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L’innovation : une responsabilité partagée

Hervé Deschênes, vice-président de FPInnovations et président d’honneur de la Semaine du bois, nous explique comment l’innovation peut révolutionner le secteur forestier.


19 mars 2013
Par Opérations Forestiéres

Sujets
Hervé Deschênes, président d’honneur de la Semaine du bois.

OPÉRATIONS FORESTIÈRES : La semaine du bois se déroulera les 9 et 10 septembre sous le thème « Bâtir en bois ». Vous y voyez quant à vous un rendez-vous de l’innovation pour notre industrie. Expliquez-nous votre vision.

HERVÉ DESCHÊNES : L’industrie forestière a toujours été innovante et cela lui a rapporté de solides dividendes. Les progrès que nous réalisons aujourd’hui avec la construction en bois dans le domaine non-résidentiel nous en fournissent un exemple de plus. Mais il y a un piège dans ces succès : c’est de croire que l’innovation est seulement une affaire de recherche et développement.

O.F. : La R et D n’est-elle pas le fer de lance de toute innovation?

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H.D. : C’est un ingrédient essentiel, mais pas suffisant. Dans le passé, nos entreprises ont enregistré leurs plus grands succès lorsqu’ils ont associé leur personnel à la recherche d’idées. Les découvertes scientifiques sont faites dans les centres de recherche. Mais les idées, elles, proviennent de partout, notamment du personnel qui, spontanément, pense à une façon de mieux faire son travail, d’optimiser une opération, de créer un nouveau produit.

O.F. : Vous faites donc une différence entre R et D et innovation?

H.D. : Aujourd’hui, les deux sont indissociables, mais il ne faut pas les confondre. La R et D permet de transformer des investissements en idées et en technologies. L’innovation, elle, est un processus qui englobe d’autres facettes de l’entreprise : elle transforme les idées et technologies en solutions pour les clients, en création d’emplois et en bénéfices pour l’entreprise.

O.F. : Vous croyez que pour réussir, une entreprise du secteur forestier doit désormais se donner une culture de l’innovation?

H.D. : Les entreprises les plus innovantes sont celles qui mettent à profit toutes leurs sources d’idées en les encadrant dans un processus d’innovation. C’est la matière première de leurs profits futurs. Transformer une idée en un nouveau produit ou en un procédé plus efficace pour générer des revenus nets additionnels, c’est l’essence de l’innovation.

O.F. Cela signifie être à l’écoute de toutes les sources d’idées?

H.D. En commençant par deux en particulier : le personnel, comme je viens de le souligner, et aussi le marché, c’est-à-dire les consommateurs. C’est pourquoi un véritable processus d’innovation n’engage pas seulement des scientifiques, mais aussi des spécialistes du marché, des économistes, des ingénieurs de procédé, des opérateurs et ainsi de suite. Il doit aussi impliquer les promoteurs et les entrepreneurs qui sont prêts à amener nos idées dans le marché.

O.F. : Vous croyez que l’industrie forestière peut réussir à se donner une telle culture de l’innovation?

H.D. : C’est déjà dans notre culture! Nous nous sommes bâtis en innovant. Il faut simplement réussir à faire de chacune de nos entreprises un pôle d’innovation en mettant en place les processus appropriés et en impliquant les parties prenantes. L’innovation, c’est l’affaire de tout le monde. C’est une responsabilité partagée.