Opérations Forestières

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Profondément attachés à la forêt


6 avril 2017
Par La Presse

C’était la Journée internationale des forêts le 21 mars dernier, un bon moment pour parler des bienfaits des arbres pour la population et pour l’environnement. Cela nous change des discours apocalyptiques qu’on nous présente dans les médias, qui affirment que la forêt du Québec, surtout la forêt boréale, n’est pas aménagée de manière soutenable et qu’elle serait même menacée de destruction. Ces propos sont bien souvent exagérés et partiels. Rappelons-le : au Québec, la disparition des forêts est beaucoup plus due aux développements immobiliers et aux infrastructures pour les desservir qu’à la coupe de bois.

Par François Laliberté, président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec

En tant qu’ingénieur forestier d’expérience, jamais je ne prétendrai que nos interventions n’ont pas d’impacts sur les écosystèmes forestiers. Mais les personnes attachées au milieu forestier qui étudient, enseignent, planifient et opèrent en forêt font tout pour minimiser ces impacts.

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« Pourquoi la coupez-vous si vous l’aimez tant ? » Parce que le bois est un matériau naturel, renouvelable, avec une faible empreinte écologique et qui peut souvent remplacer le béton et l’acier. Bien sûr, on ne fait pas de produits en bois sans couper d’arbres.

Mais contrairement à ce que certains peuvent laisser croire, on ne fait pas ce qu’on veut en forêt. Il y a de nombreuses lois, des règlements et de multiples normes à respecter. 

On nous dit que la coupe de bois est la seule préoccupation, que les autres utilisateurs de la forêt n’ont pas droit au chapitre. Il faut savoir que les acteurs du milieu participent à la planification des travaux en forêt. Il s’agit d’ailleurs d’une obligation légale.

Parmi ces acteurs, on retrouve plusieurs organisations dont les principales préoccupations sont l’environnement, la faune, le paysage, la villégiature, etc. Avec l’aide d’ingénieurs forestiers et d’autres professionnels, tout ce beau monde est à pied d’œuvre pour trouver des compromis, répondre aux attentes, minimiser les impacts et assurer la pérennité des écosystèmes forestiers.

En fréquentant la forêt pour la récréation, les loisirs, le ressourcement, les Québécois participent aussi, peut-être sans le savoir, à faire évoluer la foresterie québécoise et à mettre au défi tous les professionnels de la forêt. C’est un travail difficile, quotidien, qui passe par un long processus d’analyse et de planification et une supervision serrée des opérations.

On nous dit que les pratiques forestières ne respectent pas suffisamment la biodiversité. L’aménagement écosystémique est pourtant un principe fondateur du régime forestier entré en vigueur au printemps 2013. Cela fait que nous pratiquons une sylviculture de plus en plus écologique : davantage de coupes partielles, de vieilles forêts, d’arbres morts pour la faune, de refuges biologiques protégés, et j’en passe.

C’est pour tenir compte de tous ces facteurs que la coupe annuelle de bois a diminué d’un peu plus de 40 % depuis 25 ans. 

Comme tous les Québécois, nous sommes profondément attachés à la forêt. Nous avons le souci de nous améliorer et de rester à l’écoute des attentes de la population. C’est ici que l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec a un rôle à jouer : celui de s’assurer de la compétence et de la formation continue de ses membres dans le but de protéger le public et le patrimoine forestier québécois. Et bien que les discours alarmistes contribuent parfois à la nécessaire remise en question de nos procédés, ils entraînent souvent des débats et des combats stériles et coûteux.

Cessons les propos enflammés qui ne servent qu’à nous monter les uns contre les autres et à mettre en péril un des secteurs économiques les plus névralgiques du Québec. Il est grand temps qu’on reconnaisse les progrès indéniables de nos pratiques forestières. Nous souhaitons que la forêt soit le moteur d’une économie verte et prospère et nous possédons ce qu’il faut pour le faire. Ayons confiance en nos professionnels de la forêt et, par-dessus tout, travaillons ensemble.