Les étoiles de la relève forestière 2016

Guillaume Roy
Octobre 20, 2016
Écrit par Guillaume Roy
Le Québec est une pépinière de jeunes talents qui repoussent constamment les limites de la connaissance et améliorent les pratiques de l’industrie forestière. Le magazine Opérations forestières et de scierie et le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) sont fiers de souligner les réalisations de 10 étoiles de la relève forestière au Québec.


Le passionné contagieux
Nom : Éric Gravel
Âge : 37 ans
Poste : surintendant qualité de la production - Boisaco
Formation : Technologie forestière au Cégep de Baie-Comeau


Natif de Sacré-Cœur, Éric Gravel a été élevé au rythme du plus grand employeur de la petite municipalité de 2000 âmes, Boisaco. C’est donc sans aucune hésitation qu’il a suivi le chemin de son père et de son grand-père, en optant pour une formation en foresterie. Il est alors devenu un fier représentant de la troisième génération de Gravel au sein de la coopérative locale qui fait travailler plus de 500 personnes.

Après avoir gravi plusieurs échelons au sein de l’organisation, il occupe maintenant le poste de surintendant qualité de la production à l’usine de Boisaco. « Il est passé maître dans l’art de développer et de mettre en valeur le potentiel de tous les travailleurs œuvrant sous sa responsabilité », soutient Bastien Deschênes, chef de la direction pour Boisaco.

Expert dans les domaines du sciage et du séchage, Éric Gravel a participé activement pendant neuf ans au comité organisateur des ateliers-conférences sur le séchage du bois du CIFQ. Depuis deux ans, il travaille maintenant sur le comité traitant de la transformation du bois. Il est également impliqué dans tous les projets d’amélioration, de modernisation et d’investissement chez Boisaco. Il a d’ailleurs collaboré activement à l’implantation de la centrale thermique aux écorces ainsi qu’à la mise en service de trois nouveaux séchoirs à bois sur le site de Boisaco depuis 2008. Il s’est aussi impliqué sur les conseils d’administration d’organisations liées à Boisaco, dont Unisaco, Boisaco et Bersaco.

La passion d’Éric pour l’optimisation et les produits du bois est contagieuse. Pour lui, pas question de parler de problèmes, l’éternel positif préfère relever des défis, comme celui de redorer l’image de l’industrie forestière. « On ne détruit pas la forêt. On la jardine et on la transforme pour faire des produits beaucoup plus écologiques que l’acier et le béton », conclut Éric.


Un duo d’enfer du groupe Crête
Nom : Dominic Venne
Âge : 35 ans
Poste : responsable de l’optimisation et contrôle qualité - Groupe Crête
Formation : DEP en sciage et classement au CFP de Mont-Laurier

Nom : Manuel Clément
Âge : 33 ans
Poste : Contremaitre sciage et acheteur - Groupe Crête
Formation : Classificateur au CRIQ de Saint-Georges-de-Beauce.

Natif de Mont-Laurier, Dominic Venne connaissait bien le travail en forêt, mais jamais il n’avait songé à travailler dans une usine de sciage. Alors qu’il travaillait sur une ferme en 2004, une publicité à la radio a suscité son intérêt : le CFP de Mont-Laurier offrait une formation en alternance étude et travail en sciage et classement. « C’est à ce moment-là que j’ai eu la piqure », lance Dominic Venne.

En sortant de l’école, il décroche immédiatement un poste à la scierie Bellerive Kanenda, Il travaillera ensuite pour Commonwealth Plywood, puis Groupe Forget avant de se joindre au Groupe Crête il y a 7 ans. Empileur, classificateur, opérateurs, il occupe plusieurs postes pendant son parcours avant de devenir responsable de l’optimisation et du contrôle de la qualité.

« Grâce au savoir-faire de Dominic, nos objectifs de production et de qualité rencontrent les plus hauts standards de l’industrie. Il nous permet également de maintenir un positionnement stratégique enviable au sein des marchés où nous évoluons », soutient Sébastien Crête, président du Groupe Crête.

