Opérations Forestières

Nouvelles de l’industrie
le dernier mot – « La biomasse forestière, bonne pour notre économie »

Les maires de trois municipalités forestières se prononcent sur l’importance de la biomasse dans les régions ressources.


19 septembre 2018
Par STEVEgamache LUCgibbons JEAN-MAURICE matt
Les trois usines de cogénération du Québec emploient 106 personnes et produisent 87 MW d’électricité.

Récemment, une série d’articles portant sur les pertes engendrées par Hydro-Québec (HQ) pour soutenir la filière biomasse au Québec, dont celui paru le 22 mai 2018 dans le Journal de Québec sous la plume de Charles Lecavalier, nous porte à réagir.

Dans ces articles, il est fait mention du coût d’achat de l’électricité produite par certaines papetières qui sont bien au-dessus du prix de vente de l’électricité par HQ à ces mêmes papetières. Ces tarifs ont été fixés à la suite du programme d’achat d’électricité décrété par le gouvernement Charest en décembre 2011. Rien à voir avec les centrales issues des appels d’offres restreints 1991 (APR 91).

À une époque où HQ souhaitait diversifier ses sources d’approvisionnement, où l’industrie forestière peinait à trouver des débouchés pour sa biomasse et où les villes à vocation forestière cherchaient des façons de diversifier leur économie à l’aube d’une crise forestière, les APR 91 sont apparus comme une bouée de sauvetage pour plusieurs. À Chapais, St-Félicien et Senneterre, tantôt la municipalité, tantôt les promoteurs privés, ont saisi l’opportunité de développer une nouvelle filière de production énergétique. Ainsi, on répondait aux attentes d’HQ  en plus de régler un problème environnemental permanent et récurrent : l’enfouissement des écorces. En éliminant cette option, on diminue l’empreinte environnementale laissée par les parcs d’écorces, qui contribuaient à la pollution des nappes d’eau souterraine, des cours d’eau et de l’air. Difficile de monnayer cet apport important à la bonne santé de notre environnement.  

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Les APR 91 visaient aussi à stimuler l’économie des régions. Ainsi, pour chaque mégawatt (MW) produit à partir de ce combustible, 2.5 emplois sont créés. Au cumul, c’est beaucoup de taxes et d’impôts qui retournent dans les coffres de l’état et qui bénéficient à l’ensemble de la province. Sur ce point, HQ a très bien joué son rôle de régionalisation de son action.  

De plus, les promoteurs de ces projets se sont avérés d’excellents citoyens corporatifs en encourageant l’économie locale et l’employabilité de proximité. Et à défaut d’avoir des projets de remplacement, la production d’électricité demeure la seule option viable à l’enfouissement d’un volume important d’écorces. Beaucoup d’efforts sont mis à trouver des projets complémentaires (valorisation des cendres, utilisation des rejets thermiques, récoltes de biomasse en forêt, etc.) qui créeraient de l’activité économique supplémentaire et des emplois, et ce, dans tous les milieux.  

Il ne faut pas, lorsqu’on met en place de nouvelles politiques énergétiques, renier les anciennes. Les APR 91 préconisaient l’augmentation de la richesse et la création d’emplois au moyen de développement des énergies nouvelles et renouvelables, tout en visant une meilleure répartition du développement dans l’ensemble des régions du Québec. Chapais, St-Félicien et Senneterre ont vu leur économie relancée grâce à des projets de centrale. Aujourd’hui, le gouvernement et HQ ont la responsabilité non seulement de les supporter, mais aussi de les pérenniser.