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L’usine Eacom de Val-d’Or se modernise

Depuis sa réouverture en 2012, la productivité de l’usine Eacom de Val-d’Or a augmenté de près de 30%.


29 juin 2016
Par Émélie Rivard-Boudreau

Sujets
Eacom a fait l’acquisition de cinq nouvelles chargeuses frontales et à fourches en deux ans.

Depuis sa réouverture en 2012, la productivité de l’usine Eacom de Val-d’Or a augmenté de près de 30%. L’entreprise a investi près de 8 millions de dollars en équipement, pour l’aider à maximiser sa récupération, entre autres. Selon la direction, c’est aussi son investissement sur le capital humain qui a fait toute la différence.

Au cœur du parc industriel de Val-d’Or, adjacent à l’usine d’Uniboard et d’une voie ferrée, 125 employés travaillent au service de l’usine Eacom de Val-d’Or. « On est chanceux. On travaille dans les produits forestiers, à trois kilomètres du centre-ville de Val-d’Or », fait remarquer Claude St-Martin, directeur général de cette usine, et de celle de Matagami. L’usine existe depuis 1973. À cette époque, c’est l’entreprise Forex qui la possédait. En 1989, le site est passé aux mains de Domtar, et d’Eacom Timber en 2010, jusqu’à aujourd’hui.

À cause des fluctuations sur le marché, l’usine a subi plusieurs périodes d’arrêts dans son histoire, la dernière étant de mai 2011 à septembre 2012. Depuis, la production ne s’est jamais arrêtée. En bois rond, ce sont 530 000 mètres cubes qui entrent, équivalents à environ 132 millions de pieds mesure de planche (pmp) sortant de l’usine de sciage.

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L’usine a la particularité d’avoir son usine d’écorçage séparée de son usine de sciage. Ce type d’installation s’explique par le fait qu’elle a été construite à la fin des années 1970, alors que d’autres usines d’écorçage de la région fermaient. Le bois, qui arrive donc en longueur de 10 pieds, est écorcé, pour ensuite être trié selon les neuf patrons de sciage de l’usine. « Nous avons la chance d’entreposer entre les deux usines, ça nous permet de fonctionner en «batch», on passe une sorte à la fois », précise le directeur de l’usine, Éric Villeneuve. « On peut choisir notre production de sciage journalier, c’est plus flexible comme formule », rajoute-t-il.

Au rabotage, comme on y reçoit également le bois de la scierie de Matagami, le volume atteint près de 180 millions de pmp par année. L’expédition fait aussi partie des opérations effectuées sur place. On y expédie le bois de l’usine de Matagami, de Val-d’Or et une partie de l’usine de seconde transformation de Sullivan, plus particulièrement ce qui est expédié par wagon. Les écorces sont, elles, vendues en partie chez Boralex à Senneterre, utilisées aux séchoirs et une petite partie pour chauffer l’hôpital de Val-d’Or. Les copeaux sont vendus à Tembec, à Produits forestiers Résolu et à l’usine de RockTenn à La Tuque. Une partie de la planure est vendue à Uniboard pour la fabrication de panneaux particules.

Nouveaux équipements
Alors que, pendant plusieurs années, peu de sommes d’argent avaient été consacrées à la modernisation de l’usine, près de 8 millions de dollars ont été investis en équipement depuis sa réouverture en 2012. Dans la cour, une nouvelle chargeuse à bois Sennebogen d’une valeur de près 600 000$ remplace maintenant une machine qui opérait depuis pratiquement les tout débuts de l’usine. Deux ou trois autres s’ajouteront sous peu. Eacom a aussi acquis cinq nouvelles machines, des chargeuses frontales et à fourches en deux ans.  « Ça s’imposait pour être capable de relever les défis de la cadence actuelle, explique Claude St-Martin, nous avions de la difficulté à fournir avec les anciens équipements. C’est aussi motivant pour les opérateurs ». Motivant certes, mais d’autres ont préféré conserver LEUR machine. « Un opérateur a commencé a travaillé avec une machine chargeuse à fourche quand il est entré à l’usine en 1973, et aujourd’hui, à 65 ans, il opère toujours avec. Il ne veut pas la changer », raconte Claude St-Martin.

En février dernier, la compagnie Eacom a installé d’un nouvel optimiseur transversal à l’ébouteuse d’Autolog dans sa scierie de Val D’Or, incluant les contrôles de la ligne de classification de 46 cases, sur une période de neuf jours. L’optimiseur de 10 pieds comprend une structure mécanique modulaire qui assure un montage et une mise en place rapide, même dans les usines où l’espace est restreint. Pour une meilleure précision de mesure, l’optimiseur Autolog est muni de scanneurs Hermary montés à 45°, ce qui réduit également les besoins de nettoyage. Le système, livré avec le nouveau logiciel Autolog, prend une lecture au ¼”, offrant ainsi une meilleure résolution de mesure. Les contrôles de la ligne ont été réalisés avec un PLC ControlLogix de la compagnie Allen-Bradley.