Se démarquer et faire partie des meilleures usines au Québec. Voilà le carburant qui pousse Dominic à se dépasser tous les jours. Dominic est constamment à l’affût des meilleures pratiques de l’industrie et il n’hésite pas à émettre ses recommandations lorsqu’il anticipe de potentielles retombées. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles ont permis au Groupe Crête d’améliorer son rendement sur la matière première transformée et son revenu par billot scié.

Au fil des ans, l’importante contribution de Dominic lui a permis d’acquérir le respect et l’estime de ses collègues de travail ainsi que des membres de la direction.

Fasciné par le monde du sciage
Pour sa part, Manuel Clément, a toujours été fasciné par le monde du sciage. Dès l’âge de 12 ans, il allait rejoindre son oncle à l’usine de bois franc à Labelle pour vivre au rythme de la fibre de bois.

Alors qu’il se dirigeait vers une formation en voirie forestière, il a eu l’opportunité de travailler à la scierie Claude Forget après avoir terminé son secondaire 5. Charmé par l’expérience, il complète ensuite une formation de classificateur au Centre de recherche industrielle du Québec. Après avoir occupé plusieurs postes d’opérateurs, de classificateur, de contrôle de la qualité et au séchage, sa formation et son expérience lui permettent de devenir contremaître au sciage en 2004. « J’ai su saisir les opportunités pour en apprendre le plus possible », commente aujourd’hui Manuel.

Il s’est ensuite joint au Groupe Crête il y a 4 ans en tant que contremaitre de l’usine de rabotage, puis comme contremaitre au sciage et acheteur. « Manuel possède une personnalité rassembleuse et attachante, soutient Sébastien Crête, pré-
sident du Groupe Crête. Il a le charisme pour obtenir le maximum de son équipe, tout en maintenant une excellente ambiance de travail. Comme le dit le vieil adage, c’est dans la tempête que nous reconnaissons le vrai capitaine. Par l’exemple ou par la parole, son leadership a indéniablement un impact positif sur ses collègues ».

Sébastien Crête admet d’ailleurs que c’est vers lui qu’il se tourne pour mener à bien un projet d’investissement afin que le budget et l’échéancier soient respectés. « Quand je me lève, ce n’est pas une corvée d’aller travailler. Pour moi, c’est une passion », soutient l’homme qui est aussi pompier volontaire.


Un parcours taillé dans le bois
Nom : Sylvain Goulet
Âge : 37 ans
Poste : Directeur d’usine – Produits forestiers Résolu
Formation : Génie du bois à l’université Laval

Issu d’une famille forestière de Péribonka, dans le nord du Lac-Saint-Jean, Sylvain Goulet n’a jamais douté de son parcours. « Je baigne dans le bois depuis que je suis petit. Je n’ai jamais eu à prendre de décisions. C’est ça que je devais faire », dit-il.

C’est pourquoi il a décidé d’étudier à l’Université Laval en Génie du bois, un programme complet qui lui a permis de toucher à plusieurs domaines pour faire face aux défis de l’industrie. Une formation qu’il a tellement appréciée qu’il a décidé de devenir un ambassadeur du programme, en donnant des conférences dans les écoles primaires et secondaires. « Il faut changer les perceptions des jeunes en leur démontrant les qualités écologiques du matériau bois », soutient Sylvain.

Dès sa sortie de l’université, il décroche un poste à la scierie Arbec à Péribonka, là où son père et son grand-père ont travaillé avant lui. D’abord responsable de l’optimisation et de la qualité, il devient directeur de l’usine alors qu’il n’est âgé que de 29 ans. Il est ensuite recruté par Produits forestiers Résolu pour devenir le directeur de l’usine de La Doré, un des plus gros plans de transformation du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Mon plan de carrière est allé au moins 10 ans plus vite que je ne le pensais », soutient l’homme de 37 ans qui supervise 275 employés répartis dans trois usines (sciage, rabotage et aboutage).

