Opérations Forestières

Nouvelles Nouvelles de l’industrie
Le hêtre en voie de supplanter l’érable à sucre dans nos forêts

La prolifération du hêtre pourrait changer le visage des érablières à moyen terme


29 septembre 2021
Par Nouvelles ULaval

L‘érable à sucre et le hêtre à grandes feuilles se livrent présentement une lutte féroce dans les sous-bois du nord-est de l’Amérique du Nord. Si rien n’est fait, l’érable pourrait ne pas sortir gagnant de ce duel, une perspective inquiétante pour la biodiversité et pour les entreprises qui exploitent cette essence. Une équipe interuniversitaire de chercheurs qui s’est penchée sur la dynamique de ces deux essences vient de publier, dans la revue Forest Ecology and Management, une étude qui propose des interventions forestières pouvant faire pencher la balance en faveur de l’érable dans cette lutte présentement inégale.

«Le spectacle des couleurs offert par l’érable à sucre à l’automne n’est pas menacé pour le moment, mais l’envahissement progressif des forêts par le hêtre pourrait changer le visage des érablières à moyen terme», avance le responsable de l’étude, Alexis Achim, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt et directeur du Centre de recherche sur les matériaux renouvelables de l’Université Laval.

« Le spectacle des couleurs offert par l’érable à sucre à l’automne n’est pas menacé pour le moment, mais l’envahissement progressif des forêts par le hêtre pourrait changer le visage des érablières à moyen terme. »
 Alexis Achim

Plusieurs idées ont été avancées pour expliquer pourquoi la régénération du hêtre est si forte depuis quelques décennies. Deux d’entre elles conduisent à une tempête parfaite pour l’érable à sucre, analyse le professeur Achim. «D’une part, le hêtre est affecté par deux champignons exotiques qui causent la maladie corticale du hêtre. Les hêtres y réagissent en produisant de nouvelles tiges (drageons) à partir de leurs racines. D’autre part, la machinerie utilisée lors des travaux sylvicoles cause des blessures aux arbres et, ici encore, le hêtre y réagit en produisant des drageons. Ces deux stress contribuent donc à l’augmentation de la densité des tiges de hêtres dans les érablières. Comme la plupart des hêtres infectés par la maladie corticale meurent relativement jeunes, l’écosystème semble engagé dans un cercle vicieux qui pourrait conduire à son effondrement.»

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