L’usine s’est aussi dotée d’un système complet d’optimisation de la classification au rabotage fourni par VAB Solutions.

Quelques années plus tôt, en octobre 2013, Comact avait procédé à l’installation d’un classeur de billes C2-Scan muni de têtes laser 3D Pro, qui offrent une excellente précision de lecture grâce à la fréquence de balayage à haute vitesse (5000 lectures/secondes). Ces lectures sont transmises à l’optimiseur pour générer une solution de coupe optimale en fonction des équipements en aval. L’installation du classeur a permis d’améliorer le rendement au sciage de 3%, soutient Éric Michaud, vice-président sénior aux ventes chez Comact.

Un tourne-bille de haute performance a aussi été installé sur leur ligne HewSaw, pour aider à la récupération des billes de petites dimensions. « On est dans les rares en Amérique du Nord à avoir ce tourne-bille-là avec le double scanner. On va chercher 600 pieds par minute. C’est ce genre d’équipement qui nous permet d’augmenter notre rendement », considère Éric Villeneuve.

Investir dans les relations de travail
Le directeur général de l’usine, Claude St-Martin, croit qu’un de ses meilleurs investissements, au cours des dernières années, a été les relations avec ses employés. Le directeur de l’usine, Éric Villeneuve, abonde dans le même sens. « Dans les quatre dernières années, la productivité de l’usine a augmenté d’environ 30%. Ç’a a été fait sans investissement majeur, en améliorant la façon de procéder, la façon de produire, l’entente et la flexibilité de la main-d’œuvre. On a eu des investissements majeurs fin 2015, mais c’était une récompense pour les efforts des employés qui ont fait fonctionner les équipements et qui ont participé aux changements qu’on a faits », dit-il.

Les relations de travail n’ont pas toujours été cordiales dans l’histoire de cette usine. Michel Paquin est président du syndicat de la scierie de Val-d’Or, affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) siège sur l’exécutif du syndicat depuis 1977. « Dans les premières années, avec Forex, jusqu’en 1985, on était en conflit quasiment permanent. Il y avait eu des contestations sur la syndicalisation dans l’usine et c’est resté », se souvient-il. Des années plus tard, après quelques autres soubresauts avec Domtar et Eacom, le représentant syndical est fier des ententes qu’il établit avec son employeur. « On travaille pour assurer la viabilité de l’usine à long terme. C’est ce qu’on dit aux nouveaux qui arrivent. On a fait des horaires qui n’existaient pas. Le quart de travail de fin de semaine fait en sorte que du bois de Matagami vient chez nous. Si on n’avait pas de quart de fin de semaine, ce bois-là serait allé ailleurs. C’est des choses qu’on donne à l’employeur, mais qu’on retire en même temps », constate-t-il.

Projets d’avenir
Eacom compte poursuivre ses efforts pour améliorer ses coûts de production en récupérant le maximum dans chaque mètre cube de bois qui entre dans son usine de Val-d’Or. « L’aspect sécurité, la récupération, la qualité, la satisfaction de nos clients, on ne peut pas passer à côté de chacun de ces facteurs-là si on veut survivre. Je le dis à mon monde, si on veut travailler encore un an, deux ans, cinq ans, dans les produits forestiers, il faut travailler fort tous les jours pour continuer d’exister », estime Claude St-Martin.

Selon Éric Villeneuve, le renouvèlement de personnel sera aussi un autre défi de taille à relever, car l’usine compte de nombreux vieux routiers qui quitteront sous peu avec tout leur bagage d’expérience. « On essaie d’utiliser cette connaissance-là, au moment où on l’a, pour préparer les nouveaux, explique-t-il. Il y a beaucoup de gens disponibles, beaucoup d’i    ntéressés, mais ce n’est pas toujours facile de trouver la qualité de la main-d’œuvre qu’on a besoin pour le type d’opérations qu’on a. »

Enfin, le projet de parc de forestier intégré qui est sur le point de voir le jour à Val-d’Or offre aussi une nouvelle perspective pour l’usine. Eacom ne connaît pas encore exactement le rôle qu’elle y jouera, mais Claude St-Martin, considère que ce projet serait un atout majeur, car l’usine de cogénération envisagée permettrait à Eacom d’y transformer sa biomasse. La formule du centre de valorisation de la fibre (CVF) imaginée permettrait également à l’usine à bonifier son approvisionnement, car elle y gagnerait un preneur pour des essences feuillues.


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