De plus, Sylvain n’hésite pas à s’impliquer au sein de différents conseils d’administration (Chambre de commerce, Maison de la forêt) ou encore à défendre les intérêts de l’industrie en vulgarisant avec tact les nouvelles pratiques forestières, notamment dans des vidéos publiés sur YouTube. « C’est gratifiant de pouvoir travailler matériau noble et renouvelable », conclut le passionné.


La sève dans les veines
Nom : Jimmy Deschênes
Âge : 33 ans
Poste : Directeur général – Bois Cargault
Formation : DEC en génie physique et AEC en génie industriel, Cégep de La Pocatière

Stimulé par l’essor des nouvelles technologies, Jimmy Deschênes envisageait une carrière dans les télécommunications. Mais l’explosion de la bulle technologique en 2001 l’a forcé à revoir ses plans. Après un court séjour forcé à Montréal, il revient dans sa région natale de Chaudière-Appalaches pour travailler dans l’usine de sciage de Matériaux Blanchet avant la saison des sucres.

Dès son embauche, il note plusieurs opportunités d’améliorations dans l’usine. Motivé par son expérience, il décide de retourner sur les bancs d’école pour faire une attestation d’études collégiales au Cégep de La Pocatière en 2005. Il prend alors la décision de s’implanter définitivement à Saint-Pamphile et rachète l’érablière de son père avec son frère. Pour Jimmy, la saison des sucres est sacrée et il s’assure de se libérer chaque année pour récolter la sève de ses 12 000 érables.

Et c’est avec la même fougue qu’il retourne travailler pour Matériaux Blanchet ou il mène plusieurs chan-
tiers d’amélioration dans l’usine. Puis, en 2010, il fait le saut chez Bois Cargault ou il devient directeur général quelques mois plus tard. En quelques années seulement, il réussit à diversifier la clientèle et les produits offerts par l’entreprise qui compte aujourd’hui 27 employés. Son but : donner un maximum de valeur à chaque arbre qui ren-
tre dans l’usine qui produit du bois pour les palette, mais aussi pour les planchers, les meubles et les escaliers. « L’avenir des moulins passe par la versatilité. Il faut être à l’écoute de nos clients », dit-il.

Jimmy Deschênes siège également sur le comité chantiers feuillu au MFFP et sur la table des Bénéficiaires de garanties d’approvisionnement dans sa région. Le père de trois enfants s’implique également dans sa communauté, entre autres en tant qu’administrateur de la Société de développement industriel de St-Pamphile et bénévole pour le Festival du Bûcheux de St-Pamphile, où il fait les démonstrations forestières.


Le trio qui crée de la richesse
Carl Paul, 38 ans, directeur de l’usine de Granules LG à Saint-Félicien
Suzie Paul, 36 ans, directrice administrative pour le Groupe ADL (principal actionnaire de Granules LG)
Mélanie Paul : 40 ans, vice-présidente de Granules LG et du Groupe ADL
 
Les Premières nations font partie intégrale de la réalité forestière au Québec. Mélanie, Suzie et Carl Paul, trois entrepreneurs de Mashteuiatsh, une communauté innue du Lac-Saint-Jean, souhaitent valoriser les résidus du bois pour créer de la richesse dans leur milieu.

Actionnaires de la relève de Granules LG, le plus grand fabricant de granules dans l’Est du Canada avec une capacité de 120 000 tonnes, ils veulent continuer à assumer le rôle de leader de la granule de bois au Québec en développant de nouveaux partenariats.

Le travail d’équipe et l’entraide sont des valeurs fondamentales pour les dirigeants de Granules LG et Carl, en tant que directeur d’usine, arrive très bien à transmettre ces valeurs aux 50 employés sous sa direction. L’amélioration continue et la qualité des produits est une préoccupation constante non seulement pour Carl, mais pour l’ensemble de son équipe.

Le respect de l’environnement et du Nitassinan, le territoire ancestral, est aussi primordial pour l’entreprise, souligne Suzie Paul, directrice administrative pour le Groupe ADL, le principal actionnaire de Granules LG. « La forêt est un endroit spirituel et culturel pour les autochtones, mon grand-père et mon père m’ont toujours transmis l’importance du respect de notre forêt. Elle est notre richesse », dit-elle.

