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Microsoft mise sur une entreprise québécoise pour ses crédits carbone

30 mai, 2024  par Guillaume Roy. Initiative de journalisme local



Avec l’objectif de devenir carbonégatif d’ici 2030, le géant informatique Microsoft achète 36 000 crédits carbone à Carbonity, une coentreprise formée, par Airex Énergie, SUEZ et le groupe Rémabec, qui commencera à produire du biochar à son usine de Port-Cartier d’ici la fin de 2024.

«Nous sommes très fiers que Microsoft ait choisi d’acheter nos crédits carbone, mentionne Michel Gagnon, le président du conseil d’administration de Carbonity. Ça ajoute de la crédibilité à notre projet, parce que Microsoft s’associe à des joueurs solides sur le plan technologique».

Cette annonce survient alors que la construction de l’usine de Port-Cartier est en cours. La production de biocharbon devrait commencer vers la fin octobre ou au début novembre de 2024, soutient Michel Gagnon. Dans un premier temps, l’usine devrait produire 10 000 tonnes de biochar par année.

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Selon des données conservatrices, une tonne de biochar permet de capter 2,5 tonnes de CO2, produisant 2,5 crédits carbone. Ainsi, l’usine, construite au coût de 41 millions de dollars, produira 25 000 crédits carbone sur une base annuelle.
La construction de l'usine de Port-Cartier avance et la production devrait commencer vers la fin octobre ou début novembre 2024.

Sans dévoiler le montant exact de la transaction avec Microsoft, Michel Gagnon souligne qu’une tonne de carbone se transige à 120 euros (178 dollars) en ce moment. «À la base, notre entreprise vend du biochar, mais la valeur du crédit carbone fait partie de notre plan d’affaires», dit-il.

Carbonity a choisi de ne pas tout vendre ses crédits carbone à Microsoft pour avoir un portefeuille de client, en travaillant notamment avec un agent en Europe.

La transaction faite avec Microsoft laisse présager un bel avenir pour la vente de tels crédits carbone, car l’entreprise à l’ambition d’augmenter la production de biochar à 30 000 tonnes par année d’ici quelques années, ce qui en ferait le plus grande usine de biochar en Amérique du Nord.

Et ça ne sera qu’un début pour Carbonity, estime Michel Gagnon.

«Il y a encore de la place pour d’autres projets au Québec et on regarde les opportunités en Australie, en Asie, en Amérique du Sud, en Australie et en Europe », dit-il, ajoutant que Microsoft a de l’intérêt pour acheter encore beaucoup de crédit carbone.

À titre indicatif, le géant informatique a également acheté un million de tonnes de tels crédits à une entreprise danoise œuvrant dans la capture du carbone et 1,6 million de crédits pour un projet de reforestation au Panama, en même temps que l’achat fait à Carbonity.

La technologie DryFX a été développé par l'entreprise québécoise Airex Énergie.

Le marché du biochar

À l’heure actuelle, Carbonity estime que son marché principal pour le biochar sera l’amendement des sols. Michel Gagnon souligne que le gouvernement américain a adopté de nouvelles normes pour réduire l’utilisation des fertilisants, tout en offrant des aides financières pour l’utilisation du biochar, ce qui fera grimper l’utilisation du produit.

L’intégration au béton et à l’asphalte font aussi partie des marchés potentiels, tout comme le volet de décontamination. Plusieurs autres applications sont en cours de développement dans le centre de recherche de SUEZ, à Airbonne, en France.

En plus de produire du biochar, l’usine produira également 2 à 2,5 millions de litre de biocarburant non filtré. Ce sous-produit sera vendu à Bioénergie AE, une autre entreprise de Port-Cartier, spécialisée dans la production de biocarburants.


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