Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
Les entrepreneurs forestiers craignent pour la prochaine saison

Les conditions suffisantes pour que les entrepreneurs continuent de faire leur travail ne sont pas réunies.


20 février 2014
Par FCFQ et AQETAF

Saguenay, le 17 février 2014 – Isabelle Tanguay, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des entrepreneurs en travaux d’aménagement forestier et Claude Dupuis, président de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), s’inquiètent sérieusement pour la viabilité de la saison d’opérations forestières qui doit débuter le 1er avril.

Les conditions suffisantes pour que les entrepreneurs continuent de faire leur travail ne sont pas réunies. Les coopératives et les entrepreneurs forestiers sont généralement silencieux, mais il faut rendre publique la précarité de leur situation pour que les choses changent.

Malgré ce triste constat, deux dossiers précis donnent de l’espoir aux deux associations qui unissent leur voix aujourd’hui. Ces deux dossiers sont liés aux résultats du Rendez-vous national de la forêt québécoise tenue à Saint-Félicien en novembre 2013. Le premier concerne la mise en place attendue du programme ESSOR pour permettre aux entrepreneurs d’obtenir un meilleur accès à du financement afin qu’ils puissent renouveler leurs équipements.

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L’autre dossier concerne le dépôt, à la fin de février, du rapport préliminaire que déposera Mme Paule Têtu, présidente du Chantier sur les impacts de la mise en œuvre du régime forestier. Le mandat de ce chantier a été parfaitement ciblé et la mise en œuvre de plusieurs recommandations dès le 1er avril prochain devrait apporter une amélioration rapide de la situation. « Nous sommes persuadés que la ministre Ouellet est de bonne foi. Nous voulons seulement lui rappeler l’urgence de donner un peu d’oxygène aux entrepreneurs forestiers pour ne pas compromettre la prochaine saison en forêt » affirment les organismes.

Les deux associations estiment que le problème tire son origine du processus d’élaboration du nouveau régime forestier. Alors que le secteur forestier vivait déjà une crise importante pour des raisons conjoncturelles et structurelles, les acteurs ont fait au gouvernement de nombreuses mises en garde pour faire en sorte que la réforme conduise à une amélioration de la compétitivité de l’industrie. La mise en œuvre du régime depuis le 1er avril 2013 démontre que cet objectif n’a pas été atteint.

Depuis le 1er avril 2013, la valeur du bois d’œuvre a connu une légère amélioration. Cette hausse a cependant été insuffisante pour compenser l’augmentation importante des coûts d’exploitation. Les scieries doivent dorénavant payer une rente pour conserver la garantie d’approvisionnement dont elles disposent. La valeur des redevances au gouvernement a augmenté d’une manière importante, notamment parce que les règles de mise en marché des bois vendus s’appuient sur une rareté initiée par le nouveau régime forestier. L’intégration entre la planification des travaux maintenant effectuée par le MRN et les opérations est aussi moins efficace, causant des délais et des duplications de tâches qui sont coûteux. Sans lien avec le nouveau régime, l’interruption du programme de voirie forestière contribue aussi à une augmentation des coûts.

Ces augmentions de coûts font en sorte que les industriels n’ont plus les moyens de défrayer tous les coûts des services de récolte qu’ils obtiennent auprès des coopératives et des entrepreneurs forestiers. Les propriétaires d’équipements ont aussi absorbé beaucoup de contraintes d’opération qui se sont encore amplifiées avec le nouveau régime forestier.

Plusieurs ont déserté le secteur, parfois en faisant faillite ou en changeant carrément de métier. Ceux qui restent sont des survivants qui voient fondre leur équité laborieusement accumulée. Ils rencontrent aussi de grandes difficultés à financer le remplacement de leurs équipements. Ces entrepreneurs sont pourtant très précieux dans la chaîne de valeur des produits forestiers.

Les 20 et 21 novembre dernier, tous les acteurs du secteur forestier ont été enthousiasmés du déroulement et des résultats obtenus lors du Rendez-vous national de la forêt québécoise à Saint-Félicien. Le Rendez-vous a été présidé par Mme Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles et en présence (en bonne partie) de la première ministre, Mme Pauline Marois, accompagnée de plusieurs autres ministres et du chef de l’opposition, M. Philippe Couillard. Pendant ces deux journées, les gens du secteur ont été convaincus que le gouvernement avait compris les problèmes et qu’il proposait des solutions biens ciblées. M. Stéphane Bédard, président du Conseil du Trésor, avait aussi été très affirmatif en précisant que le gouvernement s’était doté des provisions nécessaires pour honorer ces engagements.