Opérations Forestières

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Le virage 4.0 de Résolu

Que ce soit pour faire la planification, la récolte en forêt, les rapports de coupe ou encore le suivi après coupe, les nouvelles technologies sont en train de complètement transformer la façon de voir la forêt. Reportage au cœur de la foresterie 4.0.


23 mai 2019
Par Guillaume Roy
Les contremaitres peuvent désormais travailler avec une tablette sur le terrain. Les logiciels développées par le Groupe Système Forêt ont notamment aidé à réduire le travail de rubanage.

Chaque année, les 23 entrepreneurs forestiers qui travaillent pour PFR récoltent plus de 2 millions de mètres cubes de bois au Lac-Saint-Jean. Et c’est d’ailleurs grâce à cet important volume de récolte que Produits forestiers Résolu a décidé de déployer une équipe de trois personnes dédiée à la transition technologique.

Cette transition s’accélère d’ailleurs depuis que les données Lidar, qui offrent une précision de 50 cm sur les cartes, sont fournies par le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, en 2014.

C’est à ce moment que PFR a lancé un projet pilote avec trois entrepreneurs forestiers pour voir comment ces cartes pourraient améliorer l’effica-
cité opérationnelle. Dès le départ, le géant forestier a misé sur les logiciels développés le Groupe Système Forêt pour les installer dans les machines forestières. Et rapidement, les entrepreneurs ont été charmés.

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Ainsi, depuis l’arrivée de cette technologie, son utilisation ne cesse de croitre. En 2017-2018, les cartes « bonifiées » à l’aide du Lidar ont permis d’éliminer le rubanage sur 800 km de périmètre. Et ce nombre est passé à 2355 km de périmètre en 2018-2019, représentant ainsi 88,1 % des périmètres qui sont récoltés sans rubanage pour les secteurs couverts par les données Lidar, estime Stéphane Larocque, technicien en géomatique. Un gain en efficacité énorme si l’on calcule qu’un superviseur peut rubaner en moyenne 2 km de terrain par jour, évalue pour sa part Julien Pedneault, surintendant en efficacité opérationnelle.

Pour faciliter la transition technologique, PFR paie 50% des couts du logiciel, soit environ 2500 des 5000 dollars nécessaires pour l’achat de deux tablettes avec les logiciels.

La technologie Lidar, qui utilise la réflexion des ondes laser pour calculer les distances, permet de cartographier aussi bien les détails du terrain que la canopée forestière. Ainsi, ces données permettent de reconnaître les pentes, les ruisseaux, la hauteur et la densité des arbres. En plus d’éliminer les opérations de rubanage, PFR est à développer un système d’analyse qui permettra d’identifier les zones humides et ainsi récolter les secteurs à risques en hiver. La couverture Lidar de tout le territoire québécois devrait être disponible en 2022.

Les données GPS recueillies dans les machines forestières servent également au ministère de la Faune, de la Forêt et des Parcs pour faire le suivi de récolte, remplaçant ainsi les inventaires terrain et l’analyse par photo aérienne. Pour l’instant, ces données sont colligées avec des clés USB, mais cette réalité pourrait changer lorsqu’internet sera disponible en forêt.

Des arbres qui parlent
Si on connaissait la taille et la hauteur de chaque arbre que l’on récolte en forêt, que ferait-on avec ces données ? C’est le nouveau défi auquel s’attaque Produits forestiers Résolu depuis un an. Le plan : bâtir une énorme base de données pour mieux connaître les forêts et pour optimiser les opérations et l’approvisionnement des usines.

Depuis quelques décennies, des ordinateurs sont installés à bord de la machinerie forestière, mais jusqu’à tout récemment, les données récoltées par ces ordinateurs étaient sous-utilisées, constate Julien Pedneault, surintendant en effica-
cité opérationnelle pour PFR.

Pour chaque arbre récolté, l’ordinateur récolte une trentaine de données, dont sa longueur, son diamètre, son essence et ses coordonnées géographiques. « Ces données nous donnent une connaissance approfondie des peuplements », remarque Jérôme Fontaine, coordonnateur en efficacité opérationnelle chez PFR.

En comparant les données recueillies aux cartes Lidar, l’entreprise est en mesure de faire des corrélations entre la hauteur et la densité des arbres avec la quantité de bois récoltés. Ces données permettent ainsi de mieux estimer la quantité de bois à récolter dans un bloc de récolte similaire. « À partir du moment où on aura une banque de données assez solide, l’information sera plus précise et on pourra compléter les inventaires sans aller sur le terrain », estime ce dernier.

Pour l’instant, des données ont été recueillies sur 600 000 arbres, un nombre insuffisant pour en tirer des tendances. Au cours des prochaines années, ce nombre augmentera en flèche, ce qui permettra de mieux connaître la quantité et la qualité du bois que l’on retrouve en forêt.

Chaque petit gain permet ainsi d’augmenter l’efficacité et le rendement de l’entreprise. Et la prise de données a un grand rôle à jouer pour y parvenir. « Si tu veux t’améliorer, tu dois connaître les chiffres », conclut Jérôme Fontaine.


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