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L’abatteuse Landrich obtient une note d’excellence

Litalien Entreprises et Fils teste la nouvelle abatteuse fabriquée au Nouveau-Brunswick.


28 mars 2013
Par Bill Tice

Sujets
La nouvelle abatteuse sur chenilles Landrich LR-VH est fabriquée par A. Landry de Balmoral au Nouveau-Brunswick. Elle est équipée d’une tête multifonctionnelle Ponsse H7.

Dès que vous regardez l’entrepreneur Hervé Litalien manœuvrer la nouvelle abatteuse sur chenilles Landrich LR-VH à dégagement arrière réduit (page couverture) sur une pente abrupte du nord du Nouveau-Brunswick, vous constatez immédiatement l’habileté qu’il a acquise au fil des ans à manier de gros équipements forestiers.

Il aborde ce terrain impitoyable comme s’il s’agissait d’une autoroute à quatre voies. Il parcourt rapidement les quelque cent mètres qui le placeront dans la meilleure position pour récolter et façonner les billes tronçonnées en longueur prédéterminée, destinées à son client, les scieries de l’entreprise JD Irving à Kedgwick et à St. Léonard au Nouveau-Brunswick.

« La machine roule de façon assez douce et la cabine est vraiment grande et confortable, explique Hervé Litalien tout en engageant sa multifonctionnelle profondément à l’intérieur de la parcelle de coupe. On a reçu la machine, il y a deux mois et nous en sommes très satisfaits. »

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Hervé Litalien est à la tête de Litalien Entreprises et Fils avec ses deux frères, Stéphane et Éric. C’est avec leur père Gérard-Raymond qu’ils ont mis sur pied cette entreprise il y a six ans. Aujourd’hui, indique Hervé, le père est retraité et il leur confie la gestion de la compagnie. « Il est toujours actionnaire et il garde un œil sur ce qu’on fait, mais dans l’ensemble, il nous laisse décider, ajoute Hervé avec un petit sourire signifiant que son père y va encore de ses conseils et de ses opinions à l’occasion. »

Forestiers d’expérience
Même s’ils ne sont propriétaires de leur entreprise que depuis 2004, les frères Litalien ne sont pas de nouveaux venus dans l’industrie forestière. Le père Gérard-Raymond possédait auparavant une tronçonneuse mécanisée et les trois garçons ont grandi en travaillant dans les forêts du Québec. Ils habitent toujours St-François d’Assise du côté québécois de la frontière et ils se rendent à chaque semaine dans la province voisine où ils logent près du site de travail dans leur seconde remorque modifiée selon leurs besoins. « Nous allons là où il y a du travail et par chance, c’est relativement près de la maison, précise M. Litalien. »

La stratégie qui a été profitable pour les frères Litalien, se résume à conserver les choses simples et à garder l’entreprise petite. Ils n’ont pas d’employés, ils conduisent les équipements eux-mêmes et ils effectuent toutes les tâches administratives. Ils sont strictement des entrepreneurs en récolte et en façonnage : ils coupent les tiges, les façonnent et les apportent en bordure de chemin où des camions à grue affectés par les scieries viendront les charger.

En plus de la nouvelle abatteuse Landrich, les Litalien possèdent un transporteur Ponsse Buffalo de 14 tonnes avec essieux tandems équipés de pneus ballons larges. La seule autre pièce d’équipement est une remorque qui sert d’atelier mobile. Elle est déplacée d’une parcelle de coupe à l’autre par un camion International. Ils travaillent normalement sur deux quarts avec l’abatteuse et un seul quart avec le transporteur, et partagent équitablement les tâches de la semaine entre eux trois.

« Ça nous convient bien d’être une petite entreprise et de demeurer concentrer sur le travail, ajoute Hervé Litalien. Nous travaillons bien ensemble, nous partageons la propriété de l’entreprise de même que les dépenses de sorte que nous sommes motivés à atteindre nos objectifs. De plus, le fait que chacun d’entre nous puisse manœuvrer chaque machine, nous aide également car nous pouvons échanger les tâches au besoin afin d’atteindre les niveaux de production voulus. »

Annuellement, les frères Litalien récoltent en moyenne environ 45 000 mètres cubes de bois, entièrement pour JD Irving.

