Négociations corsées sur le bois d'oeuvre

Guillaume Roy
Mai 22, 2017
Écrit par
Raymond Chrétien, négociateur en chef pour le Québec dans le dossier du bois d’œuvre.
Raymond Chrétien, négociateur en chef pour le Québec dans le dossier du bois d’œuvre.
La nomination de Robert Lighthizer comme représentant au Commerce a été confirmée par le Sénat au début du mois de mai, ouvrant une fenêtre d’opportunité pour en venir à une entente sur le bois d’œuvre, estime Raymond Chrétien, négociateur en chef pour le Québec dans le dossier du bois d’œuvre.

La raison : Lighthizer a affirmé qu’il souhaitait régler le dossier du bois d’œuvre avant le début des pourparlers sur l’ALENA, qui commencera dans 90 jours (vers la fin août). «Comme la modernisation de ALENA, qui est une des plus grandes priorités de Donald Trump, pourra difficilement se faire sans que le dossier du bois d’œuvre soit réglé, peut-être qu’une petite ouverture vient de s’ouvrir. Mais il va falloir qu’il y ait un signal qui vienne d’en haut, parce que l’industrie n’y est pas», a soutenu l’ancien ambassadeur lors du congrès du CIFQ le 18 mai dernier. 

Étant donné que le président Trump a connu plusieurs échecs depuis son élection, il pourrait réaliser un modeste succès en réglant le dossier du bois d’œuvre. «J’ai toujours eu l’impression qu’il va se réveiller un matin, car c’est comme ça qu’il travaille, et qu’il dise à Lighthizer : « Fais-moi donc un deal de façon à ce qu’on puisse commencer l’ALENA »». Autrement, il existe peu de pistes de règlement au conflit.

Et oubliez les demandes de faire reconnaître le nouveau régime forestier du Québec, ajoute le négociateur. Les Américains veulent avoir une entente globale où les producteurs canadiens auront accès à une part du marché américain. Pas question de faire du cas par cas selon les provinces. «On doit utiliser toutes les occasions pour faire comprendre le nouveau régime forestier du Québec, sans toutefois se faire trop d’illusions. Mais c’est à Ottawa à mettre de l’avant lors des négociations», explique Raymond Chrétien.

Lors des dernières négociations formelles, en décembre 2016, les Américains souhaitaient contraindre les producteurs canadiens à un quota de 22 à 26 %. À ce moment, le Canada a indiqué qu’une part de marché de 31 % serait convenable (il était de 34 % lors de l’accord de 2006), mais qu’il ne pouvait pas accepter un système de quotas. Les négociations sont au point mort depuis.



Les décisions finales sur les droits compensateurs et sur les droits antidumping ne seront connues qu’en novembre 2017. C’est à ce moment où l’industrie pourra intenter des recours contre les mesures américaines auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au auprès de l’ALENA. Certains producteurs pourront aussi demander une révision administrative au Département du commerce américain.



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