Attirer les jeunes en forêt

Guillaume Roy
Février 28, 2019
Écrit par
Tous les secteurs de l’économie sont frappés par la pénurie de main-d’œuvre, mais la crise est encore plus importante dans le secteur forestier. Pour attirer les jeunes en forêt, l’industrie doit mettre en place des solutions innovantes, en misant sur le potentiel de lutte aux changements climatiques et sur les technologies.

C’est le message qu’a voulu lancer Annie Beaupré, directrice adjointe de la Fédération des coopératives forestières du Québec (FQCF), lors du 2e Forum des communautés forestières présenté jeudi à Québec.

« L’industrie forestière a plus de difficulté à recruter les jeunes et à attirer la main-d’œuvre que les autres secteurs, a-t-elle énoncé, en faisant référence à une étude démontrant que l’on retrouve moins de travailleurs dans les classes d’âge de 15 à 44 ans en foresterie. Il faut repenser le modèle pour être compétitif. Il faut miser sur les aspects écologiques et technologiques pour être plus vendeur s. »

Pour combler les besoins de main-d’œuvre, l’industrie devra notamment s’adapter à la disparition de son bassin traditionnel, soit le jeune homme des régions, élevé au sein d’une famille forestière. On retrouve à peine 12 % de femme dans l’industrie, et 53 % d’entre elles travaillent comme adjointes administratives, a mentionné Annie Beaupré, qui croit que l’industrie peut faire beaucoup mieux.

Plusieurs joueurs de l’industrie ont déjà commencé à faire davantage de recrutement auprès des femmes, comme le fait Produits forestiers Résolu (PFR), avec des publicités dans les journaux ainsi que des panneaux publicitaires aux abords des routes de la région. « On a fait beaucoup de travail à l’interne pour mieux accueillir les femmes », a commenté Karl Blackburn, le porte-parole de l’entreprise, qui a embauché 1000 personnes par année au cours des trois dernières années, simplement pour le renouvellement des travailleurs qui partaient à la retraite.

Comme les besoins sont énormes, les entreprises doivent aussi miser sur les immigrants récemment installés au Québec, estime Annie Beaupré. 

Et de plus en plus d’entreprises commencent à faire du recrutement international.

PFR fait partie de ces entreprises qui ont entamé le recrutement international en lançant une opération charme en France, en collaboration avec le Cégep de Saint-Félicien, pour attirer des étudiants qui souhaitent se spécialiser dans le domaine forestier. Ainsi, des programmes de formation ont pu être relancés, car un nombre suffisant d’étudiants s’étaient inscrits au programme. Certains intervenants ont d’ailleurs souligné l’importance de lancer les programmes de formation même si le nombre d’étudiants n’atteint pas le seuil minimal pour assurer la relève.

Pour valoriser le travail en forêt, la FQCF a d’ailleurs préparé un coffre à outils coopératif pour faciliter l’accueil et l’intégration des travailleurs non traditionnels.



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