Sur le territoire de coupe actuel, une proportion de plus de 90 % des billes est composée de résineux dont 80 à 85 % sont des billes de sciage qui varient au gros bout entre 6 po et 15 po. Toutes les billes de 16 pi et 12 pi iront à l’usine de St. Leonard alors que les billes plus courtes de 8 pi et 9 pi iront à l’usine de Kedgwick.

Économies de carburant
Du côté de la productivité, Hervé affirme que la Landrich qui a été conçue et fabriquée par A. Landry Fabrication, est d’une aide précieuse. Plus particulièrement avec les bois de petit diamètre comme ceux qu’ils récoltent actuellement puisqu’ils peuvent façonner plus de tiges à l’heure qu’ils ne pourraient le faire avec d’autres machines. Mais le plus grand avantage de la nouvelle machine, au dire de l’entrepreneur, demeure l’économie de carburant.

« Nous économisons au moins 100 litres de diesel par quart de travail, explique-t-il. Ce qui totalise des économies d’environ 1000 $ par semaine, et pour une entreprise de notre taille, c’est considérable sur les résultats financiers. Le prix payé pour le bois récolté ne va pas en augmentant alors si nous pouvons réduire nos dépenses, ça nous aide vraiment. »

Les Litalien ont vu l’abatteuse Landrich pour la première fois à l’automne 2008 alors qu’un autre entrepreneur travaillait avec le prototype de la machine. Les trois frères ont tout de suite aimé ce qu’ils ont vu. Lorsqu’en 2009 un incendie détruisit leur abatteuse, le distributeur A.L.P.A. qui agit à titre de concessionnaire pour Landrich et de nombreux autres manufacturiers dont Ponsse, leur prêta le prototype pour terminer la parcelle sur laquelle ils travaillaient.

« Travailler avec le prototype pendant un certain temps, nous a donné une bonne occasion d’essayer la machine à sa pleine mesure, souligne Hervé. La première chose qui nous a frappés a été le coût réduit en carburant. Nous avons également apprécié l’immense cabine de même que l’excellente visibilité, le système hydraulique, le moteur Mercedes, la douceur de manœuvre et le bruit réduit ainsi que la qualité de fabrication et de conception de la machine. »

Prise de décision
Après un sérieux test du prototype de l’abatteuse Landrich à leur actif, les Litalien passèrent à l’étape suivante et s’engagèrent à ache-ter le deuxième modèle qui était une machine de pré-production, laquelle leur fut livrée en août.

« Nous étions prudents car c’était tout nouveau sur le marché, mais la compagnie Landrich a affirmé qu’elle superviserait les performances de la machine et qu’elle nous fournirait le soutien nécessaire. En raison de notre expérience passée avec le distributeur A.L.P.A., nous savions qu’il serait fidèle à sa parole, lance Hervé. Notre père a fait affaire avec A.L.P.A. pendant de nombreuses années, il était habitué d’y amener ses équipements pour le service d’entretien. Alors nous étions à l’aise et convaincus d’obtenir l’aide requise. »

L’abatteuse Landrich partage aussi plusieurs pièces avec les machines Ponsse et les Litalien sont satisfaits de leur transporteur Ponsse. Le fait que les deux machines  comportent des pièces communes compatibles, était également un plus, au dire d’Hervé, parce que cela contribuait au contrôle des coûts en matière de gestion de l’inventaire des pièces de rechange.

La tête multifonctionnelle installée sur la Landrich est une Ponsse H7 dotée de la plus récente technologie pour une récolte rapide, un produit final de qualité améliorée et une plus longue durée de vie de la tête. Elle peut se charger d’arbres atteignant 70 cm (28 po) de diamètre et offre des fonctions automatiques qui contrôlent le mouvement de la scie en fonction du diamètre de l’arbre et de la position de la lame. Ce qui en bout de ligne améliore la vitesse de coupe.