À titre de vice-présidente du Groupe ADL et de Granules LG, Mélanie Paul s’occupe principalement du développement des affaires de l’entreprise familiale, des communications, des relations publiques et des partenariats d’affaires. « Notre philosophie d’affaires est basée sur la création de partenariat gagnant-gagnant, pour nous, nos employés, nos fournisseurs et les entreprises du milieu sont autant de partenaires qui peuvent nous aider et que nous pouvons également aider à faire grandir », lance l’entrepreneure qui fait la promotion active de l’entrepreneuriat auprès des autochtones, des femmes et des jeunes d’âge scolaire. En octobre 2015, elle fut nommée par le gouvernement Couillard à titre de présidente de la table premières nations, pour créer une culture de partenariat entre les différents acteurs régio-
naux et les premières nations à travers le développement de projets économiques.


Le forestier urbain
Nom : Bruno Chicoine
Âge : 36  ans
Poste : Ingénieur forestier et président d’Antidote Arboriculture
Formation : Technique en milieu naturel au Cégep de St-Félicien, baccalauréat et maîtrise en génie forestier à l’université de Moncton

Saviez-vous que l’île de Montréal abrite plus de deux millions d’arbres ? Pour les villes, c’est tout un patrimoine à préserver. « Au fur et à mesure ou l’on perd notre canopée de frêne, qui représente près du tiers des arbres, la qualité de l’air se dégrade. Étant donné que 80 % de la population canadienne vie en ville, il faut en prendre soin », souligne Bruno Chicoine, ingénieur forestier et expert en foresterie urbaine.

Passionné des arbres, Bruno a d’abord réalisé une technique en milieu naturel au Cégep de Saint-Félicien avant de poursuivre ses études en génie forestier à l’Université de Moncton. Pendant ces étés, il participe aux inventaires des arbres municipaux de Longueuil et Laval et il monte une base de données des arbres municipaux à Dieppe, au Nouveau-Brunswick.

Alors que la crise forestière fait rage, il décide de rester à l’école pour compléter une maitrise en foresterie. Impliqué dans sa communauté d’accueil, il propose alors à l’université d’accueillir le Conférence des étudiants de cycles supérieurs en foresterie et en sciences de l’environnement en 2007 (CONFOR 2007), une tâche qu’il réussira avec brio. Il part ensuite à Rome pour faire un stage sur la foresterie urbaine. Son mandat : définir les bénéfices des arbres en villes pour les Nations Unies !

À son retour au pays, il décroche un contrat pour Arbres Canada, ou il sera chargé de projet pendant 1,5 an. Puis, il obtient un poste d’ingénieur forestier pour la ville de Montréal (et oui, ce poste existe bel et bien !!!), ou il doit veiller au bien-être des arbres, qui sont de plus en plus menacés par les espèces envahissantes et les ravageurs. Le dernier en lice : l’agrile du frêne qui met en péril toute une population d’arbres nobles.

Bruno réalise rapidement la menace que représente l’agrile du frêne pour les arbres du Québec et il décide de démarrer sa propre entreprise, Antidote Arboriculture, en 2013, afin de contribuer aux efforts de lutte. En plus d’offrir des services de sensibilisation et de consultation, il développe maintenant un volet de récolte et transformation du bois urbain (www.bois.biz). Il s’implique aussi activement dans la création d’un atelier d’ébénisterie coopératif qui pourrait voir le jour à Montréal prochainement.


L’homme de la relance à Saint-Michel-des-Saints
Nom : Jean-François Champoux
Âge : 38 ans
Poste : Actionnaire de Groupe Champoux inc. et président de la scierie Saint-Michel
Formation : DEP électromécanique de systèmes automatisés au Centre de formation Compétences 2000.

