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Petites chaudières pour les serres

Les petites chaudières trouvent preneurs chez les producteurs en serre.


29 avril 2021
Par Guillaume Roy


Sujets

En avril 2020, Frédéric Tremblay des Jardins d’Élisabeth, une ferme maraîchère de Saint-Elzéar, a installé une chaudière à copeaux de bois Hargassner. Un choix qui lui permet de produire davantage à un plus faible coût.

« Je suis aussi un producteur forestier, alors ça avait beaucoup de sens d’utiliser la ressource que j’ai sur mes terres », souligne d’emblée Frédéric Tremblay. Même s’il doit travailler pour sortir le bois, il considère que l’effort en vaut la chandelle et que ça ne lui coûte presque rien pour chauffer ses serres à l’année.

Au départ, ce dernier a commencé par utiliser un broyeur standard, mais la matière n’était pas adéquate et « ça bourrait » de temps en temps.  « Le nerf de la guerre c’est d’avoir la bonne matière pour la bonne chaudière », dit-il. Pour transformer ses billes en copeaux optimaux pour la chaudière, il a fait l’acquisition d’un broyeur allemand Heizohack, de l’entreprise Heizomat. Depuis, la chaudière fonctionne comme un charme.

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Le traitement et le séchage du bois sont aussi des aspects importants, souligne Frédéric Tremblay. « Pour le bois en billots, il faut le laisser sécher au moins un an, voire deux », dit-il, tout en s’assurant de laisser passer l’air dans les empilades.

Pour faire l’acquisition de la chaudière et du broyeur, Frédéric Tremblay a investi près de 130 000 dollars. Ce dernier pourra bénéficier d’une subvention Transition énergétique Québec (TEQ) qui variera selon le rendement de ses opérations. Selon l’évaluation de TEQ, il recevra le plus faible montant qui représente 75% des frais admissibles, une compensation pour 125 $/t de GES évitée, ou un montant pour qu’il fasse un retour sur investissement sur trois ans. « Peu importe le calcul, je vais pouvoir rembourser mon investissement en trois ans », estime Frédéric Tremblay.

Pour financer les investissements, Frédéric Tremblay recevra une aide de Transition énergétique Québec qui permettra de faire un retour sur investissement sur trois ans.

Avec du propane, chauffer ses installations pour produire pendant l’automne lui aurait coûté près de 15 000 dollars par année. Mais ce calcul peut paraître biaisé, car un producteur ne va pas chauffer ses serres s’il ne peut pas produire suffisamment de rendement pour compenser ses dépenses de chauffage. Selon ses estimations, chauffer au propane ne permet pas des opérations serricoles rentables pour produire à l’automne. L’installation d’une chaudière à la biomasse lui permet donc de changer son modèle d’affaires, en produisant davantage, sans brûler des carburants fossiles.

Avec amplement de bois sur ses terres, la biomasse ne lui coûte rien, sauf du temps. Frédéric Tremblay estime que le projet tiendrait la route même s’il avait dû acheter le bois. « J’ai acheté une van de bouleau l’an dernier pour 1800 dollars, livré dans ma cour et d’après moi, je vais consommer l’équivalent de deux vans par année. Ça fait un total d’environ 3500 dollars, soit beaucoup moins que ce que coûte le propane », ajoute-t-il.

De plus, les serres doivent chauffer aussi en été et à l’automne pour déshumidifier la serre, car l’humidité peut causer plusieurs problèmes de maladies. « Je capoterais ben raide si je devais brûler du propane pour déshumidifier », note le producteur.

En plus d’allonger la saison à l’automne, la bouilloire lui permet de chauffer la serre en hiver pour maintenir la température à 5 °C. Pour l’instant, il ne produit qu’un peu de verdures, comme des épinards, mais il regarde l’option pour en faire davantage dans le futur. De plus, chauffer en hiver lui permet de décoller les opérations plus rapidement au printemps, car le sol ne gèle jamais.

Pourquoi importer des produits pétroliers quand une ressource énergétique est à portée de main? Pour Frédéric Tremblay, le choix de la biomasse est l’option idéale pour maximiser les circuits courts. 

Points forts de améliorations des chaudières Hargassner

  • Valve rotative en Zinc breveté, qui augmente la fiabilité de l’approvisionnement des vis d’alimentation 
  • Surveillance de l’alimentation des moteurs et des fonctions de recul automatique pour fin de déblocage
  • Contrôle de la qualité de la combustion avec la sonde Lambda et les dispositifs de contrôle d’air de combustion
  • Amélioration et innovation du système de nettoyage et descendrage automatique
  • Recyclage d’une partie des fumées de combustion afin de refroidir la chambre de combustion et des cendres