Opérations Forestières

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La tordeuse attaque


2 décembre 2016
Par The Walrus
SOPFIM
En août 2015 Dan Kneeshaw arpentait des blocs de coupe dans la forêt de la région de la Côte-Nord, au nord du fleuve Saint-Laurent, à environ 670 kilomètres au nord-est de Montréal. Pour la première fois de l’histoire, cette zone est un épicentre d’une infestation à grande échelle par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, un insecte dont les chenilles se nourrissent du nouveau feuillage de certaines espèces de conifères et qui, sur une période de cinq à dix ans, les privent lentement de leur capacité à produire de l’énergie à partir de la lumière du soleil. Les arbres prennent une couleur ambrée chaque été, comme s’ils étaient étouffés, et virent lentement au gris en mourant.

L’année précédente, les populations de tordeuses des bourgeons de l’épinette avaient grimpé en flèche, au point où les tordeuses en excès sur les sapins matures – l’espèce préférée de l’insecte, malgré son nom – s’étaient propagées aux autres espèces d’arbres aux alentours. La tordeuse a redoublé son offensive sur les épinettes noires et les épinettes blanches, puis s’est déplacée vers les mélèzes et les pins. Même les jeunes pousses au sol portaient des fils de soie, les chenilles se déplaçant vers le bas d’une branche à l’autre en se nourrissant, puis tissant un cocon autour de leur corps pour se préparer à se transformer en insectes adultes, c’est-à-dire en papillons. Elles étaient si nombreuses dans la région que pendant leurs migrations au-dessus du Saint-Laurent au fil des ans, les essaims de tordeuses adultes apparaissaient sur le radar météo comme de la faible pluie. Sur la rive sud, d’autres sapins ont commencé à prendre une teinte ambrée.

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