Forestier depuis trois générations (1961),  les actionnaires de Groupe Champoux, dont fait partie Jean-François Champoux, ne toléraient pas de voir l’usine de sciage fermée à Saint-Michel-des-Saints. Avec une de leur filiale, les Forestiers Champoux, ils ont alors travaillé avec une vingtaine d’investisseurs locaux pour relancer l’usine qui amène une vitalité nécessaire au petit village de 2500 habitants.

C’est d’ailleurs Jean-François qui pilote le projet de modernisation de 13,2 millions de dollars à la Scierie St-Michel, laquelle redémarrera officiellement à compter de la mi-octobre. Les investissements créeront une centaine d’emplois à terme.

Pour Jean-François, c’est en quelque sorte un retour aux sources, car c’est à cette usine qu’il a effectué ses stages lors de ses études en électromécanique de systèmes automatisés à Laval.

« C’est le plus beau métier. Tous les matins, je joue un nouveau rôle où je dois trouver des solutions à différents défis. Pour moi, la foresterie est un sport et j’adore y jouer », commente Jean-François, enthousiaste à l’idée de voir la scierie rouler à plein régime prochainement.

En 2008 il est devenu actionnaire, avec son oncle et son cousin, de Sylvio Champoux et Fils., compagnie pour laquelle il était opérateur de machinerie forestière en construction et entretien de route depuis son tout jeune âge. La même année, il participe comme actionnaire à la création de Forestiers Champoux où il est nommé superviseur des opérations forestières pour l’entreprise familiale de troisième génération. À la tête de cette entreprise, il gère jusqu’à 150 employés en incluant les sous-traitants pour récolter annuellement près de 500 000 m3 de bois qu’il achemine aux usines de Domtar, Commonwealth Plywood, le Groupe Crête, Maibec et à la Scierie Saint-Michel. Au total, l’équipe du forestier récolte en moyenne plus de 75% des garanties d’approvisionnement de la région de Lanaudière.

Depuis 2015 il a participé à la mise en place du Groupe forestier Lanaudière (GFL) et du Groupe forestier Mauricie (GFM), deux regroupements de 14 bénéficiaires de garantie d’approvisionnement qui emploient Forestiers Champoux pour le service d’ingénierie de leur opération forestière dans Lanaudière et en Mauricie pour un volume de gestion de plus de 450 000 m3. Au cours de la dernière année, il a aussi remporté près de 100 000 m3 aux enchères du Bureau de mise en marché des bois.


La forêt dans le sang
Martin Paquet, 30 ans
Francis Paquet, 28 ans
Poste : Entrepreneurs forestiers - Forestiers MF Paquet et Multi MF Paquet
Formation : DEP en Abatage et façonnage des bois au CFP de Dolbeau-Mistassini

Martin et Francis Paquet ont suivi les traces du paternel, en faisant carrière en foresterie. Dès l’âge de 16 ans, les deux jeunes hommes sont allés travailler en forêt avant de compléter un diplôme d’études professionnelles au Centre de formation professionnelle de Dolbeau-Mistassini en Abatage et façonnage des bois.

Il y a trois ans, ils ont racheté l’entreprise de leur père avant de prendre de l’expansion, lorsqu’ils ont fait l’achat de deux kits : un kit pour le bois court (John Deere 903 avec tête Ponsse H7) et un kit de bois en longueur (Tigercat 870 avec une tête GN Roy). Le but : ouvrir de nouveaux marchés en allant travailler pour Chantier Chibougamau. « C’est super le fun de travailler avec eux, parce qu’ils savent que c’est important de miser sur la relève », commente Martin.

Au total, les deux entrepreneurs natifs de Notre-Dame-de-Lorette gèrent une quinzaine d’employés dans les forêts du nord du Lac-Saint-Jean, « On a été élevés dans le bois et on aime ça y travailler. Il faut que ça bouge et il y a en masse d’ouvrage à faire. On a une belle équipe de travail ou tous nos employés sont des amis », ajoute Martin.

Même si les dernières années ont parfois été difficiles, l’avenir semble prometteur estiment les deux entrepreneurs qui souhaitent continuer à vivre longtemps au rythme de la forêt.


