Pour nos forêts, priorisons les faits

Denis Lebel, CIFQ, Le Quotidien
Février 28, 2019
Écrit par Denis Lebel, CIFQ, Le Quotidien
Ce qui constitue le fondement de mon engagement avec l’industrie forestière québécoise, ce sont les dizaines de milliers de familles qui vivent de notre forêt. Dans toutes les régions du Québec, des personnes la chérissent et en prennent grand soin, car ils veulent la transmettre aux générations futures.

J’ai eu le privilège d’être un décideur public pendant de nombreuses années, autant comme maire, ministre que député. J’ai toujours mis la science et les faits au coeur des éléments à considérer dans ma prise de décision. Mon expérience m’a démontré que nous avons tous avantage à prioriser les faits avant l’idéologie, la science avant les impressions et les ouï-dire. 

Malheureusement, l’industrie forestière se trouve encore trop souvent à être la cible d’exagération, de désinformation et de démagogie. 

La vérité, c’est que le Québec a la chance d’avoir un organisme gouvernemental indépendant des entreprises et regroupant les meilleurs spécialistes dont la mission est, entre autres, d’informer la population sur l’état de la forêt : le Bureau du forestier en chef. Ce sont ces experts qui s’assurent que notre forêt est aménagée de manière durable, et ce, au bénéfice de tous les Québécois. Leur conclusion est on ne peut plus claire : la forêt québécoise est en bonne santé. 

Il est également important de mentionner que moins de 1 % du territoire forestier québécois est récolté chaque année, et que 80 % de notre forêt récoltée se régénère naturellement afin de respecter et de maintenir la biodiversité du territoire. Nous contribuons pour les 20 % restants en plantant des arbres indigènes pour respecter les écosystèmes. 

Autre exemple démontrant la réalité d’aujourd’hui : en 2018, 93 % des forêts publiques québécoises étaient certifiées par l’une des trois normes existantes. C’était 14 % en 2003.

Nos pratiques forestières sont indiscutablement parmi les meilleures au monde.

Nous sommes également des participants actifs dans la lutte aux changements climatiques. Notre aménagement permet d’abord de séquestrer plus de carbone et ensuite, de fabriquer des produits écoresponsables au bénéfice de tous. Une fois l’arbre récolté, nous nous assurons qu’il soit utilisé à 100 % en cherchant constamment des façons d’innover.

L’enjeu du caribou forestier

Nos gouvernements négocient en ce moment et s’apprêtent à prendre des décisions qui auront un impact important sur l’avenir de notre industrie avec l’enjeu du caribou forestier. Soyons clairs : nous aimons tous les caribous, personne ne veut leur disparition. 

Cependant, la directive du gouvernement fédéral de limiter à 35 % le niveau de perturbations du territoire forestier est inquiétant et mettrait en péril des milliers d’emplois. Ce qui me préoccupe aussi dans cette norme, c’est qu’elle semble être établie par Ottawa malgré un manque évident d’éléments scientifiques pour la soutenir. 

Il y a des endroits où il y a une croissance du nombre de caribous, alors qu’il y a de l’activité forestière. Ailleurs, on est témoin de la diminution du nombre de caribous alors qu’il n’y a pas d’activité forestière. On voit aussi l’inverse. C’est comme si le gouvernement fédéral fermait les yeux sur d’autres raisons pouvant expliquer les difficultés des caribous, comme leurs prédateurs naturels, la nutrition ou les changements climatiques. On semble avoir choisi l’industrie forestière pour porter un chapeau qui ne lui fait pas nécessairement. 

Un nouveau gouvernement vient d’être élu au Québec et nous sommes confiants qu’il analysera la situation avec rigueur, tel que l’a mentionné le ministre de la Forêt, Pierre Dufour, lors de sa présentation au Forum des communautés forestières organisé par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), jeudi. 

Nous souhaitons que les gouvernements du Canada et du Québec s’assurent de collecter toutes les données scientifiques nécessaires à l’établissement d’un réel diagnostic pour pouvoir prendre les bonnes décisions et éviter de sacrifier des milliers d’emplois sans fondement et sans régler le problème du caribou forestier. Pour appliquer le bon remède, il faut connaître la ou les véritables causes du problème. Autrement, c’est lancer à l’aveuglette alors que le gagne-pain de milliers de familles est en jeu.



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