de 13 ans, alors qu’il accompagnait son père en forêt pour aller bucher quelques heures à la scie à chaine ou encore pour aider à opérer l’ébrancheuse. 

«Depuis le début de mon secondaire, je passe mes étés et mes vacances de Noël dans le bois», admet le natif d’Amos, qui est un vrai fanatique de foresterie. Dès qu’il sort du bois, il se met à regarder des vidéos de machines forestières. Et après une semaine de vacances, il ne pense qu’à retourner au volant de sa machine. 

Depuis 10 ans, il travaille donc avec son père en forêt, alors qu’il prend graduellement plus de contrôle au sein de l’entreprise, avec aujourd’hui 35 % des parts. 

L’entreprise, qui buche en Abitibi, travaille avec un processeur, qui coupe le bois et démêle les essences, avant le passage d’une abatteuse multifonctionnelle, qui coupe le bois déjà au sol. «C’est une manière de travailler qui est de plus en plus populaire en Abitibi et en Ontario, soutient Jimmy Roy. Ça nous permet de couper plus de bois, soit environ 2700 m3 par semaine». Pour y parvenir, l’entreprise travaille avec une abatteuse-empileuse Tigercat 870, une batteuse John Deere 903 MH avec une tête Waratah et un transporteur Elephant King. 

Mis à part son père qui a 50 ans, ses quatre employés et lui même sont tous dans la vingtaine. Le défi est toutefois de garder la main-d’œuvre à long terme, alors que les salaires offerts par l’industrie minière en convainquent plusieurs. «Pour moi, il n’est pas question d’aller m’enfermer dans un trou 3 km sous terre, lance Jimmy. Je préfère le grand air pur de la forêt et les défis que je doit relever au quotidien pour être rentable». 

S’il était plus facile de trouver de la main-d’œuvre, Jimmy aimerait bien augmenter sa flotte de machine et acheter un deuxième processeur, mais pour l’instant, il a décidé de mettre la pédale douce sur l’expansion. «On veut toujours travailler avec de la machinerie pas mal neuve, pour accrocher les employés et réduire la maintenance, dit-il. C’est pourquoi on change nos machines après 8000 ou 9000 heures».

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