L’ingénieure venue de la ville
Nom : Virginie Galvez-Cloutier
Âge : 28  ans
Poste : Ingénieure forestier - Cédrico
Formation : Génie forestier à l’Université Laval

Ayant grandi en ville, Virginie Galvez-Cloutier n’avait jamais pensé faire carrière en foresterie jusqu’à ce qu’une orientrice lui parle du métier. « J’ai tout de suite vu l’intérêt pour travailler dans la nature et pour la protection de l’environnement », dit-elle d’emblée.

Dès lors, elle prend la décision d’aller étudier en aménagement et environnement forestier à l’université Laval, ou elle devient officiellement ingénieure forestier en mai 2015. Grâce à des stages formateurs qu’elle a suivi à l’université, elle était bien préparée pour la réalité de l’emploi et en moins d’un mois, elle déniche l’emploi quelle convoitait pour Bois d’œuvre Cédrico, une entreprise basée en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

« J’adore la variété du travail à faire, que ce soit dans les bureaux, en forêt, en équipe ou en solo. On est appelé à aller vers nos intérêts », souligne Virginie.

À son arrivée chez Cedrico, Virginie s’est vu confier la mise à jour de la documentation de nos directives, instructions et formulaires, ainsi que la formation de l’ensemble de nos employés et de nos entrepreneurs et leurs employés. Un exer-
cice un peu intimidant pour finissante, mais un défi qu’elle a relevé avec brio, note Jean-François Desbiens, le directeur de la foresterie pour Cedrico.

Depuis un an, Viriginie apprend rapidement. En plus de travailler sur la certification FSC du système de gestion environnemental et du territoire de Cedrico, elle s’implique dans différents comités en lien avec la foresterie, tels que les tables de gestion intégrée des ressources pour le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, ainsi que le comité technique mise en place par la corporation de la gestion de la certification du Bas-Saint-Laurent.

Passionnée de la forêt et de la préservation de la ressource, Virginie est persuadée que l’avenir est favorable pour le matériau bois. « Plus on regarde les qualités écologiques du bois et plus on se rend compte que c’est la meilleure option sur le marché. Sans compter que les pratiques de récolte se sont améliorées énormément », conclut-elle.


Entrepreneur forestier à 20 ans !
Nom : Cédrik Baudart
Âge : 20  ans
Poste : Entrepreneur forestier - Baufor
Formation : DEP abattage manuel et Abattage mécanisé au CFP de Mont-Laurier

Âgé d’à peine 16 ans, Cedrik Baudart a fait l’achat d’une débusqueuse à câble, sa première machine forestière. Comme il allait encore à l’école, il travaillait les fins de semaine pour un entrepreneur forestier. « J’ai toujours voulu être bucheron, même si personne dans ma famille ne travaille dans le bois », dit-il.

Pour approfondir ses connaissances forestières, il complète alors deux diplômes d’études professionnelles, d’abord en abatage manuel, puis en abatage mécanisé. Puis, à 17 ans, il fait le grand saut et lance sa propre entreprise forestière, Baufor.

Travaillant dans le secteur de La Minerve, près de Mont-Tremblant, Cédrik fait de la coupe sélective dans les forêts privées ou l’on retrouve plusieurs essences nobles comme l’érable et le chêne. « On récolte un arbre sur trois. On sort quand même de bons volumes et ça ne paraît presque pas. En plus, on peut retourner récolter dans les mêmes forêt à peine 15 ans plus tard », ajoute-t-il. Chaque année, ou presque, il achète une machine plus récente, tout en augmentant son chiffre d’affaires. Sa dernière acquisition, une débusqueuse Timberjack 450.

Le jeune homme de 20 ans admet toutefois avoir de la difficulté à trouver des employés. « Les gens ne connaissent pas ça, parce que c’est vraiment le fun de passer sa journée dans le bois. Je n’ai pas l’impression de travailler. Je me sens plus comme si je venais m’amuser avec mes machines », ajoute Cédrik, qui gagne très bien sa vie en tant que bucheron mo-
derne.





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