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Les grands financiers rassurent l’industrie

Les trois plus gros bailleurs de fonds de l’industrie forestière québécoise tiennent à rassurer les entreprises du secteur. Malgré les nouvelles règles en vigueur avec le nouveau régime, les prêts seront au rendez-vous… pour les bons projets.


5 juin 2013
Par Guillaume Roy
Le CIFQ a réuni les financiers les plus impliqués dans l’industrie forestière. Un panel a réuni Yvon Bolduc du Fonds de solidarité FTQ, Louis Vachon de la Banque Nationale, Jacques Daoust d’Investissement Québec, Clément Gignac, qui agissait à titre de modérateur et André Tremblay, du CIFQ.

« Depuis quelques années, on sent les financiers plus frileux, car ils ont été un peu échaudés par la crise. Disons que ce n’était pas le secteur le plus séduisant pour investir. On voulait faire le point avec eux », explique André Tremblay, le président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ). Lors du congrès du CIFQ présenté à Québec les 9 et 10 mai dernier, Clément Gignac, ancien ministre des Ressources naturelles et économiste en chef pour Industrielle Alliance, avait le rôle de médiateur d’un panel de grosses pointures de l’économie québécoise. Pour connaître la perspective des investisseurs, le CIFQ avait réuni Yvon Bolduc, président directeur général du Fonds de solidarité FTQ, Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale du Canada et Jacques Daoust, président directeur général d’Investissement Québec.

« Est-ce que le nouveau régime forestier est une inquiétude pour nous ? Comme prêteur sénior à la banque, la réponse c’est non », a lancé Louis Vachon avec aplomb avant d’ajouter un peu plus tard : « et si les bottines ne suivent pas les babines, demandez à votre courtier de faire escalader la demande jusqu’au président ». En tant que banquier, il a souligné l’importance de retrouver de bons investissements en recherche et développement et de ne pas se fier sur un dollar canadien faible.

Après avoir lancé des programmes dédiés en partie ou en tout à l’industrie forestière, comme le programme de soutien à l’industrie forestière d’une valeur de plus de 400 M$ et le programme Renfort, d’une valeur de 2 G$, Jacques Daoust a indiqué que les projets seront évalués au cas par cas. « On va continuer à être présent au côté de l’industrie et on sera là quand les banques n’y seront pas », a-t-il dit.

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Selon Yvon Bolduc, « l’emphase devrait être mise sur l’abaissement des coûts de production ou l’investissement dans la machinerie. Quand on se compare à l’Ontario et au reste du Canada dans tous les secteurs de l’économie, on se rend compte qu’on a pas beaucoup investi au Québec ».

C’est en partie ce que cherche à financer le fonds de valorisation bois, lancé par le Fonds de solidarité FTQ, Investissement Québec et le gouvernement du Québec, capitalisé à la hauteur de 170 M$ pour supporter les entreprises innovantes qui développent de nouveaux marchés et de nouveaux produits.

La fibre coûte trop cher au Québec
Après avoir subi une des pires dépressions de son histoire, l’industrie forestière est aujourd’hui sur une pente ascendante, explique Peter Barynin, économiste principal de la filière bois chez RISI. Mais le Québec n’est pas au bout de ses peines, car « le cout de la fibre est désappointant ». Il en coute environ 80$ de plus pour amener le bois aux usines au Québec comparativement au sud des États-Unis, ce qui fait que « le Québec est l’endroit où le bois coûte le plus cher en Amérique du Nord. »

Selon André Tremblay, « le Québec est un endroit où ce n’est pas facile de faire des affaires forestières. On doit s’attaquer au coût de la matière première pour demeurer compétitif. »

Une charte du bois
De passage au congrès, la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet a tenu à souligner l’engagement de son gouvernement envers l’industrie forestière qui a récemment lancé une charte du bois qui vise à obliger l’évaluation d’une solution en bois lors de la construction de bâtiments institutionnels.