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Miser sur la simplicité

Simple et abordable, la Ponsse Cobra a séduit André Turcotte, tout en augmentant sa productivité de 30%.

22 décembre, 2021  par Guillaume Roy


L’abatteuse Ponsse Cobra a permis d’augmenter le rendement de 30% pour André Turcotte.

Dans un boisé privé de Saint-Félicien, André Turcotte attrape un gros pin gris avec la tête d’abattage H7. Il ramène l’arbre à 45 degrés avant de l’ébrancher et de le tronçonner. « C’est plus efficace de travailler comme ça », lance l’homme tout sourire en sortant de son abatteuse Ponsse Cobra, la première au Québec, dont il a pris possession à la mi-mai.

« J’ai augmenté ma productivité de 30% depuis ce temps-là », ajoute l’homme qui bûchait auparavant avec une Ponsse Beaver munie d’une tête H5. D’emblée, travailler avec une plus grosse tête, plus performante, a grandement amélioré le rendement, dit-il.

Mais la machine y est aussi pour quelque chose. « C’est plus confortable une machine à huit roues », dit-il tout en vantant les mérites du boguey balancé. Alors que la Beaver n’avait que 6 roues, ce nouveau modèle devrait être plus performant en hiver. « J’ai hâte d’essayer ça dans la neige », note André Turcotte.

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« C’est moins stressant de travailler avec une machine neuve et fiable comme celle-là, parce que tu sais que les mètres cubes vont se faire », ajoute l’entrepreneur forestier, qui récolte en 850 mètres cubes par semaine, soit une moyenne d’environ 17 mètres cubes à l’heure.

Pour y arriver, ce dernier travaille 4,5 jours par semaine, de jour seulement, avec un autre employé, qui opère le transporteur. « Je veux vivre de ma passion tout en ayant une belle qualité de vie en rentrant chez moi le soir », dit le père de trois enfants, qui est  âgé de 43 ans. Le passionné se lève parfois à 2h30 du matin pour venir travailler, afin de rentrer tôt à la maison pour passer du temps avec les enfants. « Je travaille fort et je cours tout le temps, mais j’aime ce que je fais », ajoute-t-il.

C’est pourquoi il a décidé de continuer à travailler pour la Société sylvicole de Chambord, afin de travailler sur les lots privés, à proximité du domicile, quand il a racheté Les entreprises GADY en 2012, l’entreprise familiale fondée par son père en 1971, un nom qui est un acronyme de tous les membres de la famille, soit Gaston (son père), André, Denise (sa mère) et Yves, son frère.

C’est d’ailleurs son père qui lui a montré le chemin de ce métier unique, rempli de défis et de liberté. Il suffit de lancer la discussion sur son enfance pour qu’André raconte mille et une histoires de forestiers, dont des souvenirs de vieilles machines, comme les Timberjack, le TJ30 et même les machines fabriquées à l’époque par Bombardier.

Tatoué Ponsse
Peu importe les machines utilisées par son père, André Turcotte a décidé de miser sur des machines Ponsse quand il a pris la relève entrepreneuriale. « Avec un garage à Dolbeau-Mistassini et un autre au Saguenay, le support ne pouvait pas être mieux », dit-il. À l’époque, il s’est rendu en Scandinavie avec Jean Trottier, le propriétaire d’Hydromec, pour trouver de l’équipement usagé. C’est lors de ce voyage qu’il a rencontré toute l’équipe de Ponsse, dont le président Jarmo Vidgren… qui est venu lui rendre visite en forêt en octobre dernier quand il a fait un séjour au pays. Après une tournée en Suède et en Finlande, il a ramené une abatteuse Beaver et transporteur Wisent.

Aujourd’hui, le transporteur de 12 tonnes est rendu trop petit pour suivre l’abatteuse Cobra et André Turcotte songe à faire l’acquisition d’un transporteur Buffalo, d’une capacité de 15 tonnes.

Mais avant de faire cet investissement, il attend de voir quels seront les contrats négociés entre les propriétaires de boisés privés et West Fraser, le nouveau propriétaire de l’usine de panneaux de Chambord qui est le plus gros preneur de peuplier faux-tremble au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Ça va prendre l’ouvrage en conséquence pour faire ce move-là », lance André Turcotte.

Simple et efficace
Selon Marc Lemieux, directeur des ventes et du développement des affaires chez Hydromec, l’abatteuse Ponsse Cobra a tout pour séduire les forestiers du Québec, car elle représente une option 15% moins chère et moins complexe que la Scorpion. « La Scorpion, c’est la formule un, mais la Cobra a le potentiel de toucher plus de monde, par sa simplicité, parce qu’elle est plus bâtie comme un transporteur. »

La mécanique est donc semblable à ce que l’on retrouve sur les autres équipements Ponsse. Et c’est d’ailleurs une grande qualité du manufacturier, estime André Turcotte. « La mécanique de base n’a pas vraiment changé entre mon transporteur Wisent 2007 et la Cobra, ce qui me rend la vie plus facile », dit-il, tout en soulignant qu’il est ainsi plus facile de garder un bon inventaire des pièces.

Une des grosses différences est l’emplacement du bôme qui est à l’avant sur la Cobra, mais il suffit d’un peu de pratique pour s’y habituer, ajoute ce dernier.

Selon Enrico Paré, représentant chez Hydromec, la Scorpion est plus performante dans le bois « très sale », mais dans d’autres circonstances, la Cobra offre un rendement comparable à un moindre prix.

Après avoir séduit le marché québécois avec ses têtes d’abattage et ses transporteurs, Marc Lemieux croit que c’est maintenant la Cobra que l’on verra apparaître un peu partout dans les forêts québécoises. 


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