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L’énigme des pins gris de Kamouraska


16 décembre 2020
Par Québec Science

Les cabourons, ces collines typiques du Kamouraska, ne fascinent pas que les touristes. Les vieilles forêts de pins gris qui les coiffent, des arbres malingres au tronc tordu peu communs sur la rive sud du Saint-Laurent, retiennent aussi l’attention de Guillaume de Lafontaine, professeur à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). L’été dernier, ce spécialiste de la paléoécologie et son équipe ont creusé le sol rocheux de ces cabourons afin d’y dénicher du charbon de bois, un vestige de feux de forêt qui pourrait remonter à des centaines, voire à des milliers d’années. Puis ils ont récolté des cônes de pins gris, ces fameuses « cocottes ».

« Nous devions initialement nous intéresser à la marge nordique de l’aire de répartition du pin gris, un arbre caractéristique de la forêt boréale. La COVID-19 nous a cependant forcés à réviser nos plans et à nous attarder à sa limite sud », raconte le chercheur. C’est un mal pour un bien : les cônes des pins gris du Bas-Saint-Laurent ont comme particularité de s’ouvrir une fois rendus à maturité. En temps normal, ils nécessitent une très forte chaleur, soit plus de 50 °C, pour libérer leurs graines. C’est d’ailleurs pourquoi les pins gris poussent souvent à la suite de feux de forêt.

« Les peuplements du Kamouraska sont donc capables de se régénérer sans incendie. C’est comme si ces arbres s’étaient adaptés à un faible régime de feux propre à la marge sud de leur aire de répartition », explique Guillaume de Lafontaine. Ce trait singulier pourrait se révéler une bonne nouvelle alors que le réchauffement climatique pousse les feuillus à migrer vers les forêts boréales du Nord. « Il y aura vraisemblablement moins de feux de forêt le long de ce front migratoire. Les pins gris dotés de cette capacité à s’ouvrir à maturité seraient donc avantagés », avance-t-il.

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