Opérations Forestières

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OPINION: Champions du monde!

Les gains en productivités des 50 dernières années ont été phénoménaux.


11 août 2021
Par Luc Lebel

On associe souvent l’amélioration de la productivité à l’utilisation de machines plus puissantes et plus rapides. Mais la technologie n’arrive pas par elle-même. Elle répond à des besoins exprimés par les utilisateurs, elle est développée par des ingénieurs et maitrisée par des opérateurs. La technologie et le capital humain sont les deux côtés d’une même médaille.

Il ne doit pas y avoir de hiérarchie qui définit quel métier de la forêt est le plus important. Le succès d’un chantier dépend autant de la compétence des opérateurs, du jugement de l’entrepreneur, que de la qualité de la planification des superviseurs et des ingénieurs. Il faut des conditions favorables au succès de chacun et le Québec forestier offre actuellement des exemples dont on peut être fiers.

Pour les opérateurs, le réseau des CFP offre une base solide sur laquelle développer des compétences. Des efforts sont maintenant faits pour augmenter l’offre de service disponible au Québec pour le perfectionnement des opérateurs. L’objectif est de rendre les bons opérateurs, encore meilleurs, en changeant des petits gestes comme le ferait un entraineur personnel.

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À l’université Laval, une nouvelle Chaire de recherche industrielle est entièrement dédiée au déve-
loppement de systèmes d’approvisionnement forestier innovants. Cette chaire contribue directement à la formation des ingénieurs forestiers en opérations forestières. Chaque étape de l’approvisionnement génère de grandes quantités de données et d’informations qui, si elles étaient traitées et partagées de façon plus adéquate, permettraient une meilleure agilité et une plus grande efficacité. La chaire vise donc à mettre à profit des concepts et des outils issus de l’Industrie 4.0 pour une meilleure coordination de la forêt jusqu’aux usines. Avec cette chaire de recherche et l’ajout de nouveaux professeurs, l’Université Laval possède maintenant un programme de formation et de recherche en génie forestier équivalent à celui des meilleures universités scandinaves.

Il ne doit pas y avoir de hiérarchie plaçant un métier de la forêt au-dessus des autres. Mais…beaucoup connaissent le grand respect, voire l’admiration que j’ai envers les entrepreneurs forestiers propriétaires de machines forestières. Les gains en productivité des cinquante dernières années correspondent aussi au rôle plus grand occupé par les entrepreneurs forestiers. On reconnait mieux aujourd’hui la contribution des entrepreneurs. On connait aussi la pression constante qui s’exerce sur la rentabilité de leur entreprise. La création à Dolbeau-Mistassini du CEMR, le centre en entrepreneuriat multiressources, est une initiative majeure orientée vers la formation des entrepreneurs forestiers. Les témoignages des entrepreneurs ayant participé à ce programme unique au monde ne laissent aucun doute sur la pertinence des formations offertes.

Les fondateurs du CEMR ont reconnu le Programme de recherche sur les entrepreneurs forestiers de récolte et de transport (PREfoRT) comme «la bougie d’allumage d’une grande réflexion sur les outils à mettre en place afin de répondre aux besoins des entrepreneurs». Au tournant des années 2010, les résultats du PREfoRT s’appuyaient sur les informations partagées par les entrepreneurs lors d’un sondage à grande échelle. Plus de 350 entrepreneurs du Québec avaient participé au sondage. Du jamais vu!  Aujourd’hui, 10 ans plus tard, il est plus que temps d’entendre les entrepreneurs. C’est dans ce but qu’une collaboration entre Forêt Compétence, l’Université Laval et d’autres partenaires a été établie. Beaucoup de choses ont changé depuis 2010. Un nouveau sondage d’envergure nationale sera donc distribué au printemps au plus grand nombre d’entrepreneurs possible. Je remercie les entrepreneurs qui prendront le temps d’y réponde et les partenaires qui nous aiderons à les rejoindre.

Le succès en opérations dépend d’un savant mélange d’humain, de machine et de forêt. Nos forêts ne sont pas celles qui poussent le plus vite ou avec les plus gros arbres. Les machines que nous importons n’ont pas été développées spécialement pour nous. Il y a cependant une chose qui est bien à nous, que nous maitrisons et qui peut être meilleure que partout ailleurs :  NOUS TOUS! Alors, prenons soin de nous, soyons fiers, soyons ambitieux. Mais surtout, travaillons ensemble pour déployer tous nos talents. 


Luc Lebel. PROFESSEUR, Département des sciences du bois et de la forêt
DIRECTEUR, Consortium de recherche FORAC