La signature du fabricant Ponsse est aussi très présente à l’intérieur de la cabine de la Landrich. En effet, on y retrouve le nouveau système informatique Ponsse Opti 5 qui commande toutes les opérations nécessaires à la coupe, jusqu’au transfert des données pour le tronçonnage et l’émission de rapports.

Pleine puissance
La Landrich LR-HV est activée par un moteur Tier III Mercedes OM906 LA qui développe 275 cv et 811 lb-pi de couple moteur. Le moteur est jumelé au contrôle électronique de trois circuits distincts du système hydraulique, équipés chacun d’une pompe. De la sorte, la tête d’abattage, la flèche et le système de traction disposent chacun d’une pompe spécifique en mesure de fournir l’huile requise lorsque de multiples fonctions sont activées (i.e. rouleaux d’ébranchage, grue, rotation et traction), d’où une productivité améliorée.

Le train de roulement du modèle LR-HV possède un effort de traction maximal de 80 000 lb et il a un dégagement au sol de 711 mm (28 po). Soulignons aussi une de rotation continue sur 360 degrés.

L’entreprise A. Landry a conçu le modèle LR-HV avec un objectif en tête : la facilité d’accès au bloc-moteur pour l’entretien. Le capot principal activé hydrauliquement à l’arrière de la machine, s’ouvre sur un espace de travail spacieux.

Une fois ouvert, ce capot se convertit en plancher de travail où l’opérateur peut se placer pour l’entretien. Les frères Litalien apprécie cet aspect parce que, à l’exception des questions liées aux garanties et des réparations spécialisées, ils effectuent eux-mêmes la plupart des travaux d’entretien et de réparations.

Yves-Michel Thibeault qui est directeur de l’ingénierie pour A. Landry à Balmoral au Nouveau-Brunswick, a joué un rôle-clé dans la conception et la production de la nouvelle abatteuse-multifonctionnelle. Le confort de l’opérateur et la commodité pour celui-ci ont été des préoccupations majeures lors de la conception et de la configuration de la machine, affirme-t-il.

« En configurant les composants principaux de façon différente, nous avons été en mesure d’agrandir la cabine et d’offrir une excellente visibilité, explique Yves-Michel Thibeault. La cabine a été ramenée vers l’avant, les flèches ont été déplacées sur les côtés, le moteur fixé à l’arrière, le réservoir de carburant placé au côté des flèches et les circuits de refroidissement ont été séparés (refroidisseur d’huile hydraulique et radiateur). La stabilité de la machine contribue également au confort de l’opérateur. Cela provient d’un centre de gravité très bas et de la large portée des chenilles de traction. »

Le prototype original que les frères Litalien ont essayé, était équipé d’une flèche télescopique, toujours disponible en option, mais le modèle récent qui leur a été livré cette année, est équipé d’un nouveau concept de flèche rigide d’une portée maximale de 10 mètres qui, de l’avis de l’ingénieur Thibeault, donne une flèche plus forte et aussi rapide que le modèle télescopique. « Nous avons appris énormément de notre prototype qui compte maintenant 6000 heures. Et nous croyons que nous sommes prêts à passer en production à grande échelle l’an prochain, précise-t-il. Notre but pour cette année est de compléter et de livrer la 4e et la 5e machine. Puis en 2011, notre objectif est de produire huit machines, toutes à notre usine d’assemblage à Balmoral. »

Pour les frères Litalien, l’effort supplémentaire accordé à la conception de la machine est apprécié. « La firme A. Landry a fait un excellent travail avec cette machine, de préciser Hervé Litalien. Ils ont réfléchi à tous les aspects et effectué des changements en fonction des résultats obtenus par le prototype. Le plus important, c’est qu’ils sont à l’écoute des entrepreneurs forestiers comme nous qui allons utiliser la machine à longueur de journée. »  


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