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La relance de Norbord se fait toujours attendre


18 novembre 2020
Par Guillaume Roy


Sujets

Malgré des prix record pour les panneaux OSB et le meilleur rendement de l’histoire de Norbord au troisième trimestre de 2020, l’entreprise n’a toujours pas pris de décision quant à la relance de l’usine de Chambord.

« Le troisième trimestre de 2020 a été le meilleur trimestre de l’histoire de Norbord », a souligné le président de l’entreprise, Peter Wijnbergen, lors de la présentation des résultats, le 5 novembre dernier.

« La reprise de l’activité économique qui s’est déroulée vers la fin du 2e trimestre s’est poursuivie au 3e trimestre, entraînant une forte demande pour la construction de logements neufs et de réparation et de rénovation, ce qui a contribué à porter les prix de référence nord-américains des panneaux OSB à des niveaux sans précédent », a-t-il ajouté, dans le communiqué dévoilé par Norbord.

En 2019, le prix du mille pieds pour le panneau OSB était de 250 $ sur les marchés, alors qu’il a atteint 895 $ en novembre 2020, en baisse de 15 $ depuis un mois.

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Malgré les prix record, le conseil d’administration, qui s’est réuni le 4 novembre, n’a toujours pas décidé de relancer l’usine. Selon les données disponibles sur le site Web de l’entreprise, les rencontres du CA se font aux trois mois. La prochaine devrait donc se tenir au début de février 2021, à moins qu’une rencontre spéciale ait lieu d’ici là.

Norbord a refusé notre demande d’entrevue. Par courriel, Heather Colpitts, directrice des affaires corporatives, soutient toutefois que « Norbord croit que la demande de panneaux OSB en Amérique du Nord continuera de croître à long terme. Afin de soutenir cette croissance prévue et d’améliorer la position concurrentielle de l’ensemble des activités de fabrication de la société, Norbord investit depuis 2018 pour reconstruire et préparer l’usine à un éventuel redémarrage ».

Elle ajoute que la relance de l’usine de Chambord se fera lorsque les clients auront des commandes suffisantes pour écouler la production de cette usine.

En 2018, le CA a approuvé un investissement de 71 millions de dollars américains (93 M $ CAN) pour reconstruire et préparer l’usine pour un éventuel redémarrage. Jusqu’à maintenant, l’entreprise a investi 54 M $ US (70,9 M $ CAN) dans ce projet. Au cours de la dernière année, Norbord a investi 8 M $ US (10,5 M $) dans l’usine de Chambord, selon les informations disponibles dans les rapports financiers.

Selon le maire de Chambord, Luc Chiasson, une trentaine d’employés sont actuellement à l’oeuvre à l’usine.

« On est dans l’attente d’une annonce et tout ce qu’on sait, c’est que les travaux d’investissement se poursuivent, dit-il. Avec la hausse des prix du bois, les planètes semblent alignées pour l’annonce d’une bonne nouvelle, mais on doit attendre la décision du conseil d’administration. »

Lors de la fermeture, l’usine comptait 150 employés et le maire s’attend à ce qu’une centaine de travailleurs soient requis après les investissements d’automatisation réalisés par Norbord. « Le recrutement de main-d’oeuvre qualifiée sera un enjeu stratégique », estime Luc Chiasson.

En ce moment, aucune offre d’emploi pour l’usine de Chambord n’est affichée sur le site de l’entreprise. Étant donné la complexité des opérations et les nouveaux équipements, il faudra plusieurs mois avant d’atteindre la pleine capacité de production, selon les informations reçues par le maire.

« Quand les opérations vont redémarrer, c’est toute la filière forestière de la région qui pourra en profiter », estime Luc Chiasson.

Selon un document ministériel de 2018, l’usine aurait une garantie d’approvisionnement de 388 500 mètres cubes. Elle a toutefois une capacité de transformation beaucoup plus grande, atteignant 750 000 mètres cubes, selon Pierre-Maurice Gagnon, président du Syndicat des producteurs de bois du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Une reprise espérée en forêt

La réouverture de l’usine de Chambord est fort attendue par l’industrie forestière, car c’est la seule usine de la région à transformer le peuplier faux-tremble en grande quantité.

Depuis la fermeture de l’usine en 2008, qui appartenait à Louisiana-Pacific à l’époque, le peuplier faux-tremble est laissé sur les parterres de coupe la plupart du temps, en forêt publique comme en forêt privée, explique Pierre-Maurice Gagnon.

« Quand on laisse 20 % des arbres sur le terrain, ça fait des chantiers moins payants », fait-il valoir, et ce, même si le peuplier faux-tremble n’est pas l’essence la plus payante.

Selon M. Gagnon, les producteurs pourraient aller chercher jusqu’à 35 $ par mètre cube lorsque l’usine redémarrera.

Il se désole par ailleurs de n’avoir aucun signe de relance de la part de l’entreprise qui, l’an dernier, avait commandé 30 000 mètres cubes de bois aux producteurs de la forêt privée.

En forêt publique, le manque de preneurs pour les essences feuillues cause aussi des casse-tête aux industriels, car il est difficile de faire des opérations rentables lorsque la proportion de bois feuillu est trop élevée.