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L’avenir de la foresterie

Des machines plus petites, plus performantes, plus confortables et plus respectueuses de l’environnement font partie de l’évolution normale de la foresterie, croit Mario Gauthier, propriétaire de Façonnage MG.


23 octobre 2014
Par Guillaume Roy


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L’opérateur doit changer de mentalité pour maximiser les retombées positives de la Ponsse Fox. Il doit être plus minutieux et conscient de son environnement, selon Mario Gauthier.

Mario Gauthier est le deuxième entrepreneur forestier a avoir mis la main sur de la machinerie Ponsse lorsqu’ils ont fait leur apparition au Québec en 2000. A l’époque, il avait acheté un porteur Buffalo King.

Depuis, il est devenu un vrai fanatique de Ponsse. Équipé d’une abatteuse Ergo et d’un porteur Élephant King, il a mis la main sur la Ponsse Fox l’an dernier. (Son Buffalo Dual a passé au feu l’an dernier, mais il ne l’a pas renouvelé.) C’est d’abord pour le confort que Mario Gauthier a choisi la Fox. « Sur la Côte-Nord, le terrain est vraiment vilain. Il y a de la montagne, du cap et une machine sur roue est beaucoup plus confortable », dit l’homme de 56 ans qui a amélioré sa qualité de vie au travail depuis.

Le terrain est si extrême que c’est à cet endroit que Ponsse a voulu testé son porteur Elephant King avant de le mettre en marché. M. Gauthier avait alors reçu un porteur non identifié un an avant qu’il soit en vente.  

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Ponsse FOX
L’apparence de la Ponsse Fox détonne dans le paysage forestier québécois. « Quand je montre cette machine à des forestiers, ils disent tous que ça ressemble à un tracteur. Mais ça marche, c’est économique, c’est rapide, c’est confortable et c’est silencieux », lance Jean Trottier, président d’Hydromec, lors d’une démonstration qui de machines Ponsse à Dolbeau-Mistassini en mai.

« C’est bien évident que pour un petit québécois, je me suis dit que ça ne marcherait pas dans le bois! Ponsse fait des machines plus raffinées. Je me suis rendu compte qu’on n’a pas besoin de chars d’assaut pour aller en forêt », mentionne M. Gauthier. Lors de visites en Europe, il a pu constater que les Européens coupent du plus gros bois que ce que l’on retrouve au Québec avec de plus petites machines.

C’est d’abord les normes environnementales européennes qui ont amené l’entreprise finlandaise à produire des modèles plus légers et plus respectueux de l’environnement. Ses huit roues permettent de ne pas détruire le système racinaire et réduire l’impact au sol. Avec une tête H5, la Ponsse Fox pèse 18 200 kg en moyenne (40 100 livres). « Et comme le pétrole est plus cher, c’est une priorité de diminuer les frais de carburants là bas », dit M. Gauthier. Ainsi, les machines sont plus légères… et fragiles.

C’est pourquoi l’opérateur doit changer de mentalité pour maximiser les retombées positives de la machine. Il doit être plus minutieux et conscient de son environnement. « La machine force à être plus intelligent », commente M. Gauthier.

Au Québec, les abatteuses sur roues représentent seulement 10 % du marché, alors qu’elles accaparent 100 % du marché européen ! « Pour faire une machine comme les Québécois les veulent, ça ne marcherait pas en Europe, note Jean Trottier. C’est trop lourd. Quand les Scandinaves viennent ici, ils n’en reviennent pas de voir nos machines barbares, rudimentaires et inconfortables. »

« Je pense sincèrement que ce sont les machines de l’avenir. La plupart des forestiers ne te diront pas ça parce qu’ils ne sont pas encore rendus là. Bientôt, par conscience environnementale, on n’aura pas le choix », estime Mario Gauthier, qui fait l’analogie avec l’industrie automobile, qui a réduit drastiquement la taille des automobiles pour économiser du carburant.

« Dans les forêts nordiques du Québec, ou on retrouve du résineux de 6 à 14 pouces, ça fait une machine qui a un cout d’opération beaucoup plus bas, car elle consomme presque la moitié moins de carburant qu’une abatteuse sur chenille », mentionne Jean Trottier. En coupe totale, la Ponsse FOX, qui se détaille à 550 000 $ tout inclus, consomme 14-17 l/h en coupe totale et de 10 à 14 l/h pour faire de l’éclaircie. Maintenant que sa machine consomme moins, il reste plus d’argent dans les poches de Mario Gauthier. « Il faut bien qu’il nous en reste un peu de temps en temps », dit-il en riant.

Façonnage MG
Né dans une famille forestière, Mario Gauthier compte 38 ans d’expérience dans le domaine. En 1996, il fonde l’entreprise Façonnage MG, dont il est aujourd’hui propriétaire avec sa femme Hélène Martin et fils Charles Gauthier. Diplômé en finances de HEC de l’Université de Montréal, Charles, 32 ans, a choisi de revenir travailler en forêt pour assurer la relève de l’entreprise familiale.

Aujourd’hui, l’entreprise compte sept employés qui opèrent sur un horaire de 8 jours de travail suivi de 6 jours de congé et ils se relaient sur deux chiffres de 12 h. Façonnage MG buche principalement du sapin et de l’épinette noire en longueur de 20 pieds pour la scierie Arbec de Port-Cartier. Sur la Côte-Nord, les terrains sont très accidentés et les arbres sont d’un diamètre d’environ 20 cm. La production moyenne avoisine les 1800 mètres cubes par semaine et environ 70 000 mètres cubes annuellement.

 


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