Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie Politiques
Pour une relance de l’industrie forestière


25 février 2013
Par André Tremblay

Las de voir la situation se détériorer dans plusieurs régions du Québec où le secteur forestier occupe une place cruciale dans l’économie, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et des partenaires de l’industrie et du milieu coopératif ont lancé un cri d’alarme le 22 février dernier à l’Assemblée nationale. Cette intervention, soutenue par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), a permis de rappeler l’importance d’établir une stratégie pour relancer l’industrie forestière.

Pas moins de 30 élus municipaux de partout au Québec s’étaient mobilisés, témoignant leur inquiétude vis à vis la crise qui sévit. En effet, depuis 2005, plus de 21 000 emplois ont été perdus dans leurs régions, dont 15 000 de façon permanente. Des données qui ont de quoi inquiéter, alors que l’économie de près de 250 communautés dépend presque exclusivement de l’exploitation de la ressource forestière.

Une stratégie pour moderniser l’industrie
Ensemble, le Conseil de l’industrie fo-restière du Québec et la Fédération québécoise des municipalités ont demandé au ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, de faire connaître rapidement les intentions du gouvernement quant à l’avenir du secteur forestier. Les deux organismes ont exprimé leur souhait de voir le gouvernement proposer une stratégie de développement industriel qui réponde de façon structurante et innovante aux besoins du secteur. Car pour relancer l’industrie et lui permettre de devenir plus productive, innovatrice et tournée vers des produits à forte valeur ajoutée, cela demande une restructuration qui ne peut se faire sans appui gouvernemental.

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Cette question, qui a donné lieu à un bras de fer verbal entre l’opposition et le gouvernement Charest, a toutefois permis de donner l’heure juste sur les intentions de ce dernier quant à la crise actuelle et à la manière dont il a l’intention de soutenir l’industrie forestière.

« Il faut investir, a souligné le ministre Gignac. La reprise forestière et la relance du secteur forestier sera basée sur l’innovation […] et, de concert avec mon collègue du ministère du Développement économique, c’est là qu’on investit. On investit dans des projets qui ont de l’avenir. »

Cet avenir, c’est dans des projets comme celui de la réouverture de l’usine de pâtes et papier de Lebel-sur-Quévillon, qui produira de la pâte cellulosique pour fabriquer de la rayonne pour les vêtements, un nouveau secteur au Québec, que le gouvernement le voit. Un investissement de 232 millions de dollars a d’ailleurs été annoncé en janvier dernier uniquement pour soutenir cette usine. La biomasse, la nanocellulosique et l’éthanol cellulosique figurent également parmi les produits d’avenir que le gouvernement a cité en exemple.

« J’ai moi-même, en compagnie de mon sous-ministre, été en Scandinavie pour regarder qu’est-ce qu’on peut faire différemment au Québec pour augmen-ter l’utilisation du bois dans la construction, utiliser la biomasse pour la production d’électricité. […] Une stratégie sur l’industrie forestière sera [d’ailleurs] dévoilée au mois de mai » a confirmé le ministre Gignac.

Sur la bonne voie
En attendant d’avoir plus de détails concernant cette stratégie, le budget déposé en mars par le ministre des Finances constitue un pas dans la bonne direction. Citons entre autres l’aide de 170 millions de dollars accordée aux entreprises forestières pour la réalisation de projets à valeur ajoutée en 2e et 3e transformations du bois, ainsi que les 30 millions de dollars sur cinq ans qui seront consacrés à promouvoir l’utilisation du bois dans la construction.

Ces mesures montrent une volonté du gouvernement de soutenir le secteur fo-restier, et permettent d’espérer que l’appel des municipalités et du CIFQ n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. C’est lors du dévoilement du contenu de cette stratégie que nous serons en mesure de constater les mesures concrètes qui supporteront le développement de l’industrie au cours des années à venir.


André Tremblay
Président du Conseil de l’industrie
forestière du Québec